FAIBLESSE GÉNÉRALE; TREMBLEMENT VV BRAS DROIT; DOUBLE AMAUROSE AVEC
LÉGER STRABISME. (Suit« d'apoploxie.)
Obs. V. — A. Hiller, homme de 65 ans, employé dans un marché public, souffrait depuis trois ans d'une violente céphalalgie semi-latérale intermittente. Peu à peu il perdit complètement la vue. La céphalalgie augmenta et s'accompagna d'un violent tremblement du bras droit, du môme côté que la céphalalgie ; il survint ensuite une faiblesse telle qu'il ne pouvait pas se lever ; il se plaignait d'éprouver des frissons par tout le corps. On ne pouvait méconnaître l'amaurose ; il y avait un léger strabisme ; les pupilles étaient dilatées d'une façon anormale, un peu allongées et insensibles à la lumière ; la cornée claire et transparente ; nulle part trace d'inflammation. Hiller ne percevait pas le moindre rayon lumineux, était d'ailleurs très-abattu et parlait beaucoup de mourir.
Le 1T avril 1807, le docteur Lœbenstein prescrivit 4 grains de phosphore dissous dans une demi-once d'éther, à prendre 2-5 à 30 gouttes toutes les deux heures, et, en outre, des frictions avec de l'alcool. Le 27 avril, le malade était encore sur son lit, mais, pour la première fois, bien disposé et de bonne humeur; la céphalalgie n'était pas revenue; le tremblement du bras droit avait complètement disparu; mais il n'y avait rien de changé aux yeux. Au commencement de mai, on suspendit pendant quelques jours l'usage du phosphore, qui produisait des nausées et une sensation de brûlure dans l'estomac, puis on fit des frictions d'éther phosphore sur le front et les paupières jusqu'au 9 juin.
Le 10 juin, le malade fut congédié conjplétement et définitivement guéri. Cependant il ne put dès lors jamais plus lire les caractères imprimés ou manuscrits, quoiqu'il vît très-clairement et que ses yeux ne présentassent aucun signe de maladie. (Lœbenstien von Lœbel, //orn'i Archiv fur niedicinische Erfahrungen, 1812, 1" cahier, p. 84-9'i.)
HÉMIPLÉGIE droite; PARALY.'^IE DE LA SENSIBILITÉ DU MÊME COTÉ; SUITE d'aménorrhée.
Obs. "VI. -Une jeune villageoise fut mordue à l'âge de 5 ans parun chien que l'on croyait enragé. Deux mois après cet accident qui lui causa une
vive frayeur, elle fut frappée d'un terrible paroxysme épileptiquo qui reparut au bout de vingt-quatre heures. Les accès devinrent de plus en plus fréquents, de sorte qu'à la fin de la deuxième année ils se renouve^ laient trois fois par jour. On mit alors en usage les remèdes appropriés, qui continués pendant deux ans et secondés par les bains de Montecatini, dissipèrent l'épilepsie; mais cette affection fut remplacée par une gastrodymie continue, accompagnée d'une dyspnée irrégulièrement intermittente.
La jeune fille devint pubère à l'âge de 14 ans, et le flux menstruel diminua considérablement ses souffrances. Mais peu de temps après elle fut -attaquée par des voleurs et tellement épouvantée, que ses menstrues qui coulaient alors se supprimèrent tout à coup.
Elles furent suppléées, dans le court espace de quelques heures, par une hématémèse. Le sang continua de prendre cette route, sans qu'il fût possible de le rappeler vers les voies naturelles. Les membres Ihoracique et abdominal du côté droit furent en même temps frappés d'un engourdissement profond qui dégénéra bientôt en une paralysie complète. Reçue au grand hôpital de Florence, la malade fut traitée par divers médecins alternativement pendant plusieurs années, et toujours sans succès. Elle était regardée comme incurable, lorsque le docteur Pouzoni crut devoir tenter l'emploi du phosphore. Il en incorpora un grain avec une quantité suffisante de sirop et de poudre de réglisse pour former quatre pilules, que la malade prit dans l'espace de douze heures, et qu'elle continua pendant trois jours. Ces pilules renouvelèrent la gastrodymie et l'hématémèse sans apporter aucun soulagement à l'affection paralytique.
Le docteur Rossi proposa de renoncer à l'usage intérieur du phosphore, et d'appliquer ce corps combustible sur la partie malade.
On fit en conséquence dissoudre un grain de phosphore dans une once d'huile d"olive, et la première friction avec ce liniment développa dans les membres paralysés une sorte de fourmillement qui fit concevoir les plus flatteuses espérances. En effet, dès le lendemain le fourmillement devint plus remarquable; le surlendemain le pouce elle doigt indicateur exécutèrent des mouvements de flexion et d'extension, et dans le court espace d'une semaine les membres recouvrèrent le .sentiment, le mouvement et la force, anéantis pendant une longue suitç d'années. (Targioni-Tozzetti, Journal de littérature, sciences et arts de Fisc. 1809. Bibliollièque de thérapeutique de Buyle, t. II, p. 82.)
HÉMIPLÉGIE, SUITE d'aPOPLEXIE.
Obs. "VII. - Uufeland raconte que dans ce cas le pliosphore réussit très-hi^în. Il l'employait on frictions faitps avec le lit^irae©! Sryiv.-^nl :
Pho$phore Camphre . .
Axonge. . .
10 grains.
3 gros.
1 once.
{Journal de Hufeland, 1811, t. VII, p. 80.)
HÉMjPLÉco: droite; paraltsie de la sensibilité du même côté, a la soni
Obs. VIII.— Le malade avait été atteint de cette paralysie après avoir porté des habits mouillés; il fut rapidement guéri par le phosphore dissous dans l'huile d'olive et employé en frictions sur les membres paralysés. Ces frictions produisirent une éruption herpétique sur les parties où elles furent faites. Dès le troisième jour de l'apparition de l'exanthème, la sensibilité et le mouvement revinrent d'abord à la figure et à la partie supérieure du bras et de la cuisse, puis peu à peu aux doigts et aux orteils. L'engourdissement et la difficulté des mouvement! qui persistèrent, cédèrent à l'usage interne de l'arnica. (D' Fr. Ad. Ko©chling, Horn's Archiv — ScfimidCs Jahrbucher, t. X).
Saus doute ou ne sera pas étonné en me voyant relater ci-après quelques observations de convulsions guéries par le phosphore, car les convulsions forment le cortège habituel des paralysies, et leur guérison démontre également l'action élective du phosphore sur le système musculaire; action élective déjà constatée depuis un siècle comme vont le prouver les deux observations suivantes :
spasme cvaiQUE; strabisme; rétraction d'un pied'J demi-paralysie