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AVANT-PROPOS

Pour répondre au programme du concours ouvert par la ville de Nancy en vue de l'établissement d'un parc, il était nécessaire de s'inspirer des besoins de la ville, de ses sentiments artistiques, de ses traditions et des lois de l'hygiène moderne.

Les origines de Nancy, ses richesses artistiques, sa situation de première ville de l'Est imposaient donc aux concurrents l'obligation d'écarter toute conception qui aurait eu pour résultat de faire mesquin et petit ; de faire banal ou prétentieux.

La surface de sept à huit hectares mise à la disposition des concurrents indique suffisamment cette préoccupation de la part de la municipalité qui a institué le concours et c'est, partant de ces idées, que nous avons établi le projet initial et ses variantes portant tous trois la devise :

Cuique Suum.

Exposé technique. — En consultant l'énoncé du concours, article premier, deux questions se posent :

1° Le projet doit-il être un projet complet de grande voirie avec des avenues en prolongement des rues à travers un parc ou jardin public qui ne serait qu'un accessoire nécessaire à ce projet, ou bien :

2° L'objectif principal du concours doit-il être le parc et la voirie ne doit-elle lui être annexée que comme encadrement, en s'harmonisant et se raccordant avec ses allées, tout en permettant la circulation nécessaire aux nouveaux terrains lotis pour bâtir et en reliant suffisamment entre elles les rues existantes.

D'une part le percement d'une grande avenue à travers le domaine Sainte-Marie et le terrain des Sœurs de la doctrine chrétienne, reliant en droite ligne la rue Sainte-Marie, soit à la rueFélix-Faure, soit au chemin du Placieux, et d'autre part, la création d'avenues reliant les rues existantes, pouvaient être de prime abord à examiner.

La découpure qui serait faite par une grande avenue aurait été trop peu en rapport avec les voies adjacentes et aurait divisé le parc à faire

en deux parties, ce qui lui aurait enlevé de l'ampleur à moins de ne le constituer que sur un côté de cette avenue. On perdrait alors le bénéfice

Fig. 435. — Quelques détails du projet de Valence.

d'une partie des arbres existants et indiqués comme devant être conservés. De plus, pour la motiver, il aurait fallu perdre une grande surface de terrain destinée à créer des ronds-points à ses deux extrémités.

Les rues avoisinantes sont, pour la plupart, des rues de 12 mètresr sauf la rue Jeanne-d'Arc qui en a 14. Est-il nécessaire de les relier entre elles par des avenues? Nous avons pensé qu'une rue de 12 mètres faisait plus logiquement suite à une rue de 12 mètres que de trop larges avenues qui seraient venues inutilement user du terrain et amoindrir le parc.

Fig. 436. — Ville de Valence (ce qui a été exécuté).

Nous en avons toutefois étudié le percement possible sur une de nos variantes.

La deuxième façon d'envisager la question proposée nous a semblé répondre le mieux aux besoins d'une ville comme Nancy.

Elle permet de créer un endroit plus spécial où l'air et la lumière abondent, apportant ainsi à ses habitants le bienfaisant repos offert par la grande nature en même temps que le charme qui peut se dégager d'une conception plus large et bien comprise. Le parc, mieux que les grandes avenues aussi bien plantées soient-elles, remplit certes ce but et a l'avantage de pouvoir offrir aux enfants des écoles, le jeudi et le dimanche, des emplacements de récréation où ils peuvent, tout en jouant en sécurité, puiser le goût si délicat des fleurs et des plantes. Les grandes personnes y trouvent également un but de promenade et de distraction, les sociétés locales et la municipalité, un endroit et un cadre élégants appropriés à l'organisation de fêtes de bienfaisance. C'est une attrac-

tion de plus à ajouter à la Ville, c'est le complément de son musée ; de ses monuments; c'est un attrait pour les étrangers qui visitent le pays,

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Fig. 437. — Concours de Nancy, état de lieux.

c'est le calme, le charme et le bien-être au milieu de l'encombrement commercial et industriel et du brouhaha des affaires.

