‹ Les paralysies phosphoriquesChapitre 6 sur 51 · CONVULSIONS, TREMBLEMENT ET DÉBILITÉ DE TOUT LE COTÉ GAUCHE · texte numérisé non relu

CONVULSIONS, TREMBLEMENT ET DÉBILITÉ DE TOUT LE COTÉ GAUCHE

Obs. XII. — Une femme de 19 ans avait éprouvé à plusieurs reprises de la lassitude dans le bras et la jambe gauches, symptôme qui s'était dissipé après plusieurs semaines. Elle fut remplacée par une affection spasmodique dans laquelle il y eut d'abord un sentiment de formication dans le côté gauche du corps. Il survint ensuite des convulsions du bras, de la jambe, du pied et de la face du même côté. L'attaque dura une minute environ, et laissa après elle des douleurs, des tremblements et de la débilité du côté gauche. Après avoir vainement tenté tous les moyens, Bennekenius administra 3 grains de phosphore sous la forme de bol. Après que la malade en eut pris 18, le spasme cessa. (Bennekenius, Commeritarii de rébus in scienlia nalurali et rnedicina gestis, 1763, t. II, p. 529. Bibliothèque de thérapeutique de Bayle, t. II, p. 10.)

CONVULSIONS DE TOUT LE CÔTÉ DROIT. GRANDE FAIBLESSE DU CÔTÉ GADCRG SYMPTÔMES APOPLECTIQUES.

Obs. XIII. — Je fus appelé au mois de novembre 1804 pour voir une femme âgée de 62 ans, maigre, faible, pâle, sujette depuis quelques

mois à de violents maux de lêle. Elle avait été saisie tout à coup, à six heures du soir, sans cause connue, d'un vertige et de convulsions violentes du côté droit; elle avait une grande faiblesse du côté gauche, mais pas de paralysie. Les convulsions se succédaient rapidement; chaque attaque devenait plus violente et offrait ceci de particulier que les pupilles qui étaient dilatées, se dilataient davantage pendant les attaques, et restaient toujours plus dilatées dans les intervalles; elles oscillaient d'une manière convulsive très-remarquable, symptôme qui n'est pas rare dans l'hydrencéphale et dans l'apoplexie, et qui, dans ce temps-là, me portait à croire qu'il se faisait un épanchement dans les ventricules. Le pouls était faible et fréquent. Je n'osai pas la saigner!; les vésicatoires et les autres stimulants eussent agi trop lentement, ce n'était pas le cas de l'émétique. Je lui donnai la solution huileuse de phosphore à la dose d'une cuillerée à café d'heure en heure. Dès la seconde dose elle fut mieux. On continua le remède; les convulsions se calmèrent. A onze heures, elle était faible, se plaignait de douleurs générales, de pesanteurs dans la tête ; le pouls était plein, développé, la peau chaude, la figure colorée; elle eut une nuit assez agitée, mais le lendemain elle se leva et fut promptement rétablie. Je lui donnai des soins pour ses douleurs de tête, qui cédèrent à un traitement régulier. Elle mourut d'anasarque plusieurs années après. (Coindet, Mémoire sur l'hydrencépliale, Genève, 1817, p. 206.

PARALYSIE DE LA MOTILITÉ ET DE LA SENSIBILITÉ DES QUATRE MEMBRES, DES SPHIN'CTERS VÉSICAL ET ANAL; DEMI-PARALYSIE DU PHARYNX, DE LA lANGUE ET DES MU.SCLES RESPIRATEURS (SYMPTOMES APOPLECTIQUES ') ; GUÉRISON TAS- SAGËRE.

Obs. XIV. — Une femme âgée de 48 ans, mère de plusieurs enfants, était atteinte, un mois avant son entrée à la Polyclinique de Berlin, d'une fièvre tierce qu'elle avait négligée. Un jour, au commencementde l'accès, la malade tomba par terre avec perte de connaissance; elle revint cependant à elle au bout de quelques heures, mais elle se trouva paralysée.

Les accès de fièvre n'étant plus aussi réguliers qu'autrefois et ne se terminant plus par des sueurs ni par des urines, la paralysie augmenta de jour en jour, et à la fièvre intermittente succéda une fièvre rémittente.

Le 26 avril, les quatre membres étaient privés de mouvement et de sensibilité ; les selles et les urines coulaient involontairement, la déglutition, les mouvements de la langue et la respiration ne s'exécutaient 'qu'avec difficulté; il y avait ohute des paupières supérieures. La malade

i)«ait conservé louU> son intelligence; elle répondait en bégayant, maiS: &nçore avec précision.

Le 1" mai, somnolence, perte de l'appétit; les extrémités inférieures commencent à s'atrophier, il se déclare un asthme opiniâtre. On prescrit deux grains de phosphore dans 2gros 1/2 d'élhersulfurique, à prendre quatre fois par jour, 25 gouttes dans une décoction de salep.

Les effets de ce remède se manifestèrent déjà le 3. L'excrétion des urines et des selles ne se ftt plus involontairement ; la malade se sentit plus de force dans les extrémités supérieures, et put même, avec ses mains, porterune cuillerée de vin à la bouche. Les extrémités inférieures résistèrent un peu plus longtemps à l'action du remède, cependant la somnolence se perdit peu à peu, la transpiration se rétablit, et bientôt elle fut en état de se traîner quelques pas dans sa chambre.

Le 13 mai, on prescrivit encore le phosphore de la manière suivante :

Phosphore 2 grains.

Huile de pavot 3 gros.

Gomme arabique 4 onces.

Eau de Fenouil 4 —

A prendre une cuillerée quatre fois par jour.

Le 14 mai, la malade se trouva beaucoup mieux et pouvait parler plus facilement.

Cependant l'asthme et le décubitus firent des progrès, et à ce moment la malade fut négligée par ses gardes, qui ne lui donnèrent plus ses remèdes avec l'exactitude nécessaire.

Aussi la maladie, restée stationnaire pendant quelque temps, fit bientôt des progrès: le mouvement des extrémités diminua visiblement; les forces s'épuisèrent; la fièvre devint continue; le pouls petit, accéléré, intermittent, et la malade expira dans un accès d'asthme. {HufelancT s journal, 1811, 6 st., p. 72. — BibLiollièque de bliérapentique de Buyle, t. 11, p. 45.)

PARALYSIE DE LA LANGUE ET DE LA VUE CHEZ UNE JEUNE FILLE A LA SUITE d'un IIEPROIDISSEMENT ET DE LA SUPPRESSION DES RÈGLES.

Obs. XV. — J. Worm, fille de service, âgée de i'8 ans, douée d'une forte et solide constitution, charnue, épaisse et extraordinairement phlegmatique, prit un refroidissement à la suite de nombreuses averses pendantlafenaison del'annéel 813, précisémentà l'époque de récoulemenl menstruel. Le soir même, atteintedes frissons de la fièvre, elle éprouva des tiraillements partout te corps, de violentes douleurs, du malaise, de )a pesanteur dans tous les membres, une soif inextinguible avec une

clialour brûlante, et ses règles s'arrêtèrent. Le lendemain d'une nuit sans sommeil, elle se plaignait d une sensation particulière dans la région frontale, tout lui paraissait sombre devant les yeux, et elle parlait d'une façon très-inintelligible.

Page 1