Les parlementaires français au 16e siècle
Les Archives de l'ancien Parlement de Toulouse sont installées fort honorablement, dans trois ou quatre salles du Palais de Justice actuel de cette ville. Elles renferment diverses séries de documents où nous avons largement et consciencieusement puisé. Ce sont :
1° Registres d audience. Cette série se compose dune centaine de volumes — parfois énormes — de parchemin, s 'étendant, de l'origine du Parlement (i444) à l'année i585, de l'année 1089 à l'année 1594, et de la fin de 1096 à la fin de l'^gy ;
2° Des liasses, reliées ou non, d'arrêts (i585 à 1089 — '-^Q'"^ ^ iSgô — «398 à 1789), au nombre de dix-huit cents environ ;
3" Des liasses, reliées ou non, concernant : a) les Grands Jours; b) le Parlement de Carcassonne ; c) le Parlement de Béziers ; d) le Parlement de Castelsarrazin, en tout une dizaine de liasses :
4" Des liasses, reliées ou non, concernant la Chambre de l'Edit, au nombre de quatre cent soixante-sept :
5° Des liasses, reliées ou non, concernant la (Chambre des Requêtes, dépassant la centaine :
fi" Plus de cent autres liasses d'Arrèls criminels (Chambre de la Tournelle), parfois dégradées et pourries par l'humidité ;
7° Une série d'une trentaine de gros volumes de parchemin renfermant les provisions, lettres patentes, etc. ;
8" Les Archives de la Chambre des Comptes :
9° Les journaux manuscrits de greffiers du Parlement (entre autres d'Etienne de Malenfant), parmi lesquels se trouve un manuscrit d'un greffier du xviii^ siècle, sorte de table des officiers du Parlement, qui, à côté de lacunes et d'inexactitudes, renferme des indications d autant plus précieuses qu'elles ont été prises, très vraisemblablement, dans la série des registres d'audience, à une époque où cette série était complète et intacte. Nous devons au très distingué archiviste du Parlement de Toulouse, M. Moudenc, la communication de ce précieux registre et nous le prions d'en agréer ici tous nos vifs remercîments, car il a singulièrement abrégé et éclairé notre tâche. Nous désignerons dans nos références ce manuscrit sous le nom de : Manuscrit du greffier.
Nous avons, à la Bibliothèque de Toulouse, consulté force travaux imprimés antérieurs, relatifs au Parlement de cette ville. Sans parler des ouvrages, assez peu sûrs, de MM. Dubédat : Histoire du Parlement de Toulouse, 2 vol. in-S", Paris, i885, et Amilhau : Nos premiers présidents, Toulouse-Paris, 1882, i vol. in-S", qu'il nous suffise d'indiquer les mémoires de M. Sacaze sur la première Chambre de l'Edit ; de M. Anacharsis Combes sur la Chambre de l'Edit de Castres ; de M. Jules Cambon de la 'Valette sur les deux Chambres de VEdit ; le livre de Percin sur le Couvent des Jacobins de Toulouse; les Annales de Toulouse , de Lafaille et du Rozoi ; la Biograpliic toulousaine (2 vol. in-8"), tous ouvrages où se rencontrent foule de détails intéressants et utiles à notre sujet, mais émaillés, aussi, d'une quantité de menues erreurs, auxquelles le présent travail apportera maintes rectifications.
De longues et minutieuses recherches dans l'état civil toulousain ancien, aux Archives du Donjon du Capitole, nous ont permis de préciser bien des points et d'apporter une foule de renseignements nouveaux. D'autres recherches, aux Archives municipales de Castres, nous ont fourni quelques détails complémentaires. Un manuscrit du musée Saint-Raymond, dont nous dûmes communication à l'amabilité du Conservateur des musées de Toulouse, l'éminent artiste peintre, M. H. Rachou, a été consulté par nous avec fruit. Ce manuscrit renferme une série de portraits de parle-
- I.S7 mentaircs toulousains, sur l'authenticité historique desquels il convient — h de rares exceptions près — de formuler les mêmes sages réserves que MM. J. de Lahondés et Hachou lui-même. Aux portraits sont jointes des notices d'un singulier intérêt, où l'exactitude la plus scrupuleuse voisine avec la fantaisie la plus notoire. Quelques-uns des portraits sont, au seul point de vue artistique, assez remarquables.
L'extrême courtoisie que nous avons rencontrée à Toulouse, auprès de toutes les personnes qui ont bien voulu s'intéresser à notre tâche, nous fait un devoir de clore cette brève préface par l'expression très chaude de notre gratitude. Aux noms de MM. Moudenc et Rachou, qu'il nous soit permis de joindre ceux de M. Faquier, archiviste départemental; de M. Galabert, archiviste municipal, de M. l'abbé Tournier, vicaire k la Cathédrale ; mais, surtout, ceux de MM. J. Villain et Jules Chalande. M. ^'illam publie en ce moment, une sorte de Nobiliaire de la région toulousaine, dont quelques fascicules ont déjà paru. Ce bel ouvrage est destiné à remplacer et à eiTacer délînitivement celui de Brémond, vraiment insuffisant et de la plus croulante exactitude. M. Villain, avec une rare bonne grâce, dont nous lui savons le gré le plus sincère, nous a fait bénéficier du résultat de ses immenses travaux. Quant à M. Jules Chalande, outre le trésor de ses « fiches », dont il nous a généreusement ouvert les arcanes, nous lui devons, relativement aux demeures de nos Parlementaires, la plus ingénieuse et la plus originale des documentations, fruit de ses patientes et consciencieuses recherches dans les anciens cadastres de la ville. Qu'il veuille bien en accueillir ici notre vive et profonde reconnaissance.
Fleury Vixdrv.
Francheville. 12 août 191 i.