NOMBRE
de
DOCTEURS
reçus
tlièn-tông .
Kieng-hu’ng. . . .
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Le dernier examen eut lieu la 40e année du règne de Ilicudông, c’est à dire l’an 1780 de notre ère.
L’inscription de la stèle dit que le royaume était en paix, ce qui est une basse flatterie à l’adresse du roi puisque, depuis cinq ou six ans, tout l’Annam était tombé au pouvoir des Tàyson; il est vrai que ces phrases trompeuses étaient dictées par l’ambitieuse vanité des seigneurs Trinh, dont la famille éclipsait alors au Tonkin, en fasle et en puissance, la famille royale ellemême.
Sur plusieurs stèles on remarque des traces de mutilation, des lignes entières de texte ont été martelées et effacées; ce sont les phrases écrites à la louange des Trinh, dont les derniers descendants tombèrent sous le mépris public après avoir, par leur insatiable ambition, compromis l’Etat et ruiné la dynastie des Lê.
Les examens de 1784 eurent lieu au palais des Cinq-Dragons (ngû-long) qui se trouvait à l’emplacement, du village actuel de Dông-tân, près Hanoi. Ils étaient présidés par Nguyen-trong, duc de Viêm. L’examinateur principal se nommait Pham-trongphiên.
Le premier lauréat fut Nguycn-trang-du.
A cette époque, un édifice en charpentes couvert en tuiles abritait de chaque côté du bassin les longues rangées de stèles, il a complètement disparu, et. les monuments sont aujourd’hui exposés à toutes les intempéries.
En sortant de la cour des stèles, un portique cà trois ouvertures donne accès dans l’enceinte du temple.
Le temple comprend quatre corps de bâtiments disposés autour d’une vaste cour entièrement pavée.
La pagode proprement dite forme, au fond, deux corps de bâtiments parallèles, séparés l’un de l’autre par un intervalle à ciel ouvert de deux mètres à peine ; à droite et à gauche de la cour se profilent deux longues constructions fermées par des portes à claire voie. Ces constructions renferment les autels sur lesquels reposent les tablettes des soixante-douze disciples principaux de Confucius et, de quelques autres philosophes et littérateurs en renom.
Le premier corps de bâtiment du temple Littéraire est soutenu par quarante grosses colonnes de bois, laquées rouge et couvertes de dorures, la toiture est énorme et repose sur huit fermes sculptées; les extrémités des poutres sont terminées par des ornements ou des figures grimaçantes également dorées. Ce bâtiment est ouvert de tous côtés, il est destiné à recevoir le public. Au centre, un riche autel de bois délicatement sculpté, laqué et doré, soutient un seul brûle-parfum et des candélabres; de chaque côté le symbole de la longévité est représenté par deux grues montées sur des tortues.
Au-dessus de l’autel, en caractères d’or sur fond vermillon, on lit :
VAN MIÊU
(Temple de la Littérature)
A toutes les colonnes sont suspendus des panneaux portant des inscriptions dorées à la glorification du Maître et de ses œuvres.
A chaque extrémité de ce bâtiment, sur la cour, deux bornes de pierre quadrangulaires surmontées d’une fleur en forme de pomme de pin, portent ces inscriptions.
Par ordre du roi
A la fin du printemps de l’année Canh-thinh
Le second bâtiment en arrière du premier est surélevé de quelques marches ; il est complètement fermé par une multitude de petites portes excessivement étroites, recouvertes, comme tout le reste, de laque rouge et de dorures. Il règne à l’intérieur une obscurité qui ne déplait pas aux chauve-souris, aussi s’y réunissent-elles en grand nombre.
Ce temple renferme les tablettes des immortels philosophes auxquels l’Extrême-Orient, c’est-à-dire plus de la moitié du
genre hunain civilisé, doit ses coutumes et ses lois politiques et sociales.
Au centre, sur un trône doré, dans un vaste tabernacle d’une grande richesse, e t dominant toutes les autres, se trouve la tablette de Confucius (Không-tu’).
Elle ne porte que cette simple inscription ,
Au très saint et premier ancêtre Confucius.
Au devant sont deux riches autels séparés par une torchère monumentale d’un très curieux travail chinois.
Quatra autels latéraux, composés seulement de cubes de maçonnerie, supportent les tablettes des quatre philosophes : Manh-tu’, Tang-tu’, Tu’-tu’, et Nhân-lu.
