‹ Les ouvriers européensChapitre 174 sur 196 · VÊTEMENTS DE L'ENFANT · texte numérisé non relu

VÊTEMENTS DE L'ENFANT

1" Vêtements de fête. — 1 Chachia, 4^00; —2 tuniques de laine rouge, 40^00; — 1 Sarouel de toile, G^OO ; — 1 burnous de drap bleu, 50^00 ; — 1 ceinture, 10^00; — babouches, 2^00. — Total, 112^00.

2° Vêtements communs. — 2 tuniques de coton, 20' 00 ; — 2 Serouâl de coton' 6^00; — Djellaba de grosse laine, 12^00; — 1 ceinture, 4^00; — babouches, 2^00; —

1 anneau d'argent, 3^00. — Total, 47^00.

Vêtements de la négresse (205'' 00).

2 caleçons de coton, 12'' 00; — 2 tuniques de coton, 24^00; — 1 Haik de laine, IQfOO; — 1 Haîk de coton, 15^00; — 1 pièce de coton rayée rouge et bleu {Fonta), ISfQO; — 1 foulard de soie, 10' 00; — un mouchoir de coton ponr la tète, 2^00; —

2 paires de babouches, 4'00; — 2 ceintures, 20'00; — 1 bague d'argent, 3^00; — pendants d'oreilles en argent, 60"^ 00.

Valeur totale du mobilier et des vêtements. 12,556^ 00

récréations.

Les distractions de la famille sont assez bornées : chaque vendredi, la femme passe quelques heures à visiter ses amies, et se rend au cimetière, où elle accomplit quelques devoirs religieux. Ce pèlerinage hebdomadaire est véritablement une récréation pour les musulmanes. Elles forment là des groupes nombreux et se livrent à un babil fort vif, qu'elles interrompent de temps à autre pour pousser des cris de deuil et pour se livrer à la pantomime de la douleur et du désespoir. Pendant ce temps, le mari se rend dans ses jardins, ou il passe l'après-dînée du vendredi et toute la journée du samedi. Il est ordinairement accompagné de son fils qui, d'autres fois, reste avec sa mère.

Durant la belle saison, l'enfant se rend chaque jour, vers sept heures du soir, sur la place de la ville, où il se plaît à écouter les récits des conteurs de profession ou à voir les exercices des saltimbanques (21).

Les seules occasions de distraction en commun sont les noces, qui se renouvellent fréquemment à Tanger. Toute la famille s'y rend ordinairement, parée de ses plus riches habits. Les noces durent plusieurs jours, et on y consomme une étonnante quantité de mets de toutes sortes.

412 CH. IX. — MENUISIERCHARPENTIEn DE TANGER.

La récréation ordinaire de l'ouvrier consiste dans les soins donnés à une famille de lapins blancs. Il aime à voir ces animaux s'ébattre sous ses yeux parmi les copeaux de son atelier. Son goût dominant est pour les fleurs, qu'il cultive avec un soin tout particulier, et dont il fait souvent des bouquets qu'il conserve dans sa maison et jusque sous le hangar où il travaille.

Histoif^e tle la ftiiiiUIc.

PHASES PRINCIPALES DE l'eXISTENCE.

L'ouvrier est né dans un Douar de la province de Sous, qui confine au grand désert et au Tafilet. Il ignore lui-même l'année de sa naissance; mais, selon toute probabilité, elle se rapporte à l'année .4.815 de notre ère. Son père était maréchal ferrant et avait épousé une Mauresque (20) de Tanger, fille d'un marchand de merceries au bazar de cette ville; l'ouvrier le perdit vers le temps de son adolescence. Sa mère veuve revint à Tanger, dans sa famille, avec deux garçons ; et c'est dans cette ville que le jeune Mohammed-el-Sousi apprit l'état de menuisier. Il avait jusquelà fréquenté assidûment l'école ; son intelligence était remarquable. Dès le début de son apprentissage, il résolut de devenir un maître distingué ; dans cette pensée, il se rendit à Gibraltar où il travailla, pendant six mois, chez un ébéniste espagnol fort habile. De Gibraltar, il fit un voyage a Marseille; il en revint après une semaine d'excursion dans les magasins de cette ville, et passa paisiblement quelques années dans l'exercice de sa profession. Jaloux d'acquérir aux yeux des indigènes un titre d'honneur et de considération, il partit avec les pèlerins qui se rendent chaque année à la Mekke. Au retour, il séjourna dans les principales villes du littoral barbaresque, et notamment à Alger, depuis longtemps au pouvoir des Français. Son voyage dura ainsi trois années. Il avait environ vingt ans quand il revint à Tanger, où il épousa une de ses parentes, fille d'un marchand d'étoffes du bazar. Pendant son absence, les parents de sa mère

