‹ Les palafittes: ou Constructions lacustres du lac de Neuchâtel (volume 2)Chapitre 29 sur 29 · RESUME · texte numérisé non relu

RESUME

Après avoir essayé de déterminer la population des palafittes de l'âge du fer de nos lacs, en la rapportant à la grande souche gauloise, dont les Helvétiens n'étaient qu'un rameau, on est naturellement porté à s'enquérir aussi de l'origine des peuples qui construisirent les palafittes bien plus nombreuses des deux âges précédents. Qui sont-ils? D'où viennent-ils et quel lien existe-t-il entre eux et les peuples de l'âge du fer. Ici cependant les données positives font à peu près complètement défaut. Le champ des hypothèses est illimité, et ceux que cela intéresse peuvent s'y donner libre carrière. Habitué à d'autres méthodes , nous n'essayerons pas de suivre nos confrères dans ce domaine qui n'a que trop d'attraits pour beaucoup d'archéologues. Nous pourrions, à la vérité, donner à nos lecteurs un semblant de satisfaction à la faveur de quelques noms, en désignant, par exemple, les peuples de l'âge du bronze sous le nom de Celtes ^, et ceux de l'âge de la pierre sous celui d'Ibères, mais ce serait sans profit pour la science , sans compter que nous courrions le risque de propager des données très-incertaines et peut-être erronées.

4 . Le lecteur remarquera que nous avons soigneusement évité ce nom dans le cours de cet ouvrage.

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Dans cette hypothèse, le passage de l'époque de la pierre à l'époque du bronze se serait opéré sans bouleversements ni secousses violentes; il serait l'expression d'un progrès lent et graduel, tel que l'humanité est naturellement portée à le réaliser, lorsque des circonstances fâcheuses ne viennent pas l'entraver. Cette manière de voir est surtout corroborée par les nouvelles découvertes faites en Italie, où nous trouvons les deux âges intimement liés, spécialement dans les sépultures de l'Emilie. On peut aussi invoquer en sa faveur la similarité de forme de certains objets usuels, malgré la différence fondamentale de la matière. Ainsi les flè-

Tout ce qu'il est permis de conclure de l'état actuel de nos connaissances, c'est :

1° Que les habitants de nos palafittes de bronze étaient probablement d'une race différente de celle de l'âge du fer et plus petite ;

2° Qu'ils avaient des relations commerciales avec des peuples navigateurs qui leur apportaient au moins une partie des éléments du bronze (l'étain), ainsi que l'ambre et la verroterie;

3° Que ces navigateurs n'étaient vraisemblablement ni les Phéniciens, ni les Étrusques, car on peut supposer que ceux-ci n'auraient pas manqué de leur apporter aussi les armes et les ustensiles en fer avec lesquels ils étaient familiers, et qui, une fois tombés au fond du lac avec les autres objets de l'époque, s'y seraient indubitablement conservés, comme ceux de la palafitte de la Tène.

L'incertitude est nécessairement encore bien plus grande à l'égard des peuples de l'âge de la pierre qui vivaient plus ou moins isolés sur les bords de nos lacs, et dont le commerce avec l'étranger est au moins trèsproblématique, bien qu'ils fussent déjà cultivateurs ef éleveurs de bétail.

N'ayant aucune théorie à proposer sur leur origine, nous nous bornerons h. les envisager, pour le moment. comme les premiers habitants de notre sol, nous réservant de revenir sur cette question, si jamais l'on lroLi\i> en Suisse des traces de l'homme contemporain do ix'iii,r> ou du mammouth.

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ches de l'âge du bronze sont restées les mêmes que celles de l'âge de la pierre; les épingles à grosse tête de l'âge du bronze sont évidemment une imitation de celles de l'âge de la pierre; la poterie n'a pas changé, pas plus que la manière de conserver les fruits et les provisions ; enfin les constructions lacustres ont continué, quoique avec quelques modifications, comme nous l'avons montré plus haut. Ce serait par conséquent le même peuple qui aurait habité notre sol pendant les âges de la pierre et du bronze, jusqu'à l'invasion des Helvétiens.

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