Implantation du parc et disposition des voies. — Partant de cette idée, notre première préoccupation a été de chercher le moyen d'implanter un parc de 7 à 8 hectares de surface d'aplomb sur les rues existantes, en

maintenant strictement les arbres indiqués au plan du concours comme devant être conservés et en lui donnant, aussi bien dans le sens de sa longueur que dans le sens de sa largeur, le maximum d'étendue correspondant à des points de vue embrassant les limites extrêmes du terrain.

L'hôpital militaire était tout indiqué comme fond de tableau et Taxe longitudinal devait nécessairement partir de Taxe de son entrée principale. Nous avions pensé tout d'abord à mettre cet axe perpendiculaire à la grille d'entrée de cet hôpital, mais la ligne ainsi obtenue et qui devait, à notre avis, servir de base de direction aux rues à créer longitudinalement, divisait trop diagonalement le terrain pour permettre un ensemble harmonieux avec les rues déjà existantes. La rue Pasteur étant sensiblement parallèle à l'avenue de La-Garenne, notre axe longitudinal devait être parallèle à cette rue, entraînant ainsi Taxe transversal, forcément perpendiculaire à Taxe longitudinal, à être perpendiculaire à ces deux voies. Cette disposition nous a permis d'apporter dans le percement de nos nouvelles rues une cohésion et un esprit de suite démontrés par le plan d'ensemble. Cela nous a également permis d'avoir, longeant la limite nord-est du Domaine de Sainte-Marie et perpendiculairement à la rue Pasteur, une rue prolongeant la rue Graffiguy jusqu'à l'avenue de La- Garenne qui sert de base à tout notre système de voirie, puisque quatre rues nouvelles sur cinq créées sur le terrain acheté aux Sœurs de la Doctrine chrétienne lui sont perpendiculaires de même qu'à l'avenue d'accès du parc partant de la rue Jeanne-d'Arc.

Le prolongement de la rue Dupont-des-Loges, soit en ligne droite, soit perpendiculairement au grand axe, jusqu'à l'avenue de La-Garenne était également à examiner.

A notre avis, il avait l'inconvénient, dans notre projet, de morceler le parc en lui supprimant de l'ampleur. Nous y avons remédié en déviant cette rue suivant un tracé allant passer devant l'hôpital militaire pour revenir uniformément se raccorder à l'avenue de La-Garenne, formant ainsi un encadrement harmonieux à notre parc et à sa perspective centrale, nous réservant toutefois d'en établir le principe sur une variante, mais suivant un tracé permettant de conserver tous les arbres indiqués.

Le parc ainsi créé, il fallait une voie d'accès le mettant en commu-

nication avec le centre de la ville. A cet effet, on était tenté de conserver l'avenue existante à cause des arbres qui y sont plantés de chaque côté, mais cette conservation avait l'inconvénient de rendre inutilisable pour la construction toute une zone de terrain et, étant donné le mauvais état et l'âge de ces arbres (ormes pour la plupart en train de mourir) , nous avons abandonné cette idée.

Le prolongement de la rue Sainte-Marie jusqu'au parc aurait été tout indiqué, s'il n'avait eu l'inconvénient de couper les terrains à lotir suivant une ligne biaise peu en rapport avec les autres voies. Nous avons adopté un système de fourche dont une des branches est le prolongement de la rue Sainte-Marie et dont l'autre va se rattacher à la rue Jeanne-d'Arc. Du point de jonction de ces deux branches part une avenue d'accès dont la largeur, grâce à la disposition prise, a pu être portée, sans non-sens, à 17 mètres puisqu'elle sert de déversoir à deux rues.

