‹ Les pastorales de Longus, ou Daphnis et ChloéChapitre 52 sur 74 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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de simples bergers tel gars, â qui elle savoir bien que les marques et enseignes trouvées quant et lui promettoient autre fortune, et qui un jour ou l'autre, étant reconnu des siens, les pourroit, eux, non seulement affranchir de servitude, mais les faire maîtres de meilleure et plus grande terre qile celle qu'ils tenoient comme serfs. Myrtale, toutefois, craignant que le garçon, éprïs d'âmour, s'il peftloit ainsi tout espoir de ce que tant il désiroit , ne fût capable de quelque funeste résolution, lui allégua d'autres motifs et prétextes de refus : « Nous sommes, a ce lui dit-elle, pauvres, mon enfant, et « avons besoin d'une fille qui nous ap- « porte, plutôt qu'à qui il faille donner :

« au contraire ils sont riches, eux, et si a veulent avoir un mari qui leur donne, a Mais va, fais tant envers Chloé , et elle «c envers son père, qu'il ne nous demande « pas grand'chose et qu'il te la donne en i< mariage. Sans doute elle t'aime aussi, u et elle aimera bien mieux coucher avec ce toi pauvre et beau, qu'avec pas un de ce ceux-là, qui sont riches et laids comme « marmots. »

Myrtale crut par ce moyen avoir doucement éconduit Daphnis. Car elle tenoit pour tout assuré que jamais Dryas n*y coït-

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sentiroit, ayant en main de plus riches partis qui lui offroient beaucoup de biens.

Daphnis, quant à lui, ne se poavoit plaindre de la réponse, mais, se voyant si loin d'espérance, fit ce que les amants qui sont pauvres ont accoutumé de faire : il se prit à pleurer, et invoqua les Nymphes, lesquelles, la nuit ensuivante, ainsi qu'il dormoit, s'apparurent à lui , en même forme et manière que la première fois; etilui dit la plus âgée d'elles : « A un autre Dieu touche le <c soin du mariage de Chloé : nous te donne- « rons, nous, de quoi gagner Dryas. Le a bateau des Méthymniens, dont tes chè- « vres broutèrent le lien l'année passée, a fut ce jour-là par les vents emporté bien a loin de terre : mais d'autres souffles la <c nuit le jetèrent contre la côte, où il périt a et tout ce qui étoit dedans, sinon qu'avec a le débris l'onde poussa sur la grève une a bourse de trois cents écus, et est là couce verte d'algue, près d'un dauphin mort, <£ qui a été cause que nul passant ne s'en « est encore approché , fuyant un chacun « la puanteur de cette pourriture. Vas-y.

a prends la bourse, et la donne. Ce sera (c ^ssez à cette heure pour montrer que tu a n'es point pauvre : mais un temps vien- « dra que tu seras riche, »

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