‹ Les parisiens: pièce en trois actesChapitre 63 sur 71 · AN;SA · texte numérisé non relu

AN;SA

Oui, causons. (eUo s'assied sur le canapé, Marie sur le fauteuil. * — Après

un silence, regardant autour d'elle.) Je ne connais rien de tristo comme un jour qui commence sur un bal qui finit. Vois ma couronne.

comme elle est fanée! Mes cheveux sont défaits ! nous sommes pâles comme des mortes, et, poiu- ma part, je suis gelée, (so^ riant tristement.) Est-ce que tous ies plaisiis finissent ainsi? ^

MARIE

Gomme tu es sérieuse, Annc^! qu'as-tu donc?

ANNA

Je ne sais pas, j'ai envie de pleurer.

MARIE

Veux-tu que nous parlions de lui?

AISNA.

De lui?

MARIB.

Que tu aimes.

Oui| que j'aime!*..

. Ce soupir?...

ANNA

Ahl vois-tu, Marie, j'ai peu de foi dans ravenif

MARIE

Peu de foi, dis-tu?

ANNA

Oui, car ma mère, je le vois bien, est opposée à mon mariage avec Maxime.

MARIE

Opposée?... Pourquoi?

ANNA

Je l'ignore... Cette nuit, elle m'avait bien promis d'y consentir, et ce matin, lorsqu'en la quittant je lui ai laissé voii- la joie que j^cprouvais...

MARIE

Eh bien ?

Eh bien! j'ai été frappée de son regard sévère. Et comme j'insiotais : Anna, m'a-t-elle dit froidement, si votre père le veut, vous épouserez monsieur de Tremble, cela le regarde plus que moi, car je ne pourrai assister à votre mariage.

MARIE

Oh!

ANNA

Ma mère est souffrante, a-t-elle ajouté^ ci demain je pars pour

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la rejoindre Oh! je le vois bien, elle le hafti.. Pauvre

Maxime!...

MARIE, se le^nt.

Anna!

▲MNÀ.

le t'attriste... Pardon, Marie, mais depuis une heui'C j'ai froid là. (Elle touche son cobmt.) C'est comme le pressentiment a'un malheur, et tiens, ily a un instant, quand le silence s'est fait ici. quAnd la dernière voiture s'est éloi^ée, j'ai tremblé maigre moi, et j'ai pensé à tous ceux que j'aune, je les ai comptés avec une sorte d effroi; j'aurais voulu les avoir tous là, autour de moi. ^ Enfin, il m'a semblé.,, oui, il m'a semblé qu'avant peu il en manquerait un.

MARIB.

Anna!... ^.,

Oh ! tiens, je suis folle l... (s'effofv«Dt de rire,) Vois-tu comme les enfants sont maussades auand on ne les couchepas debonne heure? (siie va à u fenêtre. ") La ncigc tombe toujours !... Oh! la belle nappe d'aigent!. . Tiens, il y a encore de la lumière chez maman... Mon père n'est pas couché non plus. (Revesantà

b cheminée.) 11 parait qu'il est bien désolé de ne pas avoir été nommé. Est-ce drôle que les hommes se rendent malheureux

pour si peu de chose!... (Elle met ms bijoux dans le coflire. Joieph ptrelt. )

JOSEPH, à part, regardant la pendule.

Huit heures !. .. (s'approehant.) Une lettre pour mademoiselle.

AISMA.

De qui?

JOSEPH

De monsieur Jules.

ANNA

Démon frère? C'est bien, (josepu lort.) Une lettre de Jules,.. Mon Dieu, Marie, j'ai peur ! . . .

MARIE

Pourquoi ?

ANNA

pousse un cri étouffe.) Ah!...

MARIE

Qu'y a-t-il?

ANNA

Tiens, lis... là!... là!...

MARIE, Usant.

« Si je succombe y notre mère n'aura plus que toi... Aime-la » pour nous deux. »

A?(NA^ avec désespoir.

Mon Dieu ! mon Dieu ! (se remettant, [et avec énerve.) Mais il est peut-être temps encore^ il faut prévenir monsieur de PrcWal.

Courons^ Viens^ Marie!... (clotUde parait an fond.)

MARIE^ bas à Anna,

Ta mère !...

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