‹ Les parents de ProvinceChapitre 9 sur 25 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

bonjour, ma belle-sœur, bonjour, mon neveu*, (nies embrasse

à son tour.)

LÉONCE

Bonjour, mon oncle, bonjour, (a part.) Comme c’est amusant de passer pour bossu 1

MADAME BARBENÇON.

Ah ! je parie que nos enfants ne se seraient pas reconnus?... comme ils ont grandi depuis treize ans!

BARBENÇON.

Grands comme des peupliers, forts comme des chênes, quoi !

MADAME BARBENÇON.

Oh ! oui, la santé de mon Léonce est excellente, mais hélas I l’année dernière le pauvre garçon a fait une chute de cheval en se promenant au Bois, il s’est cassé l’épaule et... alors... vous comprenez, la clavicule... l’omoplate... et les muscles... ajoutez à cela les articulations.

BARBENÇON.

Oui, tout cela est très-clair.

MADAME BARBENÇON.

Bref! il s’est fait dans le dos un énorme trou...

BARBENÇON.

Ça, un trou ?... j’appellerais çà une bosse.

MADAME BARBENÇON, montrant la bosse de Léonce.

Une cruelle infirmité, un mal inguérissable !

BARBENÇON.

Ah I le malheureux, qu'il est laid !

MADAME BARBENÇON.

Mais ma chère nièce ne nous a pas encore dit un mot?

BARBENÇON, à part.

Nous y voilà !

MADAME BARBENÇON, s’approchant.

Elle est donc bien timide?

BARBENÇON.

Hélas ! ma chère belle-sœur, la pauvre enfant ne peut pas nous entendre... elle a eu une peur!... Un jour, dan& les champs, en passant prés d’un troupeau de bœufs, une de ces maudites bêles a fait comme si elle voulait s’élancer sur elle... Honorine a poussé un cri... alors, vous comprenez... l’émotion... puis un craquement dans la tête... l’os frontal... qui... que... et le tympan...

* Honorine, madame Barbençon, Barbençon, Léonce.

MADAME BARBENÇON.

Oui, oui, tout cela est très-clair.

BARBENÇON.

Rrer, depuis ce temps-là, ma pauvre (illc ost sourde... Elle n’entend rien... elle n’entend rien...

MADAME BARBENÇON.

Vraiment?... Ah 1 la malheureuse! (a part.) Parfait !... tout réussit !... avec celle infirmilé-là... je suis sans crainte pour mon Léonce.

LÉONCE, !i Barbençon.

Ah 1 mon oncle, vous ne sauriez croire combien je suis désolé que ma pauvre cousine soit infirme.

BARBENÇON.

Que voulez-vous, mes enfants, c’est un de ces malheurs imprévus qui... que... enfin, n’en parlons plus, puisqu’il n'y a pas do remède.

MADAME BARBENÇON, gaîmenl.

C’est ça ! n’en parlons plus, parlons d’autre chose.

LÉONCE

A Chaillot les larmes, vive la joie 1 (a pari.) Elles pommes de terre de maman!...

MADAME BARBENÇON.

Ah çà! mais, mon cher Barbençon, vous devez être fatigué ?...

BARBENÇON.

Fatigué ?... Ah ! que nenni !... et je me promets bien de ne point repartir de Paris sans l’avoir parcouru à pied, dons tous les sens...

LÉONCE, effrayé.

Aujourd’hui ?

BARBENÇON.

Et si ma belle-sœur veut accepter mon bras, je la promènerai partout avec nous.

MADAME BARBENÇON.

Oh ! merci ! je connais tous les nouveaux quartiers.

BARBENÇON.

El Léonce donnera le bras à Honorine...

LÉONCE

Avec ma bosse ?

BARBENÇON.

Qu’est-ce que ça fait ? Est-ce que vous n’y -êtes pas habitué ?

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