‹ Les papillons dans la natureChapitre 27 sur 133 · L'ARGUS BLEU CÉLESTE · texte numérisé non relu

L'ARGUS BLEU CÉLESTE

drée de bleu, exceptionnellement le bleu recouvre les quatre ailes : c’est alors la variété cERONUS (Esp.) ou CÆRULEA (Courv.); mais même dans cette variété bleue, les taches noires et oranges le long de la marge restent visibles. Le mâle et la femelle, à peu près de la même grandeur, varient entre 3,2 et 3,6 centimètres d envergure. Le papillon apparaît en deux générations de mai jusqu'en juin, parfois juillet, puis de fin juillet et août jusqu ‘en septembre et même octobre. chenille vit en avril et mai, puis en juin et juillet. On la trouve de préférence sur l’hippocrépide comosa, où elle voisine à l'occasion avec sa cousine, la chenille de l’Argus bleu nacré (Lycæna corydon Poda.), à laquelle elle ressemble beaucoup d’ailleurs. Mais on la trouve aussi sur les genêts, les trèfles, les coronilles, dont elle mange les fleurs pendant la nuit. Elle mesure environ 2 à 2,5 centimètres de long. Comme toutes les chenilles de Lycènes, elle est large et aplatie, ressemblant un peu à un cloporte. Elle est très finement velue, d’un beau vert tirant sur le jaune ou le bleu pâle, ou bien d’un brun clair, avec une ligne sombre bordée de deux rangées de triangles jaune orange au milieu du dos; sur les côtés s'étend une ligne jaunâtre. La chrysalide qui a un peu plus d’un centimètre de long, est ovoide, avec la face ventrale légèrement aplatie. Elle est verdâtre, brune ou gris noirâtre. Elle éclôt au bout de deux à trois semaines.

La Lucine — Nemeobius lucina L. Femelle, grandeur naturelle, posée et se chauffant au soleil. Femelle, grossie deux fois, pondant un œuf sous une feuille de primevère.

La Primevère officinale — Primula officinalis Jacq.

Le Chiendent rampant — Agropyrum (Triticum) repens P. B.

Ed .

11. LA LUCINE Nemeogius (Stph. Boisd.) ou HAMEARIS (Hübn.) lucina (L.)

la lisière de la forêt, le long des buissons, dans l'herbe de la

clairière, de petits papillons bruns volètent gaiement. Leurs ailes

tachées d'ocre jaune les font ressembler aux Mélitées que nous étudierons tout à l'heure (pl. 20-21) et avec lesquelles ils voisinent, du reste, dans la prairie. Regardez-les folâtrer, jouer entre les longues herbes, se poursuivre entre eux et se poser tout près du sol, sur quelque brindille, sur quelque feuille, les ailes légèrement relevées et un peu écartées les unes des autres. Une fois à terre le petit papillon se tourne à droite, à gauche, il pirouette sur place, (1l danse» pour exprimer sa joie de vivre. Mais ce n'est pas pour longtemps : le voici déjà qui repart, incapable de rester plus d’un instant à la même place. Il est remuant à l'excès; et même lorsqu'un orage survient, la dernière goutte de pluie est à peine tombée et le premier rayon de soleil n'a pas plutôt déchiré les nuages, que déjà la LUCINE voltige dans son domaine et recommence à danser. La petite femelle se pose sur une feuille de primevère, d'oseille ou de bétoine, une feuille d'alchémille; elle s'approche à reculons du bord, comme on peut le voir sur la planche ci-contre, elle ferme ses ailes complètement ou à demi, et, en recourbant son abdomen, va coller sur la face inférieure de la feuille, à l'abri du soleil, un, exceptionnellement deux petits œufs blanc jaune ou verdâtres et parfaitement sphériques. Nous verrons tout à l'heure le Camille (p. 89) déposer son œuf en plein soleil, au beau milieu d’une feuille de lonicera et nous nous demanderons, à juste titre, comment 1l se peut faire qu’un corpuscule si petit soit capable de supporter une telle insolation pendant quinze jours durant, sans pour tout cela se dessécher, sans même diminuer de volume, bien qu'il n'absorbe aucune nourriture. Nous ne pourrons que nous incliner devant l'inexplicable mystère de la vie qui parle si hautement de la toute-puissance de son Auteur. Avec la gaie LUCINE, le problème

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