‹ Les palimpsestes des prisonsChapitre 41 sur 131 · ATHÉISME · texte numérisé non relu

ATHÉISME

— Vous tous, Ô amis, qui êtes libres-penseurs, vous verrez combien ce livre esl ennuyeux.

— Pauvres prêtres ! Vous êtes bien heureux que je ne puisse avoir aucun commandement supérieur, autrement, ce serait bientôl fini pour vous; je débarrasserais vite l'Italie de vous, insectes malfaisants, véritables plantes parasites qui vivez en vous attachant aux autres troncs; vous vous entretenez aux dépens des quelques croyants qui ont foi en vos sorcelleries et fourberies; marchant doucement, doucement à quatre pattes, glissant comme les reptiles ou pliant tous vos vertèbres pour baiser la terre ; vous faites tout cela non pour Dieu que vous trompez, mais seulement pour arriver au but que vous convoitez. Mais j'espère que je verrai ce bienheureux jour où l’on ne verra plus de charbonniers à l'église. Je suis votre ennemi le plus acharné. Talbot, chef de bande (un assassin).

Histoire de la Bienheureuse Vierge des Gräces. — La première page est illisible, elle traitait de Jésus-Christ ; dans la suite on lit: ... mais il ne faut pas croire qu'il soit un Dieu, c’est un homme comme nous. La preuve en est que lui aussi, voulant faire professer sa doctrine, employa des moyens de charlatanisme que les prêtres nomment des miracles, et fut crucifié par les juges ; qu'il ressuscita ensuite, ce sont des histoires, comme le sont toutes celles qui sont imprimées dans ce livre. Marie n’est pas vierge, car naturellement, elle ne peut pas l'être après son accouchement. Elle n'esl pas sainte, au contraire, c'est une concubine qui, après s'être fait couvrir par un beau jeune

homme, prit, pour mari, afin de dissimuler la honte de sa grossesse, un imbécile comme saint Joseph. La vraie religion c'est l'honnêteté, les justes principes les belles actions. L'homme, après sa mort, n’a rien à espérer. Nous sommes sur la terre pour une loi de formation, comme le furent à leur époque, les mastodontes et autres animaux qui maintenant ne sont plus. Notre époque finie, on ne saura seulement pas si nous avons existé. Eveille-toi, Ô lecteur, et avec toi la race humaine; jette dans l'enfer ce livre et celui qui l’a écrit et qui pense si sottement.

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