‹ Les parisiens: pièce en trois actesChapitre 3 sur 71 · RAOUL DE PINTRÉ, JUSTIN · texte numérisé non relu

RAOUL DE PINTRÉ, JUSTIN

(Justin parcourt les journaux. — Raoul sort de sa chambre ; il est en élégante toilette du matin et prêt à sortir.)

RAOUL

Eh bien ! monsieur Justin^ quô dit le journal de Tan de grAce mil huit cent trente-neuf?

JUSTIN^ quittant Tivement le journal *,

Je demande pardon à monsieur le comte^ je neTavais pas entendu venir.

RAOUL j s'asseyjiDt & gauche.

Ne vous dérangez donc pas^ je vous en prie.

JUSTIN

Monsieur le comte se raille de son très-hmnble valet?

RAOUL

Cest qu'il trouve que son très-humble valet lui fait trop attendre ses journaux.

C'est pai* dévouement

RAQUL.

Hein ?

JUSTIN

Los feuilles publiques distillent parfois tant de poisons^ que je crois prudent de goûter ces feuilles avant monsieur le comte.

RAOUL ^ souriant et prenant les journaux.

C'est bon. (TooI en Icft pareourani,) ÉCOtttez^ VOUS SavCZ OUe je

(railc mes amis aujourd'hui ? ^ *

JUSTIN

Oui, monsieur le comte... Le chef m^adit que monsieur faisait aujourd'hui ses adieux à la vie de garçon.

RAOUL, lisant toajoun.

Vous prierez ces messieurs de m'attendre.

JUSTIN

Monsieur le comte l'eçoit-il beaucoup de monde?

RAOUL

Non... M'avez-vous fait seller un cheval?

JUSTIN

Oui, monsieur... L'Alezane , car j'ai oui dire qu^elle avait eu l'honneur d'être remarquée par mademoiselle Anna, la fiancée de monsieur le comte.

RAOUL, qui lit tou>our8.

Vous ferez mettre sept couverts. (Réfléchissant, à iurmème.)Voyons^

monsieur Jules de Préval, d^abord.

JUSTIN

Le frère de mademoiselle Anna, un conseiller d'Etat futur.

RAOUL, sans Técouter.

Albéric de Grandchamp.

JUSTIN, même jeu.

Un fils de famille, dont le grand nom se mange aux vers.

BAOUL, mânM ^M.

Paul Gandin.

JUSTIN

Un écrivain qui n'écrit pas.

RAOLl..

Monsieur Bfartin.

JUSTIN

Un acquéreur pour le château de Rosny, que vend monâeur le comte.

RAOULj se levant et allant reg^rier par une des portes latérales*.

Ah çà! ces maudits tapissiers n^ont donc pas^ terminé leur b^

sogne?

JUSTIN

Pas encore, monsieur le comte; mais ils ont promis de rendre pour ce soîr te» salons à la circulation.

RAOUL

C'est insupportable!... Ils ont commencé tout à la fois!... On

ne peut plus mettre le pied qiiielw (a lottie.) VoUs avez dit que mon chevsd était prêt ?

jcvriiv* Ooi^ numsienr le emnte^ 11 est devant le perroii... (ua Domt-

Itqw qui entra mnel ue lettre à Raoul.)

RAOCL^ prenant la lettre.

Dequi?...

LE DOUESTIQUB.

De personne^ monsieur le comte ; c'est un commissionnaire qui Fa apportée.

RAOm.^ riant, à paru InSDlent COmiM un porrena... (Le Demeetlone /arrêta air fond af cause arec Jostin. Après aroir jetë les yeax sur la signature.) Ah î ah ! C^OSt

de Desgenais^ un ancien camarade de collège. Il me demande un rendex-vous^ il a besoin de ma protection... 11 parait que . Topposition ne lui a pas réussi. Encore un cpii tourne de sauche à droite... Il voudrait une place de secrétauré chez monsieur de Préval... Secrétaire d'un banquier!... Voilà donc où peuvent mener des convictions sincères ? (Riant.) Ce n'est pas encourageant... (Riant plus fort.) Ah! ail!... cc oauvre Dcsgcnais !• . . je le servirai assurément!... mais avant, il payera, pardieu! toutes les vérités qu'il m'a dîtes^ à moi comme aux autres!.», (a justin.) Justin, mes gants> mon chapeau!... (jostin les lui présente.) Si quelqu'un de ces messieurs voulait me rejoindre^ je serai du côté du Ranelagh. (n sort.)

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