Marcel, Jeanne
SCENK QUATRIEME.
Tu 'ne me réponds (ws! expliquons-nous. Qu’as-tu?
Je te trouve aujourd'hui le visage abattu.
Que se passe-t-il donc?
' Il tt^agenouiUc tondremonl devant elle.
JEANNE
Rien, mon fils; peu de chose.
Je reviens de l’église et t’en dirai 1a cause,
Mais plus tardi... Necrains rien de l’air que tu me vois: On a besoin, tu sais, de prier quelquefois !...
MARCEL, gnicmf'nt.
Alors, embrassons-nous 1
JEANNE, émue, et prenant dans sa main la této de Marcel.
Plutôt mille fois qu’une!
MARCEL, rombrnssant.
Et reçoit tous mes vœux!
JEANNE
Je bénis ma fortune.
Tu no m’as jamais fait le plus léger chagrin...
MARCEL
C’est bon, c’est bon, maman! laisse là ton refrain.
JEANNE
Quelle mère avec toi ne serait pas heureuse?
MARCEL, SI* relevunl.
Oui..., mais l’air et le quai, le matin, cela creuse.
Si tu veux, nous pourrons grignoter ce repas.
J’ai beaucoup à te dire, et je ne pense pas
LES OUVfilEUS.
T'apprendre du nouveau, ni te causer de peine,
Si, pendant le dessert, je te parle d’Hélène?... ' Boni Voilà ton air sombre aussitôt qui revient I Il faut aujourd’hui même avancer l’entretien I Tu ne m’écoutes pas? Assieds-toi! prends ta place 1 J’ai,' pour un amoureux, un appétit vorace.
Il l’auied.
JEANNE, i put.
Je voudrais lui parler, et je ne le peux pas :
Je suis lâche* I
Elle e'aisied.
Voyons, que dis-tu du repas?
üu poulet I...
Il en tert.
Du bordeaux 1
11 lui Tcrse«
A ta santé I la table
Est, après la fatigue, un plaisir véritable;
C’est là qu’on peut causer et rire en liberté I Ma raison ne fait point de tort à ma gallél Tu m’as trouvé parfois l’humeur un peu morose; Mais, aujourd’hui, c’est fête, et je vois tout en rose! Je fais mille projets... que tu dois deviner :
Pas plus que l’estomac le cœur n’aime à jeûner I
Il manje.
Vois-tu? Ce qui nous manque ici, c’est un convive Entre nous deux! — AllonsI tu redeviens pensivel Tu me gâtes ma joie, et je suis mécontent I
). Marcel, Jeanne.