SCÈNE IY
LÉONCE, MADAME BARBENÇON \
MADAME BARBENÇON.
J’ai commandé à Julie un déjeuner des plus distingués...
* Léonce, madame Barbençon.
de la soupe aux pommes de terre, une entre-côte aux pommes de terre, et, pour légumes, de la purée de pommes de terre... c’est assez bon, n’est-ce pas, pour des gens habitués à vivre de laitage?...
LÉONCE
Et de pommes de terre... ça ne les changera pas... mais tu veux leur donner une indigestion ?...
MADAME BARBENÇON, prêtant l’oreille.
chut!... tais— loi î (On entend le roulement d'une voiture.) Ce Sont eux 1 (Elle regarde par la fenêtre.)
LÉONCE, il regarde aussi par la fenêtre.
Eh bien ! où sont-ils ? voilà l’omnibus du chemin de fer...
MADAME BARBENÇON.
Tiens! regarde !... voilà le conducteur qui dépose leurs bagages... deux malles gigantesques.
LÉONCE
Deux malles de famille ; on y coucherait l’obélisque.
MADAME BARBENÇON, à part. Elle descend à gauche.
Riais j’y songe !... s’ils logent chez nous, ces parents de province) Honorine et Léonce vont habiter porte à porte, se voir, causer à chaque instant de la journée... Si celte petite... il est si séduisant, mon Léonce!... à tout prix il faut empêcher... oh ! oui, à tout prix.
JULIE, du dehors.
Par ici, monsieur, par ici. (on entend du bruit.)
MADAME BARBENÇON.
Viens, mon ami, viens!...
LÉONCE
Voilà, maman, que me veux-tu ?
MADAME BARBENÇON.
Tu vas le savoir... (ils sortent à droite.)