‹ Les parasites drame en cinq actesChapitre 58 sur 85 · I.E COMTE, saluant froidemonl, à Henri · texte numérisé non relu

I.E COMTE, saluant froidemonl, à Henri

Ah 1 vous êtes ici, mon cher Pcrier ! je vous croyais à Montgeron.

HENRI

J’en arrive... Maxime m’avait fait demander... 11 est sur le point d’avoir un procès avec un éditeur et il voulait me consulter.

MAXIME, devant la porte de gaucho.

Oui... en effet ! i’allaire même est assez grave.

LE COMTE

Ah 1 eh bien I moi aussi une affaire importante m’a fait venir sur-le-champ à Paris... et avant de m’en retourner j’ai voulu...

HENRI, essayant de sourire.

Rendre une visite à votre sculpteur ordinaire.

LE COMTE

Non ! je suis venu chercher ma femme.

HENRI

Votre ?...

LE COMTE

Ma femme, oui ! Est-ce que vous ne l’avez pas vue ?

HENRI

Madame la comtesse n’est- point encore venue ici, que je sache.

LE COMTE

Tiens 1 elle avait manifesté ce matin l’intention de passer chez Maxime après avoir fait ses emplettes, pour lui reprocher sans doute de n’êire pas venu nous voir depuis au moins huit jours et pour l’inviter à diner demain ; nous avons grande réception à Montgeron. Enfin ! vous me dites qu’elle n’est pas encore venue ?

Monsieur le comte, je n’ai pas eu l’honneur de la visite que vous me faites esperer.

LE COMTE il aperçoit un mouchoir sur la chaiso à gauche, il s’en approche . avec précaution, et tout en parlant.

Ah ! cela est très-singulier ! Ce malin elle devait venir ici pour vous inviter, Maxime, comme je vous le disais, et ensuite, je crois, pour vous prier de faire le buste de Renée... semblable au sien, qu’elle trouve décidément charmant. Alors, c’est qu’elle va arriver... je vais l’attendre... (il s’assied h gauche et prend le mouchoir en même temps.)

HENRI h Maxime qui laisse échapper un gesto de colère, bas.

Prenez garde !... (Au comte.) Madame de Caslelneuf, ditesvous, trouve son buste charmant 1 il me semblait cependant qu’elle n’appréciait qu’à demi le talent de Maxime.

LE COMTE

Bah l pourquoi cela?... Parce que ma femme n’était pas toujours très-aimable avec lui !... Qu’est-ce que cela prouve! qu elle connaît mon caractère un peu ombrageux peut-être et qu’elle craint de me tourmenter, (pendant tout le temps qu’il parle, le comte cherche la marque du mouchoir. Aussitôt qu’il l’a trouvée il laisse échapper un geste de désespoir et met le mouchoir dans la poche de côté de son habit j continuant avec une grande dignité.) Elle se trompe, je respecte infiniment trop la comtesse pour la soupçonner !... (avec un sourire.) Je ne m’en cache pas, j’aime Valentine comme si j’avais encore vingt ans I je l’aime de tout mon cœur, car jamais femme ne mérita plus de respect et ne se montra plus digne de son rang et de son nom. (se levant.) Et mainlenantmessieurs, pardonnez moi de vous avoir tenus aussi longiemps pour en arriver à faire ce panégyrique qu'on trouve généralement assez ridicule dans la bouche d’un mari, mais dont je m’acquitte moi, comme vous le voyez.

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