Lotissement. — De ces dispositions est résulté pour tous les terrains mis en valeur, un lotissement rationnel et parfaitement applicable. De plus, dans toute la partie nord-est du domaine de Sainte-Marie se trouve une zone d'une certaine largeur qui n'a d'arbres que dans sa partie avoisinant notre grand axe ; nous en avons profité pour créer dans cette partie centrale un emplacement spacieux pour un kiosque à musique, en réservant pour le lotissement tout le restant de cette zone longeant la rue de Grafligny prolongée sur une profondeur de 30 mètres. Les constructions qui y seraient élevées, suivant des plans uniformes à établir et suivant des servitudes à déterminer, auraient, à l'instar de celles bordant le parc Monceau à Paris, leurs entrées particulières sur le parc aux heures où il est ouvert au public, avantage qui doit en augmenter la valeur.

Genre adopté. — Le genre paysager devait être, à notre avis, adopté pour la partie embrassant le domaine de Sainte-Marie, en raison des arbres de toute beauté qui existent sur cet emplacement, qui sont indiqués à juste raison comme devant être conservés et qui ne pouvaient être convenablement utilisés qu'avec ce style.

Si le même genre avait été adopté dans la partie d'emprise des terrains des Sœurs de la Doctrine chrétienne, complètement dépourvue de grands arbres, on aurait difficilement mis en harmonie de grandeur et de déve-

loppement les plantations nouvelles à faire en cet endroit avec celles déjà existantes sur la première partie. Il y aurait eu pendant longtemps une discordance tellement choquante que nous n'avons pas hésité à adopter pour cette deuxième partie un style nettement en opposition avec le premier — le genre français — , mais concordant, on ne peut le nier, avec l'histoire même de Nancy. A genre différent, plantation différente, et pour bien accentuer encore cette différence, nous avons créé, à la jonction du jardin français et de jardin paysager, une terrasse dont l'effet décoratif ne nuira ni à l'un ni à l'autre, mais qui en sera, au contraire, le complément nécessaire.

Le genre français nous a permis, tout en apportant un attrait nouveau à notre point de vue central, de créer,' grâce à ses lignes régulières d'arbres, de vastes promenoirs desservant deux grands espaces consacrés aux jeux en plein air. La partie centrale de notre jardin français, avec son bassin, ses fleurs, ses arbres et arbustes taillés, ses bancs en exèdre, ses statues, ne manquera pas d'un certain caractère décoratif, et les constructions qui seront édifiées en bordure de cette partie en auront le bénéfice, ce qui peut constituer, à notre avis, une augmentation de valeur des terrains lotis.

Pour la partie traitée en style paysager, le terrain étant plat, suivant une pente régulière et très faible, il fallait songer à y créer des accidents de terrain assez importants pour en rompre la monotonie. Pour ce faire, il fallait des remblais pris soit à l'extérieur, ce qui aurait été assez onéreux, soit en trouvant motif à déblais compensant les remblais, tout en respectant dans l'un et l'autre cas les arbres existants.

Les déblais nécessaires nous sont fournis par nos vallonnements et par la création d'une pièce d'eau ou lac assez important dans la partie nord du Domaine de Sainte-Marie, sur l'emplacement le plus bas qui est absolument dépourvu d'arbres à conserver, et les accidents de terrain sont constitués, d'une part, à l'endroit choisi pour la source de la rivière alimentant la pièce d'eau, et, d'autre part, par le remblai de la partie française amenant une différence de niveau sur le grand axe entre elle et la partie en style paysager de 0,80. Les vallonnements sont accentués par le remblai, sur divers points de l'allée de ceinture, par le bombement des massifs et par les mamelons laissés dans les parties en déblais autour des arbres conservés.

Fig. 438. — Concours de Nancy, Projet présenté.

Nous avons toutefois étudié dans une de nos variantes une partie française divisant le parc paysager en deux et allant jusqu'à l'hôpital militaire qui ne manque pas de caractère, toul en conservant les arbres existants.