étaient morts et celle-ci s'était retirée chez son fils aîné, resté veuf avec deux enfants. Peu de temps après son mariage, l'ouvrier fit à Cadix un séjour de six mois ; c'est là qu'il acheva d'apprendre l'espagnol et qu'il prit quelques leçons de dessin linéaire et de géométrie descriptive. Pendant ce temps sa jeune femme était restée chez ses parents. A son retour, il loua la maison qu'il occupe encore aujourd'hui et s'adonna avec ardeur à sa profession. Il ne tarda pas à conquérir un bien-être qui lui permit de vivre avec un certain luxe, d'acquérir successivement du terrain et d'acheter une négresse (is) pour le service de sa famille. Il eut un fils, qui aujourd'hui est établi dans l'intérieur du pays, et, quelques années plus tard, un autre fils qu'il élève et qui probablement continuera les travaux de son père.

La femme avait environ douze ans lorsqu'elle se maria ; elle était fille unique. Ses parents sont morts vers l'époque de la bataille d'Isly. Son histoire est liée à celle de son mari, et elle a été exposée en fait dans le cours de cette monographie.

MœURS ET INSTITUTIONS ASSURANT LE BIEN-ÊTRE PHYSIQUE ET MORAL DE LA FAMILLE.

Les parents de l'ouvrier étaient de fervents musulmans. Son assiduité à la lecture du Koran et aux devoirs du culte, sa propension au travail, son amour de l'ordre et son vif désir de s'élever aux rangs supérieurs, lui ont conquis le respect public et une position que la protection française (22) met à l'abri des vexations réservées aux riches indigènes. Le bien-être et la tranquillité intérieure de la famille sont encore assurés par la résolution bien arrêtée de l'ouvrier de n'avoir jamais qu'une seule femme; sa fortune lui permettrait de vivre en polygamie, comme un certain nombre de ses coreligionnaires; mais il est persuadé que la paix domestique en serait troublée (i 9), et il est d'humeur trop pacifique pour régner chez lui par la grâce du bâton, comme c'est l'usage des maris marocains.

en. IX. — MENUISIER-CHARPENTIER DE TANGER.

SOURCES DES RECETTES

Propriétés possédées par la famille.

Art. i". — Propriétés immobilières.

Habitation :

Maison de campagne et jardin situés an milieu du domaine rural. Immeubles ruraux :

Vignoble.

Verger. . .

Art. 2. — Valeurs mobilières.

Matériel spécial des travaux et industries

Matières premières

Matériel du métier de charpentier

Outils pour le jardinage

Ustensiles pour le blanchissage du linge.

Argent

Somme placée entre les mains de juifs

Somme gardée au logis comme fonds de roulement.

Art. 3. — Droits aux allocations de sociétés d'assurances mutuelles.

(La famille ne participe à aucun droit de ce genre)

Valeur totale des propriétés

Subventions reçues par la famille»

Art". 1er. — Propriétés reçues kn usufruit. (La famille ne reçoit aucune propriété en usufruit)

ART. â. — Droits d'usage sur les propriétés voisines. (La famille ne jouit d'aucun droit de ce genre)

Art. 3. — Allocations d'objets et de services. ALtocATiONs concernant les vêtements , . , ,

EVALUATION

approximativ

des

sources

de recettes.

VAIKCR

des propriétés.

§ i^. — BUDGET DES BECETTES DE L'ANNÉE.

mh

RECETTES

ZLevenus des propriétés.

Art. 1«'. — Revenus des propriétés immobilières. (Cette propriété ne rapporte aucun revenu)

Intérêt (4 p, 100) de la valeur de ce vignoble

— — de ce verger

Art. 2. — Revenus des valeurs mobilières.

Intérêt (10 p. 100) de la valeur des matières premières

— (6 p. 100) de la valeur de ce matériel .■

— (3 p. 100) de la valeur de ces outils

— — — de ces ustensiles

Intérêt (10 p. 100) de cette somme. ,

Art. 3. — Allocations des sociétés d'assurances mutuelles.

(La famille ne reçoit aucune allocation de ce genre)

Totaux des revenus des propriétés. . .

Produits des subventions.

Art. 1". — Produits des PROPBiixés BEfoss en usufruit. (La famille ne jouit d'aucun produit de ce genre)

Art. 2. — Produits des droits d'usage.

(La famille no jouit d'aucun ^^roduit do ce genre)

Art. 3. — Objets et services alloués.

Vêtements donnés d la femme par des amis du la famille..

Totaux des produits des subventions. ......

MONTANT DES RECETTES

valf.uk des objets

reçus en nature.

argent.

uè

SOURCES DES RECETTES (SUITE)

DÉSIGNATION DES TRAVAUX ET DE l'emploi DU TEMPS.

