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SUR l'administration de la commune DE MARKEN.

Les douze quartiers de l'île de Marken (i) forment une seule commune, administrée par sept officiers municipaux : un maire,

deux adjoints et quatre conseillers. Aucun de ces magistrats ne remplit d'autre fonction publique. Le maire et les adjoints sont nommés par le roi, les conseillers par les électeurs de la commune. Leurs mandats durent six années, et ils peuvent, après ce temps, être appelés de nouveau aux mêmes dignités. Le maire reçoit des honoraires, les adjoints une indemnité ; quant aux conseillers, ils n'ont aucune rétribution.

Les officiers municipaux se réunissent en conseil, à des époques qui ne sont pas déterminées et qui varient selon l'urgence et la multiplicité des affaires de la commune. La compétence de ces assemblées est fixée par la loi communale ; leurs séances sont annoncées d'avance et ouvertes au public.

Les différents impôts levés sur les habitants de Marken sont les suivants :

i« Taxe de répartition pour l'entretien de l'église ;

2° Impôts indirects sur les combustibles, sur le vin et les distilleries, sur le pain importé dans l'île;

3" Contribution personnelle; '

4° Contribution foncière; ~ b° Impôt sur les chiens.

L'assiette de ces impôts est faite en partie par la municipalité, en partie par le gouvernement. La portion destinée à subvenir aux besoins locaux est fixée, sous l'approbation de l'État, par le conseil assisté de deux répartiteurs jurés.

La police municipale est encore une des fonctions des officiers de la commune. Si un crime est commis, le maire met l'inculpé sous arrêt provisoire, et le fait ensuite transporter au chef-lieu cantonal, après avoir porté plainte au magistrat compétent, qui met l'affaire entre les mains du procureur du roi.

Le service du culte est fait par un ministre, assisté de quatre anciens et de deux diacres, qui forment, à eux six, le consistoire. Le ministre est nommé par cette assemblée, sauf approbation du souverain ; il est logé aux frais de l'État et en reçoit par an 2,140 francs (1,000 fforins) d'honoraires. L'église est entretenue à l'aide d'une taxe de répartition, dont l'emploi est confié aux soins d'un collège d'administrateurs, nommé par les

habitants. Les diacres sont chargés d'administrer le fonds des pauvres, formé par les dons de la charité privée, ainsi que par les intérêts de rentes sur l'Etat, appartenant au bureau des pauvres ou au bureau de bienfaisance, et par les revenus de terres possédées également par ces bureaux et louées à des particuliers.

SUR LA PROSPÉRITÉ DE LA NÉERLANDE AU XVII* SIÈCLE, ET SUR LES SYMPTÔMES D'ÉBRANLEMENT QUI s'y MANIFESTENT

aujourd'hui.

La Néerlande a souvent offert, pendant l'ère chrétienne, des exemples de prospérité analogues à ceux qui sont signalés, dans le Delta du Nil, depuis les premiers âges de l'histoire. Cette prospérité semble être due aux circonstances qui, dans les deux pays, entretiennent la fertilité du sol et en augmentent l'étendue (17). Elle a été accompagnée de vicissitudes, selon que les hommes secondaient par leurs vertus, ou paralysaient par leurs erreurs et leurs vices, les bienfaits de la nature ; mais en somme, en ce qui touche la Néerlande, la permanence du bien a été le trait principal. Plusieurs écrivains dignes de foi ont indiqué avec admiration diverses époques de prospérité ; et, parmi eux, on peut citer au premier rang sir William Temple, qui, de 1667 à 1669, fut ambassadeur du roi Charles II en Néerlande, et qui, dans le cours de cette mission, sut mériter à la fois l'amitié de Jean de Witt et de Guillaume d'Orange. Les passages suivants de ses écrits mettent suffisamment en lumière la haute opinion qu'il avait conçue, à cette époque, touchant la constitution sociale de la Néerlande.

« J'ai dernièrement observé, dans les Provinces-Unies de la Néerlande, un prodigieux développement de richesse, d'activité commerciale, de splendeur et de population. Cette prospérité est due à l'énergie des citoyens, au bon état de leurs villes fortifiées, à la solide organisation de leurs forces militaires et à l'institution d'un régime financier qui répond à ces éléments de grandeur.