Le lac, rochers, barrages, etc. — Un parc sans effets d'eau n'est qu'un salon sans tableaux. Aussi n'avons-nous pas hésité, non seulement pour les motifs indiqués plus haut, mais encore à cause de l'attrait qui s'en dégage et du puissant appoint décoratif qu'il apporte au paysage avoisinant, à créer un lac d'une certaine ampleur. A grand parc, grand lac. Les patineurs, l'hiver, et ils sont nombreux à Nancy, y trouveront leur compte et la ville en tirera par la création d'un patinage réservé, une recette appréciable et susceptible de soulager les charges d'entretien. La surface du lac devait, pour en accentuer l'étendue perspective, être découpée par quelques îles. Deux ont été créées et reliées à la promenade; l'une contient un temple en ruines, l'autre deux salles de repos où les amateurs de solitude et de tranquillité pourront donner libre coursa leur rêverie; une troisième, plus importante, est consacrée à l'édification d'un pavillon pouvant être destiné soit au cercle des patineurs en hiver, soit à un Tea-Room, ouvert en toute saison et sur l'utilité duquel nous reviendrons plus loin.

Le lac est alimenté par une rivière desservant plus spécialement les points où se trouvent des cépées de bouleaux existantes. Élargie en ces endroits, les bouleaux se refléteront dans les eaux en apportant ainsi un nouvel élément décoratif. Une source placée à un endroit favorable alimente cette rivière et part d'un rocher servant de soubassement à une salle de repos. Celle-ci communique avec une grande salle verte.

L'endroit favorable était justement le voisinage de cette salle verte édifiée sur une proéminence de terre créée là, non seulement pour accentuer le vallonnement, mais encore pour amener un accident de terrain divisant l'horizon de vue partant de la terrasse de la partie française vers la rue Durival prolongée.

Des ponts rustiques et des passages à gué compléteront l'ensemble.

La déclivité du sol est compensée par des barrages nous permettant d'avoir des plans d'eau différents. Ces barrages, par la plantation de plantes aquatiques et, par la construction de rochers aussi bien que par le murmure des cascades, seront aussi un attrait nouveau pour la promenade.

Vers le lac, point le plus bas du parc, convergent les vallonnements, et l'allée de ceinture remblayée devient une sorte de terrasse le dominant.

Allées et promenoirs. Entrées. Grilles de clôture. — Un parc de l'importance de celui à créer comprend forcément, non seulement des allées réservées aux piétons, mais aussi des routes accessibles aux voitures et destinées — comme nous l'avons exposé plus haut — à relier entre elles toutes les rues aboutissant au parc. Toutefois, il doit rester entendu, à notre avis, que seules les voitures des promeneurs ou voitures particulières y auront accès, les voitures de commerce ayant toutes les facilités de circulation par les voies extérieures. C'est dans ce sentiment que nous les avons prévues.

L'allée de ceinture, seule, est bordée de trottoirs. Les deux autres traversant le parc en sont dépourvues pour éviter une trop grande largeur d'allée passant à travers les vallonnements. L'allée de ceinture aurait une largeur totale de H mètres comprenant 2 trottoirs de 2m,50 chacun et séparés de la chaussée empierrée par une bordure en ciment de 0m,17 sur 0m,15. La chaussée empierrée sans caniveaux pavés (nous les croyons inutiles dans un terrain aussi peu en pente) aura une largeur de 6 mètres, très suffisante pour assurer le passage des voitures qui devront circuler à une vitesse modérée. Les deux autres allées de voitures seront empierrées sur la totalité de leur largeur, soit 6 mètres.

Les allées de piétons, suivant leur importance, ont des largeurs de 3m,50, 2m,50 et 2 mètres.

Parla disposition adoptée pour l'allée de ceinture et pour les rues nouvelles, on peut facultativement interdire la circulation la nuit dans le parc sans nuire à la circulation générale ou la laisser libre jusqu'à certaines heures, tout en interdisant l'accès intérieur.

