SCÈNE II
HENRI, MADEMOISELLE MOREL. Ils sortent de la Chambre
de gaucho.
MADEMOISELLE MOREL, lui sorrant les mains.
Oh! vous êtes bon, monsieur Henri!... Tenez, je l’ai toujours dit : vous êtes boni
HENRI
Mademoiselle...
* MADEMOISELLE MOREL
Pardonnez-moi si j’ai hésité à vous faire ma pénible confidence ; c’est que je sentais rnoi-même combien je suis indigne de votre bienveillance. . . Aussi, maintenant, je compte sur votre généreux appui, parce que, voyez-vous, monsieur Périer, comme je vous le disais : je suis la plus malheureuse des femmes! (Elle se met h pleurer.)
HENRI
Calmez-vous 1
MADEMOISELLE MOREL
Me chasser après dix ans de soins affectueux, de tendre dévouement ! Oh ! j’en mourrai !
Voyons! Je vous ai promis de faire revenir le docteur sur sa décision.
MADEMOISELLE MOREL
Hélas! mon bon monsieur Périer , vous ne savez pas combien on m’a noircie à ses yeux, vous ne savez pas...
HENRI, l'interrompant et lui prenant les mains.
Je sais que vous êtes une bonne mère.
MADEMOISELLE MOREL
Oh! merci! C’est ce Maxime, mon cher monsieur Pcrier, qui m’a perdue dans l’esprit du docteur!
HENRI
Maxime?
MADEMOISELLE MOREL
C’est lui! le docteur me l’a avoué lui-même.
HENRI
Et mon oncle a osé...
MADEMOISELLE MOREL
Il ignorait que vous fussiez si bien instruit.
HENRI
Eh bien! rassurez-vous, mademoiselle : j’ai reculé jusqu’à ce jour devant une explication pénible pour tous deux; à celle heure, je n’ai plus le droit d’hésiter. Les membres d’une famille sont solidaires les uns des autres, (il romonto.)
MADEMOISELLE MOREL, l’arrêtant.
Encore un mot !
Vous voulez m’exprimer votre reconnaissance; n’en prenez pas le soin. .
MADEMOISELLE MOREL
Vous permettrez bien à une mère de vous bénir... et de vous faire une petite observation...
HENRI
Laquelle?
MADEMOISELLE MOREL
C’est qu’une explication entre vous et le docteur ne me parait pas devoir amener le résultat que vous attendez.
HENRI
Alors que dois-je faire?
MADEMOISELLE MOREL, bas et très-vilo.
Éviter, au contraire, de voir votre oncle pendant quelque temps, et vous contenter de lui écrire... de lui écrire que s’il