‹ Les pastorales de Longus, ou Daphnis et ChloéChapitre 38 sur 74 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Nymphes, jura devant leurs images de vivre et mourir avec Daphnis. Mais elle, comme une jeune et innocente fillette., fut si simple de vouloir que Daphnis au' sortir de l'antre lui jurât un autre serment. SLîui dit : «c Ce dieu Pan, Daphnis, est un dieu « volage auquel il n'y a point de fiance; il « a aimé Pitys, il a aimé Syringe; il ne « cesse de poiirchasser les Nymphes Épi- « mélides, et on le voit toujours après les a Dryades. Si tu me fausses la foi que tu « m'as jurée, il ne s'en fera que rire, voire « quand tu aurois plus de maîtresses « qu'il n'a de chalumeaux en sa flûte.

« Et comment te puniroit-il , lui qui cha- « que jour fait amour nouvelle? Jure- « moi par ton troupeau, et par la chèvre « qui te nourrit et allaita, que jamais « tu ne laisseras Chloé tant qu'elle te a sera fidèle; et là oti elle te fera faute, et « aux Nymphes qu'elle a jurées, fuis-la « ou la hais ou la tue, comme tu ferois un « loup. »

Daphnis prit plaisir à ce doute, et, debout au milieu de son troupeau, tenant d'une main un bouc et de l'autre une chèvre, jura qu'il aimeroit Chloé tant qu'il en seroît aimé, et que si elle en aimôit un autre, il se tueroit au lieu d'elle; dont elle

fut bien aise, et s'en assura plus que du premier serment, croyant les brebis et les chèvres être Dieux propres aux bergers et aux chevriers.

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