‹ Les ouvriers drame en un acte, en versChapitre 17 sur 38 · Marcel, Jeanne · texte numérisé non relu

Marcel, Jeanne

Et, s'il te trouve froide au projet qu’il partage.

Veux-tu donc qu’il me juge à mon désavantage?

JEANNE, affile è (fucbe de la table i ouvrage.

Eh bien, Marcel, écoute, apprends la vérité :

Oui, depuis trop longtemps j’ai tardé, j’ai lutté !

Tu ne te trompes pas, je te cache une chose Que j'ai voulu cent fois te dire : mais je n’ose !

J’ai si peur de troubler ton repos pour jamais,

En rompant le silence où je me renfermais !

J’ai voulu t’épargner toujours la connaissance

Des pleurs que m’a coûtés, cher enfant, ta naissance...

(Marcel fait un mouTement, et Tiant f'affeoir lur la fauteuil.)

Âh I ton berceau, mon fils, n’a pas été flétri :

Va, ne crains rien, ton père était bien mon mari!

MARCEL

Et pour quelle raison gardais-tu le silence?

Pourquoi prolongeais-tu cette étrange ignorance.

Sans m’en parler jamais, sans presque le nommer. Celui que ton amour devait me faire aimer?

Pas un récit qui m’eût appris à le connaître,

Pas qn portrait de lui qui l’eût fait reparaître ,

Nul de ces souvenirs qui, rappelés souvent.

Dans le culte du père élèvent un enfant I

Les fuis-lu? Sont-ils donc amers à ta mémoire?...

Pourquoi ne m’as-tu pas raconté ton histoire ;

Et, quand j’interrogeais tes regards soucieux.

En disant : « Il est mort ! » détournais-tu les yeux ?

JEANNE

Depuis plus de vingt ans, ton père... m’a quittée.

Et je garde avec toi la maison désertée.

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