C. — Les névrites
Les névrites, par leur fréquence, en pathologie nerveuse, et par la facilité avec laquelle on peut les invoquer, dans les cas de diagnostic causal difficile, ont été depuis longtemps décrites. Sans doute est-il classique d'observer les intoxications par le plomb. Actuellement, des laryngoplégies de cette nature sont exceptionnelles. Salinger et Cotte ont relaté une observation de paralysie récurrentielle bilatérale due à une intoxication par le whisky. Tour à tour, on a incriminé la diphtérie (Charlier), la fièvre typhoïde (Roy), la tuberculose (mais le virus tuberculeux est-il vraiment neurotrope ?), la grippe (Aubriot, Roy). Enfin, il ne faut pas oublier que Jacod donne justement aux ultra-virus neurotropes dans le déterminisme de cette affection une place qu'il juge prépondérante. Nous passons rapidement sur les autres causes entrevues : rhumatismes, choléra (Lory), blennorragie (Lazarus), ictères (Gérhardt), puerpéralité.
Si nous voulons en rester dans le domaine classique, nous sommes bien forcé d'admettre que, de beaucoup, les causes les plus nettement prouvées sont des compressions, nerveuses.
NE
D. — Les compressions nerveuses.
En première ligne, le cancer de l'æsophage. Le mécanisme est facile : englobement des deux récurrents ou englobement d'un seul et métastase ganglionnaire comprimant l’autre, névrite cancéreuse ou névrite de voisinage. Mais avant de continuer cette énumération, nous ferons remarquer une chose : la possibilité de lésions diverses produisant sur certaines fibres de l’irritation, sur d’autres une paralysie : ce fait, déjà signalé par Ziemmsen, et rejeté superbement par -Deygas, s'avère de plus en plus vrai, et rappelons-nous que pour Terracol c'est dans cette association de lésions diverses qu'il faut voir la cause même de la diversité des allures cliniques.
Le corps thyroïde vient en deuxième ligne dans leur statistique, Collet et Piaget relèvent trois cas qui lui sont imputables. On peut logiquement penser qu'une thyroïdite simple ou suppurée peut produire un tel tableau clinique par infection de voisinage. En réalité, on n'en trouve pas de cas dans la littérature. Seuls sont responsables les tumeurs thyroïdiennes bénignes et malignes : elles écrasent le nerf au niveau du pôle de la thyroïdienne supérieure; elles produisent l’élongation des troncs nerveux; des hémorragies intrakystiques refoulent ces derniers, des adhérences les plaquent contre la capsule. Et pour le Professeur Lemaître, l'apparition d'une paralysie laryngée, surtout bilatérale, chez un sujet porteur d'une néo-formation thyroïdienne, doit entraîner immédiatement l'intervention, car c’est un signe de cancérisation, et 1à, la paralysie bilatérale due aux effets habituels du cancer ne sera qu'un épiphénomène qui hâtera la fin.
I était classique, au début de ce siècle, d'assigner aux adénopathies bacillaires un rôle dans la genèse des paralysies doubles. Gérhardt signalait déjà, en 1863, le phénomène curieux de la variabilité des symptômes glottiques dont la régression ou les paroxismes pouvaient enregistrer avec