‹ Les Pasquinades [microforme]Chapitre 17 sur 24 · NOUS ADRESSERONS NOS CATALOGUES SUR DEMANDE · texte numérisé non relu

NOUS ADRESSERONS NOS CATALOGUES SUR DEMANDE

Ma cigarette

J'aime ma cigarette et sa fine fumée

Qui lentement s'enroule en l'air caracolant.

Lorsque j'en suis des yeux la spirale embaumée, Je rêve à ton amour comme elle vacillant.

Dans les nuages bleus que fait ma cigarette,

C'a , , Ps . . .

Fa beauté m'apparaît et je crois la saisir... Mais c'est une chimère, et comme toi, coquette ? Elle fuit me laissant seul avec mon désir. …

Or quand, pour attiser le feu qui se consume,

J'aspire sa chaleur, c'est un baiser de toi

Que je crois recevoir : Voilà pourquoi je fume.

De t’embrasser de loin, c'est ma manière à moi. Baron A. WETTENNOIT.

Avant l’hymen

Le jour où l’on nous mari

Je m'en souviens, M. l'a Nous dit d'un air fort compa Enfants, il faudra vous ai Madame, vous obéir

A votre époux, à votre che Puisqu'il ne pourra vous chan Et pour éviter qu'il vous Avez toujours un air gent Montrez un front pur qui rou Évitez tous les mauvais

C'est ainsi que toujours près d° Attachant son époux qui l Une femme évite sa

S'il lui tourne pourtant le d Et qu'il se mette à la trom Qu'elle ne se croit pas vain Qu'elle Jui montre un meilleur Et l'entraîne par sa tendr Qu'en lui voyant tant de bon Il en devienne tout conf

Son amour sera retrou

Le ménage aura le beau f

HainmmOmOZs Num LOmmOOQUE

L'Éternelle Chanson

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,

Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs. Au mois de mai dans le jardin qui l'ensoleille,

Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants. Comme le renouveau mettra nos cœurs en fête, Nous nous croirons encore de jeunes amoureux Et je sourirai tout en branlant la tête.

Et nous ferons un couple adorable de vieux.

Nous nôus regarderons assis sous notre treille,

Avec de petits veux attendris et brillants.

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,

Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.

Et de ce cher amour qui passe comme un rêve, Je veux tout conserver dans le fond de mon cœur : Retenir, S'il se peut, impression trop brève, Pour la ressavourer plus tard avec lenteur.

J'enfouis ce qui vient de lui comme un avare, Thésaurisant avec ardeur pour mes vieux jours : Je serai riche alors, d'une richesse rare :

J'aurai gardé tout l'or de mes jeunes amours ! Ainsi de ce passé de ce bonheur qui S'achève

Ma mémoire parfois me rendra la douceur.

Et de ce cher amour qui passe comme un rêve, J'aurai tout conservé dans le fond de mon cœur.

Qu'emporteront alors les rides du visage,

Mon amour se fera plus grave et plus serein.

Et comme chaque jour je t'aime davantage, Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain, Songe que tous les jours des souvenirs s'entassent. Mes souvenirs à moi seront aussi les tiens,

Ces communs souvenirs toujours plus nous enlacent Et sans cesse entre nous tissent d'autres liens.

C'est vrai, nous serons vieux, très vieux, faiblis par l'âge,

Mais plus fort chaque jour je serrerai ta main : Car vois-tu, chaque jour je t'aime davantage, Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain. ROSEMONDE GÉRARD, (Mme Edmond Rostand).

Nos goûts littéraires

Un intime me posait, il y a quelques jours déjà, cette question toute vivante d'intérêt et d'actualité :

- S'est-il opéré, chez nous. depuis cinquante ans. un progrès sensible dans l'éducation de nos goûts littéraires ?

Je dus avouer que la réponse méritait de ma part une sérieuse considération, mais mon camarade, en observateur curieux et en homme doué d'un jugement sain, me donna la vraie réponse à l'interrogation qu'il me posait :

La marche du progrès littéraire, me disaitAl, est bien lente dans notre Canada, parce qu'elle est entravée par un facteur des plus nuisibles, —- et j'ai nommé le € mauvais goût ».

