Les Palaemonidae des eaux douces de Madagascar
La faune carcinologique des eaux douces comprend à Madagascar trois groupes principaux, sur lesquels nos connaissances sont actuellement très inégales. Alors que les Telphusidæ, avec les genres Telphusa, Paratelphusa, Dec/cenia, et les Astacidæ, avec le très remarquable Astacoïdes Mculagascariensis, ont été l’objet de travaux importants, les Eucyphotes, appartenant aux familles des Palæmonidæ et des Atyidæ, nous sont encore très peu connus. M. A. Grandidier ayant bien voulu me confier l’étude des Crustacés de Madagascar (I), j’ai cru devoir consacrer cette étude au genre Palæmon , très abondamment représenté dans la grande île.
Les Palæmonidæ de Madagascar ont été l’objet, en 1847, d’un travail de Hoffmann, à l’aide des matériaux recueillis par Pollen et Van Dam.
Les six espèces que fit connaître cet auteur sont toutes synonymes d’espèces connues à l’époque; bien plus, quatre d’entre elles, les P. Mayottensïs , lieunionnensis, longimanus, Madagascariensis , désignent les unes et les autres le P. lar
(1) Ce travail est destiné à former l’un des chapitres du volume consacré aux Crustacés dans ['Histoire physique, naturelle et politique de Madagascar, par M. A. Grandidier. Paris, Imprimerie Nationale.
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H. COUTIÈRE.
Fabr. le P. Alphonsianus est synonyme du P. dïspar von Martens; enfin, le P. parons est probablement un jeune de la même espèce. Ainsi décrites comme nouvelles, ces espèces ne nous ont apporté aucune notion sur les rapports de la faune carcinologique malgache avec celle des autres régions du globe (10).
Lenz et Richters ont surtout étudié les Brachyures de Madagascar. Ils font remarquer seulement la synonymie probable des P. longimanus , Mayottensis , Reuniensis, Hoffmann (16, 7 , 8 , 15 ).
Beaucoup plus récemment, Hilgendorf a fait connaître un curieux Palæmonidé, le Bithyrm Hildebrandti (30, 244 ), représenté dans les rivières chiliennes par une espèce très voisine, le B. Gaudichaudi Milne-Edwards.
En revanche, les Palæmonidæ du bassin indo-pacifique ont été l’objet de très importants travaux : Hilgendorf (9, 11, 26, 30, 44) nous a fait connaître ceux de l’Afrique orientale ; de Haan (1), Dana (3), Stimpson (4), Ileller (5, 6), von Martens (8), Hess (7), Miers (13), Sp. Bâte (20), Richters (14), Ortmann (21, 22, 27), Henderson (25), Thallwilz (23), Nobili (45, 48, 49) et surtout de Man (12, 18, 19, 24, 35, 36) ont décrit les espèces de l’archipel indo-malais, du Japon, de l’Océanie, avec une abondance de texte et de figures qui rendent aisée, et très instructive, la comparaison avec les formes malgaches.
J’ai eu à ma disposition, pour l’étude de ces dernières, une importante collection comprenant 14 espèces, et certainement encore bien incomplète. Elle est due à MM. A. Grandidier, Humblot, Cattat, Mocquerys, Alluaud, Bastard. Maria ; enfin et surtout à M. G. Grandidier, qui a récemment parcouru le sud-ouest de Madagascar.
Trois de ces espèces sontnouvelles pour la science ; je les ai brièvement décrites dans des notes antérieures (42, 46, 47). Deux autres,le P. dolichodactylus , Hilg. et le P. lepidactylus, Hilg. existaient dans la collection (1864) bien avant qu’Hilgendorf ne les décrivît (1875).