‹ Les oubliés et les dédaignés; figures de la fin du 18e siècleChapitre 36 sur 46 · SCENE XIXe (Huit jours après.) Rétif chez M'^e de la Rcijnière · texte numérisé non relu

SCENE XIXe (Huit jours après.) Rétif chez M'^e de la Rcijnière

M"*" DE LA REYNIÈRE. — Monsieur, j'ai su votre conversation avec M""^ Mitoire. Mais elle est bien singulière... S'il en est ainsi, point d'espérance, et

RÉTIF. — Madame, peut-être existe-t-il d'autres moyens, mais j'avoue que je ne les connais pas.

(Scènes d'ombres chinoises. On voit un exempt arrêter La Reynière fils, sur un ordre signé Breteuil, le faire monter en chaise et le conduire à Domèvre, abbaye au pied des Vosges.)

Une lettre de cachet, tel allait être le dénoûment provisoire de toutes ces folies tracassières, nées d'un amour brisé. La scène qu'on vient de lire excuse Grimod de bien des choses et aide à en faire comprendre bien d'autres ; d'abord elle lui enlève beaucoup de cette ardeur immodérée d'occuper le monde, dont on a fait la base de tant de

fausses anecdotes, de tant de contes offensants ou puérils. Ensuite elle montre le côté douloureux d'un homme que l'on était bien près de prendre pour un égoïste ou tout au moins pour un railleur philosophique, la pire espèce des railleurs; elle accorde du cœur à celui qui ne passait que pour avoir de l'esprit ; elle prouve enfin une fois encore que les masques les plus joyeux sont ceux souvent qui s'adaptent le mieux aux figures les plus souffrantes.

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