Elle a pris de telles proportions qu'elle a fait naître l'envie chez quelques peuples voisins, et la crainte chez les autres, avec Tétonnement chez tous. »

Sir W. Temple ne constate pas seulement cette supériorité. Il déclare qu'elle a pour origine les mœurs et les institutions qui furent, au v siècle, introduites en Angleterre par les conquérants venus de la Néerlande, notamment des trois provinces de Frise, de Groningue et d'Over-Yssel, contiguës à la plaine saxonne (iv, 17). « Ces trois provinces, » dit-il, « comme la Westphalie et les contrées comprises entre le Weser,ryssel et le Rhin, étaient la patrie des anciens Frisons. Ces peuples furent les terribles conquérants de notre Grande-Bretagne ; mais ils y furent désignés sous le nom de Saxons, d'après le nom des armes, en forme de faux, qu'ils portaient et qu'ils appelaient Seaxes dans leur propre langage. L'évêque de Munster, dont le diocèse est compris dans la région précitée, me démontra le premier que nos anciens Saxons en étaient originaires ; et cette démonstration a, depuis lors, été complétée par beaucoup de faits. » A l'appui de celte affirmation, sir W. Temple ajoute que le vieux langage anglais se retrouve souvent dans la Frise et non dans les autres provinces de la Néerlande. Il déclare, en outre, que la Frise est le seul pays où il ait trouvé la trace des vieilles institutions importées en Angleterre par les Saxons.

Plus loin, recherchant les causes de la paix sociale qui règne dans la Néerlande, il les trouve dans la diversité des idées, des mœurs et des coutumes que rapproche l'esprit de tolérance; puis il termine en appliquant à la religion cet aperçu général. (( Il est possible qu'en d'autres contrées la religion fasse plus de bien ; mais ici elle fait moins de blessures. Ailleurs, ses effets invisibles sont les plus grands et les plus avantageux ; ici, ce sont les conséquences visibles qui ont la prédominance. J'en ai pour preuve plusieurs traits principaux : la longue durée de la paix dans la vie civile, l'accroissement immense de la population, le rapide essor de la richesse, et, en résumé, la force et la grandeur de l'État. »

Au surplus, sir W. Temple ne se croit pas tenu de faire un

271 en. V. — PÊCHEUR-CÔTIER DE MARKEN. "

panégyrique; et il a soin de marquer les ombres dans son attrayant tableau. « En Néerlande, » dit-il pour conclure, « lesol est meilleur que l'air; le profit est plus recherché que Thonneur; le bon sens est plus apparent que l'esprit ; le bon naturel l'emporte sur la bonne humeur; la richesse abonde plus que le contentement ; on aime mieux y voyager qu'y vivre; enfin, on y trouve plus de choses à observer qu'à désirer, et plus de personnes à estimer qu'à aimer \ » , j '

La Néerlande est aujourd'hui déchue de cet ancien état de force et de grafideui* ; mais, comme on en a déjà fait la remarque (17), la cause du mal actuel existe moins dans la Néerlande que chez les grandes nations, riches et lettrées, qui l'ont tour à tour dominée par la force ou égarée par leurs mauvais exemples. Dans le passé, les Frisons, de concert avec les autres races saxonnes établies dans la grande plaine comprise entre l'Elbe et le Rhin, ont créé dans le Nord les plus solides éléments de la grandeur de l'Europe. Ce mérite leur est propre : il les a toujours distingués des peuples qui habitent l'intérieur du Continent ; aussi, quelques auteurs soupçonnent-ils que cette sagesse a été importée directement sur le rivage de la mer du Nord par un essaim sorti de l'un des peuples maritimes qui ont illustré l'histoire de l'Orient. Aujourd'hui, lès Néerlandais sont fortement ébranlés par les vices émanant de la richesse et par les erreurs déchaînées par le scepticisme irréligieux (47); mais, sur plusieurs points, ils otit conservé les bonnes traditions de leur race modèle. Divers symptômes semblent présumer que, dans un prochain avenir, l'exemple de la réforme sera donné à l'Europe. Tout indique que les Néerlandais sont un des peuples les mieux disposés à seconder une telle initiative, dès qu'elle sera prise par quelque grande nation riche et lettrée. > "i \

1. The Works of sir William Temple, 4 vol. in-8'*; imprimé par S. HamiltoU, pour 13 éditeurs; Londres, 1814. — Voir vol. l•^^ pages 33, 123, 150 et 162.

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