‹ Les Paralysies Faciales CongénitalesChapitre 24 sur 27 · A. — PARALYSIES CONSÉCUTIVES AUX APPLICATIONS DE FORCEPS · texte numérisé non relu

A. — PARALYSIES CONSÉCUTIVES AUX APPLICATIONS DE FORCEPS

Elles ont été récemment étudiées par M. Magne, élève de M. Démelin. (Thèse de Paris, 1906, n°42). Signalées, dès 1837, par Vernais, elles ont été, comme nous l’avons vu, mises hors de contestation par Paul Dubois. Cliniquement, la paralysie se reconnaitra à ce qu'elle apparait immédiatement après la naissance, dès les premiers cris. Mais elle ne se voit que si le malade crie ous'agite. Pendant son sommeil, en effet, elle reste absolument latente, ce qui provient de ce que chez le nouveau-né les muscles de la face ne sont pas encore très développés et ne possèdent qu’une faible tonicilé (Landouzy). Fait curieux, cette paralysie ne s’accom-

pagne jamais d’epiphora, la sécrétion lacrymale étant,

chez le nouveau-né réduite au minimum (Comby) ni de conjonctivite. Le voile n’est pas divisé. L'état de la langue. est variable. La paralysie est toujours unilatérale, iln'existe, en effet, qu’un cas de paralysie double (Edgeworth}, d’ailleurs des plus douteux ; elle parait frapper presque exclusivement les muscles innervés par la branche temporo-faciale de la septiéme paire (Magne) l'évolution est bénigne, la paralysie guérissant au bout de deux à six semaines (Landouzy).. Cependant il existe des cas où il persiste une paralysie incurable. « Chez une fillette de seize mois, observée le 23 février 1897, il existait une paralysie faciale gauche complète avec distorsion des traits, œil toujours ouvert depuis sa naissance et ayant succédé à une application de for ceps. Quoique l'enfant füt électrisée depuis plus de dix mois, la paralysie persistait, et elle m'a semblé incurable. » (J. Comby.) Quant au mécanisme il est simple. Dans la plupart des cas, la compression produite par les branches du forceps ne porte pas sur le cerveau, comme le montrent l’unilatéralité des symptômes, l’absence de contractures, de convulsions, la localisation exclusive des troubles moteurs au territoire du facial, les caractères de la paralysie qui sont ceux d’une paralysie périphérique.

On peut, par de semblables arguments, dit M. Magne, éliminer toute possibilité de lésions frappant le nerf dans son trajet intracranien et intrapétreux depuis le bulbe jusqu’au trou stylo-mastoïdien. Anatomiquement, la mastoïde est pour lui une protection suffisamment efficace. D'ailleurs cet os se trouve en dehors des points d'application du forceps du moins dans les applications régulières suivant le

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diamètre occipito-mentonnier, au cours desquelles se produisent pourtant la majorité des paralysies faciales.

Enfin, cliniquement, celles-ci se présentent avec tous les symptômes d'une paralysie de la partie extrapétreuse du nerf comme le montre l'intégrité du voile.

Le facial ne peut donc être lésé par le forceps qu'à partir de son émergence du canal de Fallope : mais quels sont les points de cette portion extra-pétreuse qui sont le plus exposés à la compression ? La plupart des auteurs admettent que celle-ci porte habituellement sur le nerf facial, à sa sortie du trou stylo-mastoïdien, ce qui est contesté par M. Magne, pour lequel la partie du nerî le plus fréquemment atteinte, c'est la partie de la branche temporo-faciale qui croise la branche montante du maxillaire inférieur. Reste encore à savoir si la situation du forceps par rapport au facial, au moins dans les applications régulières, lui permet de comprimer le nerf en son seul point vulnérable. Dans une prise idéale suivant l’axe occipito-mentonnier, la surface d'application de la jumelle antérieure du forceps dans le cas d'application régulière passe juste au point où l'anatomie topographique nous a montré que le facial était susceptible d’être comprimé. Il arrive parfois que les cuillers, tout en restant suivant l'axe occipito-mentonnier, ne sont pas placées à fond, la lésion est alors produite évidemment par un point de la jumelle antérieure plus rapproché du bec de la cuiller ou même par ce dernier.

En cas d'applications irrégulières, obliques, ou autres, nous avons vu que le facial ne saurait être comprimé, d'après ses dispositions anatomiques, ni à sa sortie du

trou stylo-mastoïdien, ni dans la partie de son trajet située

Sa au-dessous du conduit auditif externe. Là encore, le forceps doit, pour produire la paralysie, atteindre la branche temporo-faciale au niveau de la branche montante du maxillaire. (Magne.)

Les classiques, dans la production de ces paralysies, font jouer le principal rôle à la compression. Mais celle-ci peut manquer, comme le remarque déjà Landouzy et l'on est en droit de se demander avec M. Magne, si les tractions, le tiraillement exercé sur les tissus mous ne possède pas, dans certains cas, une influence prépondérante. Tantôt, dit encore M. Magne, prenant point d'appui sur la branche montante du maxillaire, le forcps ne faisant qu'une compression modérée tire sur le tronc du nerf par l'intermédiaire de la branche temporo-faciale, pincée entre lui et l'os ; tantôt dans les applications très lâches la jumelle

antérieure agit directe ment sur lui par l'intermédiaire des tissus sous-jacents.

Anatomie pathologique

Les lésions observées sont purement d’ordre histologique. |

Parrot et Troisier (Archives de Tocologie, 1876), ont établi que, dans ces cas, il s’agissait d’un véritable écrasement du nerf. Le bout périphérique du facial peut être complètement séparé du noyau moteur: il subit alors la dégénérescence wallérienne, déterminant (Duchesne) une

paralysie incurable.

Le nerf comprimé est gélatineux, gris-rougeâtre, la myé-

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