COMMUNISME ET SOCIALISME
— ... Car si Dieu est juste et s'il existe, il ne permettra pas que l'innocence soit punie, la justice fausse et que les fautes des Tribunaux triomphent. Mais un jour viendra où nous pourrons, libres, concourir à la liberté d'opinion, de religion et de gouvernement. Nous abattrons le mensonge des Tribunaux, les armes et les armées. Car un peuple civilisé ne doit pas être partisan de la guerre et de la destruction. (1)
Turin, 17 décembre 1884. G. V. M.
— À bas les prêtres, à bas les moines, à mort le P... à mort... el à mort tous les princes royaux et exlerminalion complète des royalistes. Vive Garibaldi, Mazzini, Coccapieler, Oberdank, Passanante, Orsini et tous les nihilistes et révolutionnaires.
— Il vaut mieux vivre sans travailler, comme vous faites vous autres, et prendre l'argent et la vie, oh! assassins !
— Sur la Galerie des Hommes illustres, on it: «Oh! mes amis libéraux ! Cette Galerie Nationale ne parle d'autre chose que des vexations de l'Autriche et de Ja police autrichienne ; mais mettons-nous la main sur la conscience et raisonnons. La police autrichienne commetlait des vexations, il est vrai; mais contre qui? Contre ceux qui voulaient être des poètes incommodes, contre Pellico et Foscolo ; mais ils laissaient en paix les pauvres ouvriers qui ne leur faisaient rien. Maintenant nos gardes ne font-ils pas pire? Ne peut-on les appeler argousins infâmes et assassins ceux qui persécutent les malheureux ouvriers. L'admonition n'existait pas, et la seule qui l'ait, c'est l'Italie. Autre que de l'histoire, messieurs les inquisiteurs italiens !
— Vive le socialisme ! À bas les patrons. Ni Dieu, ni patrons. Vive les tumultueux de Rome. Vive la République française.
— AuDAcE (sic) fortuna juvat. — Un voleur ne doit pas avoir peur.
— Les riches volent les pauvres; les pauvres doivent les voler. En volant, il rentre en possession de sa part et, s’il en prend de plus, cela sert pour les intérêts de l'argent qui lui fut volé pendant tant d'années par les autres.
— Courage, allégresse et volons.
— En avant! en avant ! en avant ! avec la torche en main, allons brûler le monde entier, ce sera drôle.
— Jean, Pierre, Antoine, iront mettre le feu partout quand ils seront libres si on ne leur donne la part à laquelle ils ont droit.
— Mort aux riches : nous voulons gouverner pour les envoyer eux aussi en cellule parce qu'ils volent plus que nous.
IRONIES. — ÎIMPRÉCATIONS..
— Je vous augure à tous d'être des voleurs publics, et alors vous serez des citoyens, des hommes utiles à la société, et vous serez décorés d’une médaille de bienfaisance ou d’une croix de
chevalier. Celui-ci (17 parle du livre de Saturnino qui fut un implacable censeur du Gouvernement, passé à l'opposition, parce qu'il était opposé à l'administration des Gabelles) fut un voleur public, mais moi je suis seulement un brigand privé, car si j'étais public je ne serais pas ici.
— Jamais je n'aurais cru qu'après la prison j'aurais été un homme perdu et chassé de la société.
— Pourquoi ceux qui portent les pantalons de toile se traitent-ils d’une façon et ceux qui sont vêtus finement et portent des gants Jaunes se traitent-ils d’une autre ?
— Pourquoi appeler les premiers des voleurs et dire des autres qu’ils ont commis une appropriation injuste ? Les deux classes n'ont-elles pas enfreint le sixième commandement où il est dit en une parole : tu ne voleras pas ?
— En Afrique, pour repousser l'ennemi, ils ont fait usage des mitrailleuses, mais le plus beau c’est qu'ils ont fait fiasco et qu'avec les mitrailleuses ils ont aussi laissé les fusils. Vive l'Afrique italienne ! !!
Mort à la Constitution ! Il faut découdre la chemise aux flancs et aux manches et ainsi on respirera.
— Mort à N°* roi et pape.
— À bas le ministre Crispi et les autres gloutons.
— Nous voulons le suffrage universel. À bas les oppresseurs.
— On veut aller en Afrique ? Qu'on nous y envoie tous au lieu de nous laisser moisir ici. Le Gouvernement y trouverait
son compte.
— Au temps de Napoléon I* il n'y avait pas de prisons, tous étaient soldats el galants hommes.
— Si j'étais Boulanger, je mettrais le monde en l'air en deux jours.
— Vive la Commune de Paris.
— Nous ne voulons pas... parce qu'on ne fait pas des lois justes.
— Vive la Reine.
— Les douleurs des peuples proviennent des lois injustes qui sont faites. Si le roi était un galant homme il enverrait au diable tous les ministres qui sont autant de voleurs.
— Vive l'Afrique.
— En 1890, Boulanger mettra tout le monde en l’air et l’Italie aussi le suivra.
— Et vous, Messieurs les ministres, venez ici nous trouver et
vous verrez que pour les pauvres prisonniers vous avez fait un c... de rien.
— Au lieu de tant de discours, si les députés que nous nom-
mons honorables pensaient à faire des lois justes et bonnes, les prisons ne seraient pas si pleines.
— La véritable politique du Gouvernement est de faire le bien du peuple qui souffre ponr donner à manger aux ministres.
La Vie Miniraire
C'est mal que le militaire soit mélangé avec les voleurs, les assassins et autres bandits. Le prestige militaire en souffre assez aux yeux de la société. Que l'on pense à ce scandale.
— Soldats. — Il en est qui disent: votre colère est plus compréhensible parce que la discipline de fer, l'âpreté, le manque de liberté, l'éloignement de votre pays, quelquefois l’invincible aversion de la vie militaire vous exaspèrent, vous tourmentent, vous empoisonnent, étouffent en vous les plus saintes affections et vous enlèvent ce sentiment de la dignité personnelle.
Celui qui n'admet pas cela est un homme égoïste, superbeet sans cœur.
— Je serai heureux quand j'aurai argent, santé et liberté.
Etun autre a écrit au-dessous :
— Moi au contraire, je le serai, hors de l’établissement de peine, et mon service militaire terminé, je m'en irai à ma maison, ne devrais-je y manger que du pain et des oignons. Vive la liberté.