‹ Les palimpsestes des prisonsChapitre 58 sur 131 · L'ARRESTATION · texte numérisé non relu

L'ARRESTATION

Lorsque j'entendis frapper — tout de suite je saute hors du litet qui va-là? m'écriai-je — Alors on me répondit — Nous sommes la force ouvre-nous.

(1) La rime au lieu de la pensée.

Il n’y avait aucune sortie — Je dus alors patiemment ouvrir à la police et lui tirer une révérence. |

Du pain noir, de l’eau pure — Comme bouillon du riz mal cuit — Peu de paille pour dormir.

— Un peu d’air pour respirer ; — On se promène par le cachot songeant toujours à la bien-aimée.

— Je veille et je tremble, je regarde à l’entour l’horrible cachot qui me retient — Ah ! le rêve qu'il y a bientôt — m'avait éclairé les voies parsemées —- de bonheur — disparaît tout-àcoup — comme un météore — me laissant triste, dans les sombres pensées — du cruel esclavage où je suis — sans aucune

consolation ni divine ni humaine: je n’ai que celle des malheureux — les larmes.

Des... Art.

AMOUR

— Oh ! combien cette mélodie est-elle douce ! Combien elle m'est chère ! combien agréable ! Mais ma mère ne veut pas que je la chante. J'aimerais bien savoir pourquoi elle me l'a pro-

hibée. — Elle n’y est pas et Je veux la chanter. la chanson qui me fait palpiter. — Je voudrais baiser tes noirs cheveux, tes yeux austères — Je voudrais mourir ponr toi, ange de Dieu —

Je voudrais te faire sentir l'ivresse de mon amour. Sandrin

Tox nou (Lucie)

Aujourd'hui l'ennui, la douleur s'évanouirent de moi comme de la fumée — Seulement 1l me resta de la joie dans le cœur pour la fête de ce Jour charmant. — Ce sommeil lourd et profond qui

m'ôta l'énergie des sens fut la raison et la faute — Si les lèvres n’ont encore parlé...

De dehors une grande mélodie d'hymnes et chants j'ai entendu retentir — J'ai demandé ce que c'était el, m'ont-ils répondu, ils rendent les honneurs.

Si par le chant on ne me permet de te fêter car je suis prisonsonnier — Pourtant fatigué, peiné, malheureux, — toujours je te tiens gravée dans l'esprit.

Si toujours Je me tut et je fus muet. — Ce fut la prison qui m'empêcha de parler. — A peine ai-je eu la concession de ces vers que J'ai écrit.

Tu auras pensé que je suis un ingrat, un coquin de rester comme cela si longtemps caché — de ton cœur si beau.

Page 1