‹ Les patriotes de 1837-1838 [microforme]Chapitre 17 sur 56 · JEAN-BAPTISTE DUMOUCHEL · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE DUMOUCHEL

M. Dumouchel naquit à Sandwich, province d'Ontario, en 1784, et vint dans le Bas-Canada, à l’âge de onze ans. Après quelques années passées au collége de Montréal, il entra, comme commis, chez M. Alexis Berthelot, marchand de Sainte-Geneviève. Vers l’année 1810, il ouvrit un magasin à Saint-Benoît, et épousa Mlle Marie-Victoire Félix, sœur du curé de cette paroisse,

M. Dumouchel était un de ces anciens Canadiens, au caractère franc, aux manières polies, à l'hospitalité proverbiale, dont nos campagnes devraient conserver aussi longtemps que possible le souvenir et les tradiditions. Il était connu et respecté, dans le Nord, comme les Drolet, les Franchère et les Cartier dans le Sud. Sa maison était moins bruyante que celles de ces riches marchands de la rivière Chambly, mais elle était aussi remarquable par l'hospitalité qu'on y recevait, et son commerce, quoique moins étendu, était aussi prospère et plus sûr. Il fut accablé de charges publiques, et parvint au grade de major dans la milice, sous le lieutenant-colonel Nicolet-Lambert Dumont, seigneur des Mille-Tsles.

Les faveurs du pouvoir ne l’empêchèrent pas de devenir l’un des plus ardents et des plus distingués pa- ‘ triotes du comté des Deux-Montagnes. Beau-frère de

LES PATRIOTES ÿ1

M. Girouard, ami des Papineau, des Viger, des Morin et des Labrie, il fut aussi l’un des plus dévoués partisans de ces grands citoyens dans leur lutte énergique en faveur de la liberté. Il fut un de ceux qui, n'ayant à gagner, mais tout à perdre dans l'agitation populaire, donnèrent la preuve la plus éclatante de leur sincérité par des sacrifices continuels.

Lorsque le gouvernement se décida à sévir contre les patriotes qui avaient pris part aux assemblées publiques, en leur enlevant les positions qu'ils occupaient dans la milice et dans la magistrature, il fut l’une des premières vicui 108 des bureaucrates.

Il vint un moment où un certain nombre de patriotes zélés crurent prudent d'engager leurs amis et le peuple àne pas éortir des voies constitutionnelles pour se lancer dans celles de l'insurrection, De ce nombre fut l’un des fils de M. Dumouchel, devenu plus tard sénateur. Mais M. Dumouchel, pas plus que le Dr Chénier, ne voulut prêter l'oreille à ces conseils inspirés par l'amitié et la prudence, et, comme le héros de Saint- Eustache, il crut que la résistance aux mandats d’arrestation était possible, que, dans tous les cas elle était devenue une nécessité, un dèvoir même.

Après le désastre de Saint-Eustache, c’est chez lui que les chefs patriotes de Saint-Benoît se réunirent pour conseiller à leurs partisans de se soumettre et aviser aux moyens d'échapper eux-mêmes à la vengeance des bureaucrates.

M. Dumouchel s'enfuit, mais il fut trahi, à quelques milles de Saint*Benoïit, par un individu qu’il avait protégé, et livré aux soldats de Colborne, qui l’amenèrent, les mains liées derrière le dos, à Montréal, et l’incarcé- . térent dans la vieille prison.

Il fut bientôt rejoint par ses deux fils, Hercule et Camille, qu’on arrêta à la Mission des Sauvages, dans

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