AUTEURS DES ÉCRITS EN RAPPORT OU EN CONTRADICTION AVEC LE DELIT COMMIS
Dans Maurice et le Travail, de Carraud, je lis en marge, écrit par un voleur :
— « Voilà la deuxième fois que ce livre me revient et je le lis toujours avec une nouvelle ardeur. Galileo de San Salvario, arrêté pour vol qualifié et soupconné de quatre autres vols, pour l’un desquels je serai condamné, car Pierino de San Salvario est un espion qui me fera condamner innocemment.
Dans les fonctions de la semaine sainte, du Théologue Bens de Turin.
Moi, je suis disgrâcié,
Tout le monde le sait,
Et maintenant je suis emprisonné, Pour quel motif? personne ne le sait.
Je regarde dans mon passé
Quel délit j'aurais commis,
Mais je n’en trouve aucun d'écrit
Sur le mémorial que j'ai,
Donc, dites-moi, mes chers,
Quelles peuvent être les causes miennes Qui me font ici passer
Les journées les plus belles,
— Malheureux que je suis ! ils veulent me condamner parce que je suis innocent. Rapelin, pour vol qualifié.
Telle est la puissance de mon amour, que je n'aurais pas bronché à commettre un crime lors même que j'aurais eu la certitude qu'il m'aurait ouvert les portes du bagne. Et puis dites-moi, Ô philosophes, que l'amour est un amusement, un passe-temps et je vous répondrai que vos préceptes sont très beaux, publiés dans un livre ou de la chaire, bons pour le passé ou le futur, mais pour le présent, quand l’amour vous poursuit, la nature réclame ses droits et, riant de vos préceptes, les disperse au vent. Mais je laisse de côté, pour le moment, la philosophie ; il est préférable que je revienne au thème que je me suis fixé (1)