‹ Les patriotes de 1837-1838 [microforme]Chapitre 28 sur 56 · LE DR GAUVIN · texte numérisé non relu

LE DR GAUVIN

Le Dr Gauvin appartenait à une des familles les plus estimables de Montréal. Il était fils de la femme généreuse qui rivalisa avec Mme Gamelin pour secourir les patriotes prisonniers, et frère des demoiselles Gauvin qui aidèrent si puissamment leur mère dans son œuvre de charité patriotique. L'une des demoiselles Gauvin est aujourd’hui Mme veuve Brault et l’autre Mme Ostell.

Le nom de cette généreuse famille mérite une mention spéciale dans l’histoire des patriotes.

Le Dr Gauvin n'avait pas une forte santé ; il mourut peu de temps après les troubles.

LE MAJOR GODDU

M. Goddu, l’un des huit exilés des Bermudes, est mort, il y a deux ans, à l’âge d'environ quatre-vingt. dix ans. C'était un homme intelligent et passablement instruit, dont la conversation était très agréable, Il racontait avec beaucoup de verve les événements nombreux et intéressants auxquels il avait pris part.

Il était né à Saint-Denis d'une brave famille de cultivateurs,.

Son caractère décidé, son esprit aventureux le poussèrent à s'engager, à l’âge de seize ans, dans le corps des Voltigeurs, en 1812. Il fit la campagne comme major sous les ordres du colonel de Salaberry, et se couvrit de gloire à Lacolle et à Châteauguay. Il assista, plus tard, au combat naval de Plattsburgh, où il commandait une canonnière.

Pour récompense de ses services, il reçut une médaille militaire et cent acres de terrain dans le township de Weedon. Laissant l'épée du soldat pour la hache du colon, il s’enfonça dans la forêt et commença à défricher, Rebuté dans ses essais, il revint s'établir dans le comté de Rouville, à Saint-Césaire.

En 1837, les libertés constitutionnelles du Canada trouvèrent en lui un vaillant champion. Il assista, le 23 oc’ 1837, à l'assemblée des six comtés, et futun dr" ers à prendre les armes. Nommé comman-

«8 patriotes de Saint-Césaire, il se rendit, à la

; d’une centaine d'hommes, à Saint-Mathias où il reçut ordre d'attendre le résultat des premiers événements. Le désastre de Saint-Charles l’ayant convaincu qu'il n’y avait rien à faire, il ramena ses hommes à Saint-Césaire et se rendit lui-même à Saint-Hyacinthe où il passa huit jours pour dérouter les poursuites que l’on faisait contre lui. Ayant appris que des soldats

étaient à faire des recherches dans Ce village, pour s'emparer de lui, il partit pour Saint-Césaire, et fut

réal, les Menottes aux Poingnets, Comme un inaltii. teur, il fut emprisonné jusqu’au 2 juillet 1838,

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