11 n’existe aucune issue en arrière du second temple, il faut revenir sur ses pas et contourner les bâtiments dont les toits, aux angles hardiment recourbés, descendent jusqu’à hauteur d’homme, et sur les arêtes desquels se tordent des dragons couverts d’ecailles de faïence bleue.
On sort par un portique semblable au précédent, dont les portes de bois sont, selcn l’usage, supportées par des lions de pierre, et l’on se trouve dans la dernière division de l’enceinte, qui est entièrement consacrée aux ancêtres des philosophes.
C’est un vaste jardin divisé par deux larges voies pavées qui se coupent à angle droit et ombragé, ainsi que les bas côtés du temple, entre l’enceinte intérieure et le mur de clôture, par de magnifiques manguiers.
Le temple aux ancêtres des philosophes occupe tout le fond de l’immense cour. L’autel central porte la tablette de la mère de Confucius, avec cette inscription :
Elle enfanta le Saint
Les autels latéraux portent les tablettes des ancêtres de Trinhtu’, Chu-tu’, Manh-tu’, Tang-tu, Nhan-tu’, Tu’-tu’,- Chu-tu’ et Tru’o’ng-tu’.
Au-dessus de l’autel aux ancêtres de Confucius, ou lit en caractères d’or sur fond de laque rouge :
Le monde f ut ouvert à la lumière
Chaque année, le jour des fêtes à Confucius, après avoir accompli dans le Van-miêu les cérémonies rituelles, tous les lettrés, conduits par le plus haut dignitaire universitaire du
pays, viennent se prosterner devant les autels de ces grands ancêtres pour les remercier d’avoir, par leurs enfants, dissipé les ténèbres du monde. A droite et à gauche de ce jardin se trouvent deux corps de logis dont l’un sert de demeure aux quatre gardiens du temple, et l’autre, de pavillon de repos aux mandarins et lettrés étrangers qui viennent visiter ce lieu et y faire leurs dévotions.
Ce dernier bâtiment est simplement orné d’un large panneau de bois sur lequel est sculptée une composition littéraire à la louange des dix arbres précieux.
Nous ne quitterons pas le royal Van-miêu, si complet et si intact, sans signaler une petite hérésie qui, introduite par la superstition tonkinoise, est venue jeter quelque trouble dans le culte honnête et pur des philosophes, comme dans la symétrie des divisions architecturales du monument.
Dans un coin du jardin, les annamites ont, par le prolongement du mur d’un bâtiment latéral, isolé un petit carré de terrain et élevé, sur ce terrain, une petite pagode au génie Liêu-hanh qui était une fille de l’empereur céleste Ngoc-hoang.
Pour une faute légère, dit la légende (1), ce Génie féminin fut jadis condamné à vivre un certain temps sur la terre; Liêu-hanh s’incarna dans la personne d’une princesse de la dynastie Lê cl épousa un lettré renommé. Sa pagode, complètement dissimulée par la hauteur des murs qui l’entourent, n’offre absolument rien de remarquable ; le sanctuaire est encombré de chapeaux, de souliers et des autres menus objets en papier, offrandes ordinaires aux génies féminins.
(1) Voir nos Légendes historiques de l'Annam et du Tonkin, p. 79.
pages.
Avant propos .
Le Nam-giao de Hanoi . 9
Le lac de l’Epée et la montagne de Jade . 13
La pagode de Môt-côt (pagode da Mât) . 24
La pagode de Duc-klianh . 29
La pagode de Huyên-chan . 32
La pagode de Linh-lanh-nhât-chièu . 39
La pagode de Chiêu-thuyên . 43
La pagode de Quan-su . 45
La pagode de Trân-vu {le Grand-Bouddha) . 51
Inscription de l’autel de huyên Tho ( rue de la Mission) . 56
La pagode de Linh-lanh {pagode Balny) . 58
Inscription de la stèle de la pagode de Trich-sai, près de Kè-bu’o’i {village du Papier) . 60
La pagode de Huyên-thiên . 62
La pagode de Linh-son . . 64
Autel littéraire du village de Ta-khanh {sur le bord du Petit-Lac de Hanoi), . 67
La pagode de Hoang-an . 68
La pagode de Sinh-tu’ ( temple du Kinh-lu’o’c) . 70
La pagode de Ham-long ( gueule du Dragon) . 75
La pagode de Bach-ma . 77
Van miêu {le temple royal confucéen de Hanoi) . 84
Hanoï. — Imprimerie F.-H. Schneider