FRANÇOIS-XAVIER HAMELIN
François-Xavier Hamelin était lieutenant dans la compagnie de Joseph Robert. Il fut prouvé, lors du procès, qu'il avait pris une part active à l’attaque de la maison de Walker. Il chercha à se sauver en prouvant qu’il avait été forcé de marcher dans la nuit du 3 novembre, On prouva aussi qu'il appartenait à une nombreuse famille dévouée au gouvernement, et qu’il avait toujours lui-même été très paisible et modéré. Mais, comme Robert et les Sanguinet, il devait payer de sa tête sa participation à la mort de Walker.
C'était un jeune homme, presqu’un enfant ; il n'avait que dix-huit ans comme Daunais. Sa famille fit ce qu’elle put pour le sauver; tout fut inutile, Quand
il vit qu'il fallait mourir, il pleura et tomba dans un grand abattement, mais il reprit ensuite son courage et ne s’occupa plus que de bien mourir. Il reçut les derniers sacrements avec beaucoup de ferveur, et montra une grande résignatiof pendant les terribles préparatifs de l'exécution. Toutes les personnes présentes le regardaient avec pitié. Il était si jeune pour mourir sur l’échafaud ! L
Mais on n'épargna pas plus la jeunesse que la vieillesse,
LES DEUX SANGUINET e
Les deux Sanguinet étaient frères. Ils appartenaient â une des familles les plus anciennes et les plus importantes du pays. Leur père était propriétaire de la seigneurie Lasalle dans le comté de Laprairie, mais il en fut dépouillé par le gouvernement du despote Craig, malgré un jugement de la Cour du banc de la reine en sa faveur. M. Sanguinet fut ruiné et ses ennemis se partagèrent ses dépouilles. On prétend que quelquesuns des conseillers du gouvernement eurent leur part,
Les Sanguinet étaient convaincus qu'ils avaient été uinés, volés même par le gouvernement ; cela explique l’ardeur avec laquelle ils embrassèrent la cause libérale en 1837. Le motif personnel se joignait chez eux aux raisons d'intérêt politique et national. Aussi, dès 1822, on trouve leurs noms parmi les signataires d’une pétition contre l’union du Haut et du Bas-Canada. En 1828, ils prenairat part à une grande assemblée convoquée à Saint-Philippe, dans le but de demander le rappel de lord Dalhousie qui avait refusé de reconnaître l'élection de M. Papineau comme orateur de la Chambre d’assemblée. En 1834, ils contribuaient grandement par leur activité à faire élire l'infortuné Cardinal député du comté de Laprairie.
Ils étaient tous deux pères de famille, à l'aise et très estimés de leurs concitoyens. L'aîné s'appelait Ambroise et avait trente-huit ans; l’autre portait le nom de Charles et avait trente-six ans. Ambroise demeurait à Saint-Constant, et Charles à Saint-Philippe. Le premier était gras et grand, l’autre beaucoup moins grand, trapu et vigoureux,
Le 3 novembre, ils agissaient, Ambroise comme capitaine, et Charles comme lieutenant, dans la troupe de Joseph Robert,