Des terre-pleins ou promenoirs ont été ménagés en dehors de ceux de la partie française, l'un dans l'angle Est du parc appelé la « pouponnière » et réservé plus spécialement pour les enfants et leurs bonnes, — un guignol était tout indiqué pour le compléter; — l'autre, le long des terrains appartenant à M. Génin, appelé « promenoir des chênes » et mettant en valeur les beaux spécimens existants à cet endroit. Ce promenoir pourrait être plus spécialement affecté au jeu de boules, jeu tout à fait en honneur parmi les petits rentiers.

Fig. 439. — Concours de Nancy, 1" variante.

Des entrées, au nombre de 6, ont été ménagées aux endroits les plus

favorables à la circulation ; seule, l'entrée face à l'hôpital militaire sera pourvue d'une grille d'honneur; les autres seront des grilles secondaires.

Le parc serait clos par une grille conforme au dessin fourni. Pour les grilles d'entrée, deux études sont données, Tune de style et l'autre en modern-style.

Pour la grille de style, nous avons cherché à faire aussi simple que possible en nous rappelant toutefois que la ville de Nancy possédait des chefs-d'œuvre de ferronnerie et qu'il était difficile de faire par trop simple pour ne pas jurer avec ce qui existe déjà. Sans avoir la prétention d'égaler ce qui existe, nous avons cherché à faire convenable. Nous avons même cherché à faire nouveau, c'est ce qui nous a entraîné à présenter du modern-style comme variante à notre projet.

La grille courante doit, à notre avis, pour les motifs énoncés plus haut, sortir des clôtures ordinaires employées et correspondre aux grilles d'entrées. Sa hauteur n'excéderait pas lm,30.

Dans le cas où la ville ne voudrait pas en supporter la dépense, la principale grille d'entrée serait seule exécutée en fer forgé et les autres grilles de clôture courante seraient à faire en fonte, ce qui diminuerait la dépense d'environ 40 p. 100.

Chalet de nécessité. Urinoirs. Kiosque à musique. Bancs. Abris contre la pluie. — On comprendrait difficilement une promenade de cette importance sans urinoirs et sans water-closets.

Quatre groupes d'urinoirs ont été prévus près des entrées, de façon à desservir aussi bien la voie publique que le parc. Un cinquième groupe a été prévu en mitoyenneté avec les water-closets à proximité du kiosque à musique, endroit où la foule est appelée à être la plus dense les jours de concerts. Un sixième groupe a été indiqué à l'extérieur du parc sur l'avenue de La-Garenne, à proximité de la caserne, afin de préserver la grille et les plantations du parc de ce côté.

Un seul groupe de water-closets nous a paru suffisant, aussi l'avonsnous placé, ainsi qu'il est dit plus haut, près du kiosque à musique, endroit où il est appelé à rendre le plus de services.

Pouvait-on faire un parc et oublier d'y installer un kiosque à musique? Pouvait-on négliger cet élément d'attraction, ce puissant facteur des

réjouissances publiques ? Quelest celui sur lequel la musique n'exerce pas

Fîg. 440. — Concours de Nancy, 2« variante.

une influence bienfaisante ? Aussi lui avons-nous consacré une place

d'honneur à l'extrémité de Taxe longitudinal et l'avons-nous muni de tout le confort nécessaire : ombre, buvette, chalet de nécessité, urinoir.

Fallait-il aussi oublier qu'on éprouve dans un parc public, plus que n'importe où, par le beau temps, le besoin de s'asseoir? Nous ne le pensons pas ; c'est pourquoi des bancs gratuits, en quantité suffisante, ont été prévus, dans ce but, indépendamment d'un service de sièges payants qui pourrait être installé.

De plus, des abris couverts avec bancs ont été également prévus à trois endroits différents et à proximité des entrées, afin de desservir facilement le parc et la voie publique en cas de mauvais temps. Cela nous a paru être, pour une ville comme Nancy, un complément indispensable au parc.