En effet, pour peu qu'on établisse le diagnostic du mal qui nuit à l'expansion du progrès littéraire, on constate que, à la base des agents qui atrophient nos inclinations naturelles vers le beau, se trouve le mauvais goût, dont on voit les manifestations dans nos sources d'inspiration et le choix de nos lectures.

Certes oui, à part d'une élite intelligente qui comprend que «l'esprit ne vit pas du médiocre mais du sublime », bien peu de nos compatriotes, avouons-le sans ambages, ont cette intelligence distinctive du beau et du laid.

Combien sont nombreux, de nos jours, ceux-là qui vivent de lectures qui assèchent l'esprit, comme la lecture des fantastiques actions de € Buffalo Bill », des € fantasia » de € Nick Carter ». ou des voyages de «€ messire Ladébauche » au pays des ambassades : ce sont là des lectures, comme dirait Jean-Jacques Rousseau, qui € fascinent les veux des simples » !

Qu'il est grand, également, le nombre de nos gens qui repaissent leur intelligence de romans sans valeur et qui oublient de s'inspirer à la bonne source d'inspiration ! Peut-on pousser plus loin le « farniente » de l'esprit ?

Aussi bien, est-il séant de croire que peut-être on n'a vu aucune époque produire autant de livres chimériques et de journaux sans tenue littéraire et une foule aussi incaleulable d'individus se jeter avec autant de frénésie à la lecture de romans faits à la diable, de livres où le potin, le snobisme, les aventures criminelles tiennent une place primordiale

Notre siècle a déifié le laid, il a fait l'apologie du relâchement des mœurs, il a soutenu une philosophie à base matérielle, Nous sommes débordés, vous en convenez avec moi, par la mauvaise presse, la littérature française et américaine de mauvais goût.

A ces sources d'inspiration, il n'y ü pas lieu de s'étonner si nous avons infiltré, dans notre vie de l'esprit, un venin des plus mortels, Si nous avons atrophié en nous, pour nous servir d'une expression de Henri de Réguier, € le sens de la beauté ».

La jeunesse d'aujourd'hui devrait, à mon avis, se faire un devoir de travailler à l'éducation des goûts littéraires en cette terre française d'Amérique. Ce devoir n'est qu'un pendant de véritable patriotisme,

I trouvera son accomplissement Si la jeunesse veut se livrer à l'étude de notre histoire du Canada. Nos sources d'inspirations ! mais je n'en connais pas de plus sublimes que notre histoire, Elle est pleine d'un passé que nous ignorons trop grossièrement : elle nous parle de guerres, de traités, de luttes, d'oppressions qui sont nôtres ; elle fait revivre sous nos veux ces grands découvreurs qu'ont été les Cartier, La Salle et les autres, ces vaillants colonisateurs qu'ont été nos pères et une pléiade de héros qui ne sont pas de simples conceptions mythologiques, mais de vrais héros qui ont combattu pour la survivance de la race française en Amérique. Elle est intéressante dans ses grandes lignes, elle est captivante jusque dans les détails les plus minutieux.

€ Le goût ne se forme, disait Goëte que par la contemplation de l'excellent ».

A ces sources d'inspiration, nous trouverons le réel sublime, «€ la contemplation de l'excellent ».

Au reste, le jeune homme qui aime les recherches historiques, qui se livre à l'étude de son pays, fait œuvre éminemment patriotique : il pratique un patriotisme qui ne se paie pas de mots sonores, mais qui vit de faits et d'actions,

On dirait que l'exubérance des sentiments patriotiques semble se confiner, dans notre patri, trop souvent aux hmites étroites des fêtes souventes fois grandioses - de la Saint-Jean-Baptiste, alors que les œuvres d'action et de dévouement manquent d'apôtres.

Préparons l'avenir, compatriotes ! CL'avenir d'une race ne se mesure pas sur un beau quatrain patriotique,» écrivait un jour Monsieur J.-L.-K. Laflamme. L'heure du réveil national a sonné.

Cousin pensait qu'il valait mieux avoir de l'avenir que du passé. Pour nous, qui avons un passé des plus glorieux et tout vivant encore du sang de nos martyrs, il nous faut préparer l'avenir en nous inspirant du passé. Là se trouvent les modèles, là se trouvent les aspirations, là se trouvent le succès : c'est là qu'il faut apprendre à penser, à réformer où à parfaire notre éducation littéraire.

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