ACTE II
YANHOVE, disant sou fasil contre le bras da dina.
On parlait ici tout à Theure?
SUZANNE
Oui!... je cherchais à déchiffrer les étiquettes tout haut. Ces savants leur donnent des noms si haroquesl... Tenez, .. regardez-moi celui-là; est-il assez joli?
VANHOYE.
Suzanne I vous n*étiez pas seule^ et Clarisse était ici!
SUZANNE
Clarisse? Tiens ! pourquoi faire?
VANHOVE
Oh! rien de bon, apparenunent, car elle s*est enfuie!
SUZANNE, riant en regardant toujours les coquillages.
Ah l par eiemple ! — Est-ce que cela vous prend souvent, cousin?
VANHOVE
Je vous dis qu'elle y était!
Alors, pourquoi n'y serait-elle plus!... mon ami... j*y suis bien, moi! Croyez-vous qu'elle s'est cachée... sous la table?
VANHOVE, brotalementv en la regardant en face.
Alors, pourquoi n'avez-vous pas ouvert tout de suite?
SUZANNE, soutenant son regard.
Parce que j'ai cru qu'on frappait à la porte du fond, et que j*ai ouvert Tune avant l'autre, voilà tout !
VANHOVE
Vous l'avez ouverte pour que Clarisse pût s'enfuir... c'est par
là qu'elle est sortie ! n traTers« et Ta ouvrir la porte du fend.
SUZANNE
Ah! décidément, tenez! vous êtes ennuyeux!... Si elle est sortie par là, allez vous en assurer, et laissez-moi regarder tranquillement mes petites coquilles !
VANHOVE , redescendant.
Suzanne, j'ai trouvé ma femme bien émue ce matin, après sa conversation avec ce monsieur... qui l'a connue autrefois l Us se sont parié bas avant le déjeuner!... Que se disaient-ils à l'oreille en se disputant cette porcelaine?
H LES PATTE^ ǣ HJOUCHE.
SUZANN]^^ se \(iy&if et deflcep4gi)^ en rtf^àaai de fsttits j^gi^tlages.
Ils se disaient probablement ^ue' M, "^ahhovQ ^st un drôle d'homme avec ses jalousies,..
VâNHOYE , sans Tëconter, s'ëçhauflkiit pnu i pea.*
il m'a v^emand^ la main de Marthe, ce mansieur... sans la connaître... Quelle apparence! un moyen de s'introduire ici, de la revoir:.... un jeu concerté d^avaiïce, ee mariage.l... pour
dérouter mes soupçons ! (Saisia^nt U. pain de Suzanne.) DitCS que 06
n'est pas çj^aî... Ôites-k ^p face!
Suzanne.
C'est évident; seulement, îâchjt:? ina main, Vanhove, vous me faites mal... Et voilà comme vous Iraltez les coquillages^..
Tenez I (Elle oatre sa main et il en tombe une Mqaille en poussière.) Ce u'CSt paS
gentil !
V4NH0VE.
Eh bien! §^v.eî-ypus ce que j*ai fait?... |*a| quitté la chasse pour revenir brusquement âii château... j'ài demandé madame... elle était sortie... J'avais avec moi Myrrha, ma chienne, qui lui est attachée autant qu'à moi !... Je lui ai dit : « Cherche mdtresse, Myrrha !. . . cherche bien t. . . »
SUZANNE
Qhl... ^l'oppeut....
yÂN9i0.y£, Mtiwt.
Oh ! — Et Myrrha s'est élancée dans le parc pour venir droit à la matlson de Thirion, où elle s'est arrêtée à la porte qui est au bas de cet escalier, le vous éis quq ma l^mmç est ici, Suzanne. (Êciatani.) Où e^-eUe? où est-elle?...
SUZANNE
Est-ce que je sais, moi?... App£^leiZ.yy^i*h^j ^*' cjber!,.. 4u moment que vous chassez votre femme au churu courant !...
VANHOVE, fr^pé et tombant assis.
Ahî Suzanne^ vous avez raison!... Je suis un malheureux !... c'est vrai!... mais celte jalousie est une affreuse passion... Elle m'aveugle et me rend fou 1... La fièvre bat mes tempes... je ne suis plus un homme..., ma|s uiie b,3!s fauve... qui u^entend rien, ne coaaajit rien ! (pieurani.) Ah 1 lai&iez-naoi pleurer... Tenez.! cela me soulagera... Ah! Dieu ! iinon il^eul qiie cela fait donc mal !