QWMIIÉ

DE TRiïilL

EFFECTLÉ.

esclave

chef

famille

mère

de famille

Travaux exécutés par la famille.

Travaux do menuiserie, de charpente et d'ébénisterie (exécutés au compte de divers) ,

journées

journées

journées

Travaux de ménage, achat et préparation des aliments, soins de propreté domes-

Travaux de couture • . . . .

Totaux des journées de tous les membres de la famille. ....

Industries entreprises par la famille

(à son propre compte).

Confection et réparation des meubles à la mode européenne... . .... .....

Exploitation du jardin, du verger et du vignoble

Blanchissage du linge et des vêtements de la famille. , , .*....■

cil. IX. — MENUISIER-CHARPENTIER I)E TANGER.

RECETTES (SUITE)

PRII DES

SIHIRES JOïnXllIEUS.

chef

mère

famille

de famille

escluve

fr. c.

fr. c.

fr. c

Salaires.

Salaire que recevrait un journalier pour avoir exécuté

ces travaux (16, A)

(Aucun salaire ne peut être attribué à ces travaux)

Salaire que recevrait une ouvrière pour avoir exécuté ces travaux

Salaire que recevrait une ouvrière pour avoir exécuté ces travaux (16, C)

Totaux des salaires do la famille

Srction IV.

Bénéfices des industries.

bénéfice résultant de cette industrie (16, A)

— de cette exploitation (16, B)

(Cette industrie ne produit aucun bénéfice) (16, C)

Totaux des bénéfices résultant des industries

Nota. — Outre les recettes portées ci-dessus, les industries donnent lieu à une recette de2,77'.f85(10, D),qui est appliquée de nouveauà c«s mêmes industries; cette recette et les dépenses qui la balancent (15, S«»V) ont été omisesdans l'un et dans l'autre budget.

''Totaux dbs rbcettes dô l'année (balançant lâS dépenses) (4,618f33)

MONTANT DIÎS RRCETTES.

VALEUR

des objets

reçus

en

argent.

en. IX. — MENUISIER-CHARPENTIER DE TANGER.

DÉSIGNATION DES DÉPENSES

MOMiM DF.S l)P,^E^s^;s.

VAi,Ei:n (les objets coDsommés en nature.

SECTION l'<=.

Dépenses concernant la nourriture.

Art. 1er. — Aliments consommés dans le ménage

(Par l'ouvrier, la femme, l'enfant et la négresse esclave, pendant 365 jours).

Céréales :

Petits pains ronds de belle qualité •

Farine de froment pour le couscoussou et les Haluiyatt (pâlisséries)

Iliz pour les ragoûts

Poids total et prix moyen

Corps gras :

Beurre pour la pâtisserie

Huile d'olive

Laitage et œufs î

Lait de Vache

Œufs, 150 pièces à 0^025

Poids total et prix moyen

Viandes et poissons :

Viande de bœuf • • ■

— de mouton

Volailles et gibier : Poules et poulets, pigeons, perdrix, merles et alouettes • • * • •

Poissons de mer : Maquereaux, soles, anguilles, murènes, merlans, sardines, morues

Poids total et prix moyen

rOIDSetPRIIdes illUEliTS

POIDS

consomma

PRIX

par kilogr.

O'IOO

0 'JOO

en. IX. — MENUISIER-CHARPENTIER DE TANGER.

DÉSlGNATIOiN DES DÉPENSES (SUITE).

Dépenses concernant la nourriture (suite) .

LÉGUMES ET FRt'ITS :

Tubercules : Pommes de terre , , . , .

Légumes farineux : Lentilles

Légumes verts à cuire : Pois verts, artichauts, épinards, oseille, fèves, tomates, aubergines

Légumes racines : Carottes, navels, salsifis

— épiées: Oignons, échalotes, ail, poireaux, persil

Salades de toutes sortes

Cucurbitacées : Melons, pastèques, melocs d'Espagne

Fruits farineux : Amandes

Fruits à pépin et à noyau : Raisins, 15' 00; — oranges, 10^00; — limons, 5f00; — grenades, 30fC0; — abricots, 6fC0; -prunes, '2'~i6

Fruits baies : Fraises

Poids total et prix moyen.

Condiments et stimulants :

Sel gris , '.

Épices: Poivre gris, poivre rouge, piment, girofle, anis, cannelle.

Vinaigre •

Matières sucrées : Sucre blanc, miel

Boissons aromatiques : Café, > à 3f00, 21f00; — thé, 6^ à 8^00,

Poids total et prix moyen.

Boissons fermentées :

Vin do France, 50 litres.

(JlliS elPniîdes AUUENTS

POIDS

:iii sommé

PRIX

par kilog.

Page 1