Points de vue. — L'art du paysagiste consiste surtout à faire paraître plus grand le terrain sur lequel il s'exerce, par la disposition des plantations, par les vallonnements et, plus particulièrement, par les points de vue.

L'ensemble de notre projet a été conçu de façon que, non seulement, aucun coin ne soit inoccupé, mais encore que toutes les parties du parc soient rendues visibles de loin aux visiteurs par des points de vue. Ceux-ci ont été placés aux endroits propices et embrassant le maximum d'étendue possible. Deux des principaux suivent presque les deux axes du terrain et joignent les extrémités les plus éloignées de façon à mettre sous l'œil du visiteur, à son entrée dans le parc ou à son passage sur l'allée de ceinture, le plus de perspective possible, lui donnant ainsi l'impression de la grandeur du parc.

Les autres sont assez nombreux pour ne rien laisser passer inaperçu et notre souci, en les traçant, a été non seulement de contenter la vue, mais aussi d'intéresser le visiteur à chaque moment de sa promenade.

Les plantations. — Les plantations se divisent en trois parties : 1° Plantation d'alignement (partie française, avenue d'accès et trottoir extérieur du parc, avenue de La-Garenne) ; 2° Plantation d'isolés; 3° Plantation des massifs.

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L'idée générale qui a présidé à leur disposition a été tout d'abord de

créer un massif d'encadrement au parc sur ses limites extrêmes, se renflant aux endroits h cacher et interrompu aux endroits propices, afin de laisser pénétrer de l'extérieur des vues sur le parc.

Les plantations d'isolés sont de trois sortes, indépendamment des arbres existants que nous avons laissés intentionnellement isolés étant donné leur caractère et libres de toute entrave : les arbres de grande venue devant donner l'ombrage nécessaire, les arbres d'ornement plus spécialement destinés à concourir à l'effet ornemental et les arbres et arbustes de choix formant taches sur les gazons ou ornant le bord des eaux.

Ils ont été distribués en aussi grand nombre que possible et aux endroits les plus favorables. Ils sont indiqués aux divers plans par les signes conventionnels usuels.

Canalisations pour l'arrosage. Écoulement des eaux pluviales et autres. — Il ne suffit pas de créer un parc, il faut encore lui assurer des facilités et moyens d'entretien, et l'un des éléments nécessaires esl sans conteste l'arrosage. C'est pourquoi nous n'avons pas hésité à prévoir une distribution d'eau sinon abondante, tout au moins suffisante. Les prises seraient faites sur les conduites d'eau de la ville par des conduites en fonte de 0,150. La canalisation générale serait constituée par des conduites en fonte de 0,100 et de 0,060 et la distribution serait faite aux bouches d'arrosage et aux endroits nécessaires (urinoirs, chalets de vente, fontaines Wallace, etc.), par des plombs de 0,020 et de 0,027, comme cela est figuré en détail au plan à l'échelle de 1/200.

Les pentes des allées sont calculées pour permettre l'écoulement des eaux pluviales et leur absorption est assurée par des puisards placés aux endroits nécessaires. Ces puisards sont desservis par des conduites en grès de 0,20 se jetant dans des regards de visite. Ces derniers sont reliés à l'égout le plus proche par des grès de 0,30 et de 0,50.

Des branchements d'égouts desservent le water-closet, le restaurant de l'île en même temps que le déservoir du lac. Les maisons de gardes, les urinoirs et le bassin delà partie française se déversent à l'égout par des conduites en grès comme les puisards. Ces détails sont également indiqués au plan cité plus haut.

L'Éclairage. — Pour l'éclairage du parc, on ne saurait trop insister, tant

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au point de vue de l'effet décoratif que de la lumière elle-même, sur l'installation de l'électricité.

