L'ASSEMBLÉE DE SAINT-OUES
La première assemblée eut lieu à Saint-Ours, le 7 mai 1837, sous la présidence de M. Séraphin Charrier, de Saint-Denis. Wolfred ÎTelson fut le principal oi-ateur de la circonstance ; il parla énergiquement eu faveur des propositions suivantes, qui furent adoptées par l'assemblée avec enthousiasme :
" Que la mesure de lord John Eussell qui prive la Chambre de tout contrôle sui* le revenu, est une viola^ tion flagrante de tous les di'oits accordés au Bas-Canada par la capitulation et les traités;
'' Que le gou'verneniriit c|iii ipeut avoir recours à des moyens si violents, déti'uire le droit par la force et la violence, est un gouveraement méprisable, indigne de tout respect et même de soumission ;
" Que le peuple du Bas-Canada ne peut plus compter que sui* son énergie, et que ses alliés natm-els sont les citoyens de la république voisine ;
" Que le parlement anglais n'a pas le droit de faii*e des lois pour l'administration intériem-e de cette province, et que toute législation ainsi faite doit êti'O considérée comme nulle et tyrannique ;
" Que le peuple du Bas-Canada s'abstiendi-a autant
que possible de consommer des articles importés, mais fera usage de produits fabriqués dans le pays, afin de priver le gouvernement des revenus qu'il espère obtenir en collectant les droits imposés sur les marchandises étrangères ;
" Que poui- parvenir plus efficacement à la régénération de cette province, le Bas-Canada doit comme l'Irlande se rallier autoui' d'un seul homme ;
" Que cet homme a été marqué par Dieu, comme O'Connell, poui* être le chef politique, le régénérateur d'une nation ; quHl a été doué pour cela d'une force d'esprit et d'une éloquence incomparables, d'une haine de l'oppression et d'un amour pour sa patrie que rien, ni promesses, ni menaces, ne pourront jamais ébranler.
Voilà, en substance, quelles furent les propositions adoptées à l'assemblée de Saint-Ours. Elles devinrent le programme politique du temps, le canevas de toutes les propositions qui fui-ent adoptées dans les autres assemblées, le thème fécond qui inspii'a les orateurs du temps.
Effrayé de ces démonstrations, lord Gosford lança, le 15 de juin, une proclamation exhortant le peuple à s'abstenir de ces vénnions séditieuses, et ordonnant aux magistrats et officiers de milice de les empêcher.
Cette proclamation ne fit qu'augmenter l'effervescence populaire ; elle fut dénoncée comme un attentat de plus aux droits des habitants du Canada. A bas la proclamation 1 fut le cri général, et les assemblées se multiplièrent sur tous les points du pays.