CHAPITRE PREMIER
Paralysies non obstétricales
Historique
Les paralysies faciales indépendantes de tout traumatisme obstétrical ont été décrites pour la première fois par Vogel, dans son Traité des Maladies de l'Enfance : cet auteur les attribue à une difformité congénitale du rocher. Roulland (/0co citato), après avoir longuementétudié les paralysies obstétricales, écrit : « Il existe une troisième classe de paralysies que peut présenter le nouveau-né, celle des paralysies dites congénitales, dont la cause est si obscure. Contractées in utero, leur origine réside souvent dans un défaut de développement du centre nerveux correspondant au groupe musculaire, ou dans une destruction nerveuse due à une hémorragie spontanée ou un traumatisme éprouvé à travers les parois maternelles. »
Depuis cette époque déjà lointaine, un grand nombre d'auteurs ont rapporté des faits de paralysie faciale congénitale, pour la plupart associéesà d'autres malformations
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ou paralysies, et, en particulier, à des paralysies des muscles du globe oculaire. \
On trouve des renseignements sur ces paralysies dans l'article de M. Bézy. Cet auteur, dans le Zraité des Maladies de l'Enfance (2° édition, t. IV, p. 618), consacre une brève description aux paralysiés faciales congénitales indépendantes de tout traumatisme obstétrical. Il rappelle les faits rassemblés par Cabannes en 1901, les cas de Marfan et Armand Delille, Comby, Souques et Haller, Léopold Lévi et Henri de Rothschild. « L'étiologie, dit-il, peut se résumer à ces mots : lésions congénitales atrophiques, plus ou moins étendues, du noyau du facial, agénésie du rocher malformations plus ou moins prononcées des organes voisins du pavillon de l'oreille, etc., absence ou atrophie du nerf lui-même... Ces diverses lésions peuvent varier et s’associer de façons très différentes. Leur cause première est peu connue et rentre dans l’histoire des arrêts de dévelodpement. » Comme symptômes, ceux qui sont véritablement spéciaux à cette variété de paralysie sont : 1° l'apparition dès la naissance ; 20 la juste position de certaines malformations, particulièrement du pavillon de l'oreille, du maxillaire, de l'os malaire, de l’apophyse mastoïde, du crâne, des muscles (atrophie faciale), des téguments : bride sous-cutanée dans le cas de Lévi et de Rothschild ; taches ; 3° les résultats de l’examen électrique qui révèlent l'intensité de la lésion. La paralysie étant toujours unilatérale, il n'y a pas lieu d'établir le diagnostic avec les diplégies faciales, telles que les paralysies bulbaïres ou speudo-bulbaires. Les affections scléreuses du cer-
veau, congénitales ou très rapprochées de la naissance,
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s'accompagnent presque toujours de paralysie ou de contractures éloignées, de troubles intellectuels, de convulsions. La paralysie faciale obstétricale se reconnait à ses antécédents. Enfin les malformations précitées de l'oreille ou des régions voisines, et aussi l’incurabilité, dans les cas difficiles, emportent le diagnostic. Le traitement se
réduit à peu près à rien.
Etiologie
L'étiologie de ces paralysies faciales congénitales est.
encore très obscure. Dans les antécédents héréditaires ou
personnels des malades, on ne trouve souvent aucune cause capable d'expliquer l’apparition de l’anomalie observée.
Geoffroy Saint-Hilaire, dans son Aistoire générale et particulière des anomalies, s'exprime ainsi : « Il s’en faut de beaucoup que la naissance d’un être anormal, même d’un être affecté de grave monstruosité, soit toujours précédée de circonstances anormales, soit avant, soit pendant, soit après le moment de la conception. Parmi les grossesses qui se sont terminées par un accouchement monstrueux, un grand nombre avaient eu un cours parfaitementrégulier, et leur triste résultat, tout aussi imprévu des médecins que des parents, n’a pas causé moins d'étonnement que d’affliction. On peut même ajouter, comme fait presque général, quant aux circonstances antérieures, que les femmes qui ont donné le jour à des êtres monstrueux, paraissaient de très bonne santé, et avaient eu déjà une ou plusieurs grossesses.
Der LE : e ee n : : ë Mais il est aussi des cas où divers indices peuvent, sinon
annoncer l'existence d’un être anormal au sein de sa mère, du moins faire concevoir quelques inquiétudes sur l'issue de la grossesse.
Les premiers indices résultent de la tendance que tous les êtres anormaux ont à transmettre à leurs produits les caractères organiques qu’eux-mêmes possèdent.
Enfin d’autres indices, au sujet du produit d’une grossesse, sont souvent fournis par les circonstances qui ont pu survenir pendant son cours. Si, dans certains cas, aucun signe anormal n’a précédé la naissance d'un être anormal ; . dans un grand nombre d’autres, la grossesse avait été troublée dans l’un de ses premiers mois par des causes diverses : maladies, chutes, mais surtout violences extérieures, ou mème impressions morales.
Dans notre cas, il n'existe, ni dans l’hérédité directe ou collatérale, ni dans les conditions dans lesquelles a évolué la grossesse, de circonstances capables d'expliquer le développement de la paralysie faciale. Il n'en est pas toujours
ainsi comme nous le verrons plus loin.
Variétés
Les paralysies faciales non obstétricales constituent deux variétés distinctes, suivant qu'elles sont liées ou non à
l’agénésie du rocher.