AN;SA
Oui, causons. (eUo s'assied sur le canapé, Marie sur le fauteuil. * — Après
un silence, regardant autour d'elle.) Je ne connais rien de tristo comme un jour qui commence sur un bal qui finit. Vois ma couronne.
comme elle est fanée! Mes cheveux sont défaits ! nous sommes pâles comme des mortes, et, poiu- ma part, je suis gelée, (so^ riant tristement.) Est-ce que tous ies plaisiis finissent ainsi? ^
MARIE
Gomme tu es sérieuse, Annc^! qu'as-tu donc?
ANNA
Je ne sais pas, j'ai envie de pleurer.
MARIE
Veux-tu que nous parlions de lui?
AISNA.
De lui?
MARIB.
Que tu aimes.
Oui| que j'aime!*..
. Ce soupir?...
ANNA
Ahl vois-tu, Marie, j'ai peu de foi dans ravenif
MARIE
Peu de foi, dis-tu?
ANNA
Oui, car ma mère, je le vois bien, est opposée à mon mariage avec Maxime.
MARIE
Opposée?... Pourquoi?
ANNA
Je l'ignore... Cette nuit, elle m'avait bien promis d'y consentir, et ce matin, lorsqu'en la quittant je lui ai laissé voii- la joie que j^cprouvais...
MARIE
Eh bien ?
Eh bien! j'ai été frappée de son regard sévère. Et comme j'insiotais : Anna, m'a-t-elle dit froidement, si votre père le veut, vous épouserez monsieur de Tremble, cela le regarde plus que moi, car je ne pourrai assister à votre mariage.
MARIE
Oh!
ANNA
Ma mère est souffrante, a-t-elle ajouté^ ci demain je pars pour
ACTB TROISIÈMB 103
la rejoindre Oh! je le vois bien, elle le hafti.. Pauvre
Maxime!...
MARIE, se le^nt.
Anna!
▲MNÀ.
le t'attriste... Pardon, Marie, mais depuis une heui'C j'ai froid là. (Elle touche son cobmt.) C'est comme le pressentiment a'un malheur, et tiens, ily a un instant, quand le silence s'est fait ici. quAnd la dernière voiture s'est éloi^ée, j'ai tremblé maigre moi, et j'ai pensé à tous ceux que j'aune, je les ai comptés avec une sorte d effroi; j'aurais voulu les avoir tous là, autour de moi. ^ Enfin, il m'a semblé.,, oui, il m'a semblé qu'avant peu il en manquerait un.
MARIB.
Anna!... ^.,
Oh ! tiens, je suis folle l... (s'effofv«Dt de rire,) Vois-tu comme les enfants sont maussades auand on ne les couchepas debonne heure? (siie va à u fenêtre. ") La ncigc tombe toujours !... Oh! la belle nappe d'aigent!. . Tiens, il y a encore de la lumière chez maman... Mon père n'est pas couché non plus. (Revesantà
b cheminée.) 11 parait qu'il est bien désolé de ne pas avoir été nommé. Est-ce drôle que les hommes se rendent malheureux
pour si peu de chose!... (Elle met ms bijoux dans le coflire. Joieph ptrelt. )
JOSEPH, à part, regardant la pendule.
Huit heures !. .. (s'approehant.) Une lettre pour mademoiselle.
AISMA.
De qui?
JOSEPH
De monsieur Jules.
ANNA
Démon frère? C'est bien, (josepu lort.) Une lettre de Jules,.. Mon Dieu, Marie, j'ai peur ! . . .
MARIE
Pourquoi ?
ANNA
pousse un cri étouffe.) Ah!...
MARIE
Qu'y a-t-il?
ANNA
Tiens, lis... là!... là!...
MARIE, Usant.
« Si je succombe y notre mère n'aura plus que toi... Aime-la » pour nous deux. »
A?(NA^ avec désespoir.
Mon Dieu ! mon Dieu ! (se remettant, [et avec énerve.) Mais il est peut-être temps encore^ il faut prévenir monsieur de PrcWal.
Courons^ Viens^ Marie!... (clotUde parait an fond.)
MARIE^ bas à Anna,
Ta mère !...