C'est à nous d'être fidèles aux intérêts de notre pays
Carabinades
€ [mpatients désirs d'une illustre vengeance, » (CIS A)
A nos lectrices québecquoises :
Je vous adresse cette causerie, mesdames, parce qu'elle vous apporte une rectification. Je tiens à vous avouer tout d’abord, à titre d'inconnu, toute ma sincérité dans le plaidoyer € pro domo » que je vous écris et mqn admiration pour tout ce qui parle de vous ;
mais passons... Vous savez la grande nouvelle 2? Je parie que vous l'ignorez Mais non, elle est trop répandue dans notre bonne ville
pour qu'elle vous ait échappé.
Oui, lectrices, se peut-il qu'à l'Université Laval de Québec, il existe deux classes d'étudiants : les bons et les mauvais !
Je vois votre orgueil féminin se révolter devant ce défi porté à la conception que vous vous faisiez de l'étudiant québecquois. La causerie de notre ami © Hubert Liauran » est venu briser, il y a quelques mois, tout ce monde d'idées dont vous viviez. Allons. existe-:-elle réellement, cette catégorie de mauvais étudiants ? Non, mesdames, n'en déplaise à Liauran.
Nous lui savons beaucoup de bonnes dispositions, d'enthousiasme et de juvénile ardeur, « Ocnques fut sur terre » garçon plus bouillant, mas il eût dû mettre un frein à sa verve et se dire, comme le héros de Corneille, dans Cinna
€Tout beau ma passion, deviens un peu moins forte.»
Je lui en veux done un peu d'avoir montré trop d'intérêt pour son clocher et d'avoir tronqué la vérité par une assertion fausse et dangereuse,
Oui, lectrices, il n'existe à Laval, que des étudiants sages, laborieux, doublement dévoués à la tâche qui leur incombe de préparer leur avenir et de se faire aimer de vous... un tantinet.
L'étudiant connaît toute la valeur de ses vingt ans. Nous n'en sommes pas venus encore à nous demander ce qu'il faut faire du temps, comme ce personnage du bonhomme Lafontaine :
« Quant à son temps, bien sut le dépenser, « Deux parts en fit, dont il soulait passer « L'une à dormir et l’autre à ne rien faire.»
nee mncere ete errant
Le carabin se couche bien tard le matin et travaille bien tard
le soir : je le concède... Mais, il est tout à la préparation de ses examens de terme ou de licence. Il rentre tard le soir... Soit... mais
€ A vingt ans l'âme frissonne € D'un trouble encore incertain, € C’est l'heure d'amour qui sonne...»
Où a-t-il passé la soirée ? Oh ! en compagnie d’une bonne amie, déroulant le long chapelet de ses sentiments.
« Nos heures intimes, Ô ma chère € Me semblent comme un fil perlé.»
L'étudiant est gai, il aime à rire : C’est chez lui nn besoin. J'en appelle comme illustration le président de la faculté de Droit. A propos, c'est lui qui à dû en faire une mine à la lecture de la causerie de ce cher Hubert. Pauvre lui ! Je gage qu'il en a fait une maladie ! Se peut-il qu'on lui ait dédié cette carabinade, à lui, conservateur par principes, dont le cœur ne vibre qu'à l'unisson des vieux souvenirs évocateurs. Quelle idée !
Fumisterie done, que cette idée d'un groupe de mauvais étudiants chez nous !
En terminant, je m'en voudrais, il me semble, si je négligeais de vous dire, mesdames, combien nous sommes sensibles à l'empire que vous avez sur nos Cœurs.
Par la saison qui commence, le soleil du Renouveau ajoute à vos charmes je ne sais quel délicieux ornement qui vous vient roser la peau. Vos regards sont plus chauds et vous êtes ravissantes.
« Si vous saviez ce que fait naître, € Dans l'âme triste un pur regard.»
Continuez, mesdames à veiller sur nous. Notre séjour à Laval p court pour que Vous n'y jeltiez un rayon de soleil. Quant aux carabins de l'Université, ils veulent dire, avec le poète : Mes amies,
CE faut qu'en nos vieux jours, au déclin de la vie, € Quand nous regarderons la route alors finie,
« Vos yeux ne puissent voir dans le sillon tracé
€ Qu'un long rayon d'amour éclairant le passé.»
Amicalemen
Box Rain, E. E. D.
Oh ! les visites aux dentistes ! !
Combien cruelles, combien tristes ! ' Oh ! l'attente dans les salons Où les instants semblent si longs, Quand, assis au bord de sa chaise, On guette, très mal à son aise, Le moment d’aller à son tour, Offrir, béant, un large four.
Regarder cent fois la pendule, Qui marche trop vite ou recule, Penser tout à coup plein d’émoi :
CI n'y en a qu'un avant moi ! »
Douter du mal qu’on sent à peine, Vouloir se remettre à huitaine, | |
Chez le dentiste |
Et souhaiter, pour s’en aller, De voir le plafond s'écrouler.….
Pour se calmer, saisir un livre...
S'apercevoir qu'on ne peut suivre Le sens de la prose ou des vers,
Ou bien qu'on le tient à l'envers !
Que l’auteur seul vous exaspère, Plamondon, Paul Rex ou Leclaire !
Que si vous ouvrez un roman.
Ce sont les € Amours de Fan-Fan ! » |
Et songer alors, presque en nage, Au fauteuil, au gros engrenage, Au plateau surchargé d'outils Qui sont si luisants, si gentils !
A cette atmosphère factice
1 Faite de vague eau dentifrice, | A la machine sans pitié
Qu'on fait tourner avec le pie...
10 PASQOIFADES
Sur votre bouche, les dentistes
Ont des émotions d'artistes :
L'amour et le vertige aidant,
Vous craignez qu'ils n'entrent dedans !
Pour vos plaintes plus ou moins vives, Ils ont des phrases incisives.
Et quand vous vous levez fâchés, Disent en souriant : € Crachez ! »
Mais après tout le mieux à faire C'est de souffrir et de se taire !
Si les dentistes, par métier, Mangent à votre râtelier,
Vous leur devez, vous, en échange, La dent qui guérit ou se range...
Ils sont d'utiles cruautés :
Les dents sont leurs enfants... gâtés.
MiGuvELz Zauacois.