LES PATRIOTES 2S
elle jouit maintenant. " O mes compatriotes, avait dit de Ijorimier, je meurs pour vous, poui* mon pays ; j'espère que ma mort vous sera utile."
" Oui, sa mort nous a été utile, elle a appris à respecter une nation capable de produire de pareils dévouements. Elle a montré que sm* les échafauds comme sur les champs de bataille, nous savions mourir pour nos droits et nos libertés.
" La mort de votre époux, madame, a été celle d'un héros. Ses dernières paroles mériteraient d'être inscrites sur nos monuments et nos édifices publics ; car jamais leçons plus éloquentes de patriotisme ne furent données à un peuple.
" Oh ! madame, il faut lire les pages qui contiennent ses dernières pensées pour apprécier la grandeur de la perte que vous avez faite, et les souffrances que vou:? avez si généreusement supportées.
" Ce que nous vous offrons est peu de chose poiu* tant de sacrifices, mais au moins ce sera pour vous, madame et mesdemoiselles, la preuve que la nation s'est souvenue enfin de celui que vous avez tant pleuré.
" Puisse notre modeste offrande être une consolation pom* vous et un encouragement pour tous ceux qui se dévouent à la patrie.
" Recevez, madame et mesdemoiselles les vœux sincères que nous formons poui* voti-e bonneur,
"L. O. David,
Président du comité,
Louis Fréchktte,
Vice-président,
H. Beauorand,
Secrétaire,"
" Durant la lectiu-e de l'adi-esse, Mme de Lorimier était au comble de l'émotion. Cependant elle put domjjter cette émotion, et prononça d'une voix grave ces paroles :
" — Je vous remercie, messieurs, en mon nom et au nom de mes enfants. Les paroles me manquent pour vous dire ce que mon cœur éprouve, mais vous devez le comprendre.
" Jamais je n'oublierai ce que vous faites poui' moi et poui* la mémoire de mon mari, "
" Quelques instants après, Mme de Lorimier, brisée par cet eifort, tomba évanouie.
" La lectui-e de l'adi-esse terminée, il y eut une séance musicale et littéraii*e à laquelle prirent part M]\I. David, Beaugrand, Archambeault, Fréchette, Saint- Pierre, Desève, Mme Saint-Pierre et Melle Peltier. Après qu'on a mis de jDareil noms sous les yeux du public, il est parfaitement oiseux de parler du résultat de cette séance.
" La journée de dimanche a été splendide, la démonstration si importante, qu'elle aura un retentissement extraordinaire par tout le Canada. Elle a eu un triple but : de donner du soulagement à une famille pauvre, d'honorer la mémoire d'un patriote, de faire voii* à la génération la récompense réservée à ceux qui se dévouent pour les saintes causes ; et, comme le temps ne fait parfois que donner de l'éclat aux choses véritablement grandes, ceux qui vivi'ont dans un quart de siècle, en parlant de cette démonstration, dii'ont avec orgueil :
" —J'étais là 1 "