SUZANNE
Voyons I Vanhove !... mon ami... je vais vous gronder, moi ! gr^^a enfant gue vous êtes !... Çst-il possihlè de gâter ainsi son
* Vanbove, Suzanne.
ACTB II.
lM»i'b|»r j Av^ ^ f^f^m^ iê plus QJ^xii^Qjke, U pjw aUnit 4|ai Dâj^ Pfi^^ ftf'à ^f&iAS, §ui nig vU qMe pour vous I...
Oh! je le .saisi je le saisi Je me raisonne, Suzad^ne... Je sue ralme... mais à la première occasiop... si je crois... (Apenaftiwt le
hâle de Clamse et «autant deisoa.) MmS VOUS VOyeZ bien qu'elle est YO-
Due, puisque voici son coàlel... *
SUZANNE
Son châle !
VANHOVS, le Ini montrant.
Niez-le doncl... le voilai... Oui l'a mis là?
SUZANNE
Moi, j'ai pris le premier venu !
YANHOVE, hoM de loi.
Non!... je ne vous crois pas!... Le cbâk estid, elle o*est
f\as sortie, elle est cacb^éel... U^kh i§ yous Jure Dieu que si je a trouve!...
Vanhove, arrêtez!...
YANHOVË , frappant les piin wf^fi^ ^ «t cherchant une porte.
Laissez-moi !
SUZANNE, cherchant à Tarréter.
Moii ami! '^
YANHOVE, découvrant la porte de la chambre.
Unp porte! c'est làl... (Suxanne se jelle dcTant lui.) Elle CSt Cachée
dans la chambre de cet hommal Laisses-moi passer, yôus disiel... Et sur ma vie (ii «auit ion fusu), je tuerai du ^éme cotjp l'amant et sa maltresse !
SUZANNE
Ah! nialheureuz! tuez-moi donc alors! — ' Sa mallr^sse, c'est moi !
YANHOVE,
Vous!
SUZANNE, avec me tolubititë ipii l!étoqrilit.
11 laut bien vous le dire à la fin , fou que vous ôtes !.. . puisque /ous faites un esclandre qui va l'apprendre à tout le monde... 3uoi ! vous ne l'avez pas compris tout de suite, à mon trouble, Îl mon embarras?... Ah l çà, croyez-vous qu'une femme vienne jeule, chea un homiAe, ÇK>iir regarder des papillons et des coquillages? Si je n'ai pas ouvert, c'est que j'avais p^eux d'être surprise ; si votre chienne $*€^ arrêtée à la porte, c'est qu'elle a
* SttMBne, Xaaiuurê.
€€ lES PATTES DE MOUCHE.
reconnu le cbftle de Clarisse; li Clarisse a refusé hier là main de Marthe à Prosper, c'est qu'elle sait notre liaison... Si Pro&per veut se marier, c'est gu'il se figure que je l'ai trompé et qu'il veut me punir et se venger!... Si Clarisse lui parlait bas, c'était pour me justifier, pour l'attendrir et pour empêcher ce mciiage qui ne se fera pasi car je suis jalouse aussi, moi. Vanhove, jalouse comme vous, tenez; et je vous promets que quand je m'y LT^etsI... ahl mais!
VANHOVE
Est-CQ possible?... Yous> Suzanne, si vertueusG;
SUZANNE, soupirant.
Ah ! mon pauvre ami! Il y a des jours et des heures!... ah!
VANHOVE
Attendez donc!... oui!... il m'a parlé ce matin de l'amour d'une femme, il y a trois ans !
SUZANNE, Mupirant.
Moi!
VANHOVE
D'une trahison !
SUZANNE, soupirant.
Apparente, hélas 1... Moi!
VANHOVE
Et pourquoi ne m'avez-vous pas dit cela tout de suite?
SUZANNE
Tiens ! vous êtes bien bon ! Si vous croyez qu'on fait volontiers un pareil aveu!... mais vous alliez tout casser !... Et descris I vous ne vous entendez pas!... Alors! ma foi, la peur ! et puis... Enfin, c'est dit, c'est dit!... n'est-ce pas?... -—Mais ma réputation... à ma place... vous comprenez, Vanhove?(A par».) Et taratatatal Je l'embrouille si bien que je ne sais plus ce que je dis!...
VANHOVE
Calmez-vous, Suzanne I Personne ne saura ce que vous m'av confié... et de ce mal, il sortira un grand bieni
SUZANNE
Comment ?
VANHOVE
Car à présent, ce n'est plus Marthe que M* Prosper doit épouser... c'est vous!
SUZANNE
Moi? (a part.) Ah! bien! je n'avais pas prévu celle-là 1