ACTE DBUXIEMB
DESGENAIS
Et vous^ madame... (tronbië ^r lo regard de Giowide) daiis la fausse route ou s^engage votre tendresse maternelle... car votre tendresse maternelle vous fait défaut^ madame^ quand elle croit assurer le bonheur de mademoiselle Anna par ce mariage avec monsieur le comte de Pintré.
GLOTILDE^ très-lronblëe.
Ce n'est pas cela que vous vouliez dire^ monsieur?...
DESGENAIS^ avec inteolion.
Et que VOUlais-je dire^ madame? (clolUde baisse les yeux. DesseoaL
continue.) Non^ madame^ non^ votre fille ne sera pas heureuse avec monsieur de Pintré ; car elle n'a pas d'amour pour lui. Je ne sais au juste si elle aime Tamant que l^onrepousse> mais je réponds qu elle n'aime point le mari que l'on accueille ! et vous ne pouvez pas... vous ne devez pas...
GLOTILDE^ elle passe à gauche.
Et de quel droit me parlez-vous ainsi^ monsieur?...
DESGENAIS
De quel droit?... Écoutez^ madame^ je sais une vieille histoire, qui m'a été racontée sous la grande cheminée d'un château situé aux portes de Poitiers...
CLOTILDE
Mais il n'y en a qu'un^ monsieur^ et c'est le nôtre.
DESGENAIS
C'est le vôtre^ en effet. Oui, madame^ et celle qui contait, c'était Brigitte, votre vieiUe nourrice...
Et que... disait-elle?..*
DESGENAIS
Elle disait, madame^ que votre mère était une femme rigide et d'une volonté de fer, qui, jadis, vous avait mariée sans consulter votre cœur...
CLOTILDE, effrayée.
Taisez-vous, monsieur.
■ DESGENAIS, baissant la vols.
Elle ajoutait : que le jour de votre mariage, elle avait bien pleuré en vous voyant si pâle et si triste sous votre voile de fiancée... Elle disait aussi que votre mari, madame, avait tout votre attachement, tout votre respect^ mais... qu'il ne possédait pas votre amour.
88 LES PAHISIBNS
CîLOTlLDSa
Plus bas! plus bas! monsieur...
DESGEȈIS.
Brigitte disait en&n que vous n'étiez pas heureuse. Et Brigitte avait raison.
DESGENAIS
Eh bieii^ vous ne voudrez pas pleurer comme elle^ en voyant votre enfant bien triste et bien pale aussi, dans sa robe de ma" riée... D'ailleurs^ ^ vous dit madame^ que monsieur le eomto de Pintré saura nueux que votre mari faire oublier à sa femme
3u'il ne la tienl que delà volonté maternelle? et enfin^ qui vous it que^ le voulût-il. (Avec intention.) Il y réussiralt eucore?... Qui vous dit enfin que quelque jour, votre fille n'en aimera pas un autre?,., et que cet amour^que vous endormez anjourdlittf^ ne se réveillera pas demain?...
CLOnLDE, trooU^
Monsieur!
DESGENAIS^ apfkiiyaBt sur elitqiie panle k l'adresse de dotilée.
Oh!... die lutteralongtemps... j'en suis sûr... longtemps elle con]d)attra ce sentiment coupable avec toutes les armes que lui fourniront son orgueil et sa vertu... mais si cet amour est le plus fort;, si elle est vaincue, terrassée par lui, elle lui obéii*a. en esclave comme on obéit à un premier amour, quand... cet amour s'accroît encore des entraves et des dangers! et alors, si quelque jour, devenue folle, la comtesse... Aunaviva ouvre h Chérubin la j[>orte de son boudoir... si, par une belle nuit, la coupable Rosme veut lire sans lumière quelque brûlant chapitre de rétemel roman de Tinfidélité... votre mère n'aura pas le droit. ..
CLOTILDE, avec Ibree.
Monsieur!...
DESGENA1S> w repranMit.
Vous n^aurez pas le droit, madame, de fermer le livre... il ne vous sera pas permis de chasser Chérubin... car c'est votre imprudence qui aura perdu Rosme.
GI.0TIU)E,à pan.
Oh ! il a raison, peut-être t
DESGENAIS, &TolsbaMe.
Vous serez forte maintenant, n'est-ce pas?
CLOTaDE, très-agitée.
Forte?... pourquoi?...
DESGENAIS, arec intention*
Pour faire le bonheur de votre filles . . i
AÔTE DEÙXIÂMB ^^
CLOTILDB.
Mais encoi^ une fois, monsieur, ànna n^aima pas monsieur de TremUe.
DESGBNAIS.
Etsielleraimait!...
JOSEPH, entrant.
Madame, monsieur le comte de Pintré vient d^arriver.
CLOTILDB, eheiditnt à le remetticw
Je me rends au salon, allez! (joseph lort, nbaut Desgenais.) Monsieur!...
DESGENÀIS, bas.
Remette&>vous, madame. ..je vous ai dit que j'étais votre ami.
(il loi baiie la maia et la reconduit. Clotilde lort.)