‹ Les ouvriers: drame en un acte, en vers (volume 2)Chapitre 62 sur 111 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

connue légère^ friTolè, et franchohs le mot, un peu coquette I et si peu que j*aie à rougir de cet amour de pensionnaire dont vous palliez tout à rheure... encore est-ce tro][> pour que j*aie plaisir à m'en souvenir I Comment n*avez-vous pas compris^ monsieur, que je ne verrais jamais de bonne grâcâ, chez mon mari, Thomme à qui j'ai permis de me dire avant lui...

A HIOSPEE.

Ab... 1 tè q«6 vom arec répondu : « Je vous aime ! »

CLARISSE, M leTtot viTement *.

Vous vo^ez bien que vous me donnez raison. — Allons, monsieur, soyez galant nomme, je ne vous demande pas un sacrifice : vous n'aimez pas ma sœur, vous ne la connaissez pas!... retirez votre demande ; disons-nous adieu, et vous emporterez, avec la conscience d'une bonne action, l'assurance que vous avez en moi une véritable amie I

PROSPER

£h bien l voilà ce que je ne crois pas^ par exemple I

CLARISSE, s'tn^taal.

Vous ne croyez pas?...

A votre amitié 1... ahl pas plus que je ne vous conseille de croire à la mienne... car sous les cendres de mon amour éteint j'ai çardé un tison I... Et quel tison I... une rancune atroce... que j'attise tout seul depuis trois ans, et dont je ne suis pas fâché de tirer à vos yeux quelques étincelles 1... Car enfin on ne se joue pas d'un homme comme vous vous êtes jouée demoi... dans Tespaee de cinq heures!...

CLARISSE

Moi!...

PROSPER

Ob ! mon Dieu I nous y sommes, tenez ; le décor est le même, et il ne tient qu'à vous de croire que ces trois ans n'ont duré qu'une nuit... et que cette dernière soirée où nous nous sommes vus... était hier! — Ëh bien! hier... vous étiez là et moi là!... Et je lisais tout haut ce livre... tenez, qui est encore làl... et vous brodiez cette tapisserie que voici !... (cax le diable s'en môle, et tout s'y retrouve); et dans ce fauteuil votre mère semblait assoupie, mais sa surveillance inquiète nous suivait partout, et réduisait notre amour au jeu muet des regards et à l'é*

* Frospet-, Clarisse, toas deai debout.

i4 LES PATTES DEMOUCHE.

change de petits billets en quatre lignes I... Ah I ces billets ! vous Yous les rappelez, ces billets parfumés, charmants, que je brûlais à mesure, parce que je Favais juré... candeur angélique!... Et la boite aux lettres, si admirablement choisie; car personne n*y touchait que vous et moil... Elle est toujours là, notre Flore!... comme hier!... Eh bien I hier au soir, mademoiselle Clarisse, je tous ai quittée en vous disant : à demain,., vous m*avez répondu : à demain! ^ Et ce matin vous êtes madame Vanhove!... — Voilà ce que je trouve uç peu brusque, par exemple*!

CLARISSE

Qui Ta voulu ?••• vousl

Moi?

CLARISSE

Étiez-vou8 près de moi pour Tempécher?.. Où étiez-vous?..

PROSPER

OÙ j'étais?... Eli bien, je vais vous le dire! — En vous quittant, madame, hier au soir, ou il 7 a trois ans, comme vous voudrez... au lieu de rentrer chez Thirion, je fais un tour sous les arbres... j'allume un cigare; et comme tous les amants platoniques, je m*aj>puie contre un arbre, en regardant vos fenêtres encore éclairées !... et en poussant mille soupirs l... quand tout à coup...

CLARISSE

Tout à coup?

POOSPER.

Je vois briller à deux pas de moi, sous les arbres, un petit rond de feu très-ardent... pas un ver luisant... un cigare I...

CLARISSE

Un cigare 1...

PROSPER

Et naturellement un homme au bout : un de mes bons amis et de vos admirateurs... M. de Rivière. — Citonnement réciproque, suivi de stupeur, à la découverte d'un nouveau feu dans un massif de rhododendrons. — Troisième cigare, M. Tonnerieux, secrétaire de la préfecture!...

CLARISSE

Ah!

* Prospor aM;3 ^ la ganohe de U table, Clarisse à droite.

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