La lumière électrique a de plus l'avantage d'êlre très maniable pour les illuminations en cas de fêtes ou réjouissances et elle aide à la végétation au lieu d'y nuire, ce qui n'est pas le cas pour le gaz, qui par ses fuites non découvertes à temps est trop souvent cause de mortalité parmi les végétaux. La Ville de Nancy possède le courant, il suffira de l'amener au parc. Les emplacements qui nous ont paru propices à l'installation de lampes à arc ont été indiqués sur notre plan de détails.

Maison de Garde. — Dépôt. — Tea-Room. —Kiosques de ventes. — Quoique le programme ne comporte pas l'obligation de prévoir des constructions diverses, nous avons cru devoir le faire en envisageant les unes pour leur rôle utilitaire, les autres pour les ressources qu'elles pourraient apporter au budget municipal.

Parmi lespremières se trouvent les maisons de gardes ou des jardiniersgardes.

La police devra être faite dans le parc soit par des gardes, soit, par économie, par des jardiniers-gardes, qui, tout en assurant le service normal d'entretien, s'occuperont du gardiennage. La ville aura intérêt à les loger et la construction des pavillons, suivant notre dessin, apportera au milieu de la verdure, une note décorative du meilleur effet.

Un dépôt avec hangar était également indispensable pour le remisage des outils, le dépôt du matériel et des fournitures nécessaires à l'entretien. Nous l'avons prévu.

L'installation d'un fleuriste était inutile, la ville de Nancy possédant un endroit important de culture susceptible d'alimenter en plantes à fleurs et autres le service du nouveau parc.

L'installation de kiosques de vente, nécessaires dans un parc qui sera certainement très fréquenté ne nuira aucunement au bon aspect de la promenade et sera une source de recettes pour la ville.

L'installation du Tea-Room dans le parc, tout en contribuant puissamment à augmenter l'effet décoratif du lac et à meubler l'île sur laquelle il est prévu, est le complément obligatoire de cette promenade. Sa construction, soit à la charge d'un concessionnaire, soit à la charge delà commune ne peut être que bénéfice pour la ville.

Variantes au projet. — Une variante a été étudiée, portant spécialement sur le prolongement aussi direct que possible de la rue Dupont-des- Loges, à travers les terrains achetés, jusqu'à l'avenue de La Garenne sans passer par l'hôpital militaire et sur la possibilité de pouvoir clore complètement le parc le soir en assurant la circulation sur tout son pourtour. La partie comprise entre le parc et l'hôpital militaire formerait une large avenue plantée, non close, ornée de parterres français et bordée de chaque côté de constructions.

Etant faite dans le même sentiment que le projet présenté, le prix de revient en serait sensiblement inférieur à cause de la suppression de la terrasse du jardin français.

Une autre variante, ainsi que nous le disons au commencement de ce rapport, a été étudiée avec création d'avenues.

La grande partie française aurait un très grand caractère décoratif et la partie séparant en deux le jardin paysager pourrait certainement constituer un jardin botanique des plus intéressants.

Le prix de revient serait environ le môme.

Dépenses. — L'estimation au mètre superficiel de la dépense de la partie convertie en parc a été obtenue d'après le devis établi ci-après.

Dans ce devis ont été compris non seulement le travail de la création du parc avec ses piècesd'eau, rivières, rochers, ponts, plantations diverses et son réseau complet d'alimentation et d'écoulement des eaux, mais aussi la construction des édicules divers quisont indiqués au projeten dehors de ceux qui peuvent être à la charge des concessionnaires.

Le prix du mètre superficiel sans la grille et sans les constructions serait de : Deux francs quatre-vingt-neuf centimes (2 fr. 89)

Le prix du mètre superficiel avec les constructions et sans la grille serait de : Trois francs soixante-douze centimes (3 fr. 72) .

Le prix du mètre superficiel avec la grille en fer forgé serait de six francs quarante-deux centimes (6 fr. 42).

Les prix portés aux devis ne sont extraits d'aucune série. Ce ne sont que des prix d'appréciation établis en se basant sur les salaires payés dans le pays et sur la valeur des matériaux employés.

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