‹ Les pamphlets de MaratChapitre 65 sur 86 · MARAT, LAMI DU PEUPLE AUX AMIS DE LA PATRIE · texte numérisé non relu

MARAT, LAMI DU PEUPLE AUX AMIS DE LA PATRIE

(30 août 1792)

Mes chers amis,

Vous dire que du choix de vos représentants à la Convention nationale dépendent votre sûreté, votre liberté, votre repos, votre bonheur, la prospérité et le salut de TEmpire, c'est vous remettre sous les yeux une grande vérité, que l'exemple de vos indignes députés à l'Assemblée constituante et à la législature actuelle ne permet plus de révoquer en doute ; une vérité douloureuse que les malheurs, les dangers, les désastres, qui sont depuis si longtemps les fruits amers de leur corruption, transmettra d'âge en âge aux siècles à venir.

Il ne s'agit donc plus de vous engager à n'accorder votre confiance qu'à des hommes éclairés et purs, vous y êtes trop intéressés; mais à vous indiquer parmi les candidats qu'on vous propose les hommes qui sont dignes de vos suffrages et les hommes qui en sont indignes ; car, songez-y bien, si les travaux de la Convention nationale sont manques, vous n'avez plus à attendre qu'anarchie, misère et désolation.

Liste, des sujets déméritants proposés par Vauteur de La Sentinelle, dans la vue de servir la faction des ennemis de la liberté :

Barrère de Vieuzac, homme nul, sans vertu et sans caractère.

Boutidoux^ sableur de Champagne, qui a attendu au 13 juin dernier à jouer le patriote en dénonçant Mottier, et en demandant la place toute chaude de Carie qu'il est bien di^ne d'occuper.

Garât ^ le jeune ^ intrigant dangereux et royaliste masqué.

Durand de MaiÙane, patriote sans vues et sans énergie.

Kervelegan^ homme sans caractère; vrai opineur de la culotte.

Lépaux, inconnu dans la Révolution.

Rabaut de Saint-Etienne, faux patriote, l'un des coopérateurs des plus funestes décrets des pères conscrits constituants.

L'abbé Sieyès, auteur du projet de décret contre la liberté de la presse et coopérateur du comité constitutif, anti-révolutionnaire.

SiUery, l'ex-comte de Genlis, plus connu par ses escroqueries au jeu que par son affectation à singer le patriote; en 1784, un édit du conseil annula un billet d'honneur de 800 mille livres que ses coassociés, les brelandiers du Palais-Royal, avaient arraché à un enfant prodigue du Parlement.

Vadier, bien connu par sa honteuse rétractation du discours énergique qu'il prononça après la fuite des Gapets à Montmédy.

Audouin, le journaliste, fameux par la lâche protestation qu'il fit de n'appartenir à aucune société patriotique, le lendemain du massacre du Champ-de-Mars.

Page 1