JOSEPH-JACQUES ROBERT
Joseph- Jacques Eobert étaii le chef de la troupe qui, dans la nuit du 3 novembre, entreprit de désarmer les bureaucrates de Saint-Philippe, de Saint-Constant et de Laprairie, et fit le siège de la maison de Walker.
C'était un cultivateur à l'aise de Saint-Philippe. Sa position, son âge et son caractère lui donnaient beaucoup d'autorité parmi les patriotes de cette paroisse. Il était connu depuis longtemps poui* un partisan enthousiaste de la cause libérale et de Papineau. Il avait été un des premiers à remettre aux autorités sa commission de capitaine de milice.
Il comprit qu'il ne pouvait échapper à la sentence de mort portée d'avance contre tous ceux qui avaient pris part à l'expédition de La Tortue.
Il ne chercha pas à se sauver, et subit son procès
avec Indifférence ; il fit peu de questions aux témoins et ne chercha pas à affaiblir la preuve faite contre lui.
Le major Eobert était fortement trempé; il subit avec résignation les conséquences d'un acte qu'il avait cru nécessaire à la cause de la liberté.
Comme tous ceux qui meurent laissant une femme et des enfants désolés, il eut des moments de tristesse profonde, mais la pensée qu'il moui-ait pour l'indépendance de son pays lui rendait promptement son courage.
Quelques xms de ses amis avaient espéré que son grand âge le sauverait ; mais c'était une vaine espérance.
Le 18 janvier, il monta sur l'échafaud, suivi des deux Sanguinet, de Decoigne et de Hamelin. Lorsqu'il sortit à la suite du bourreau, de la chambre de toilette des condamnés, il aperçut plusiem-s pati-iotes à genoux et fondant en larmes. Il leur dit de se consoler, mais do continuer à prier poui" lui et ses compagnons.