ACTE DEUXIÈME
ROSIER, vivement.
Non, diable! n'allez pas le distraire en ce moment!
PROSPER, le voyant écrire.
Quoi?... pour une lettre... on peut bien...
ROSIER
Il ne s'agit pas de sa lettre!
PROSPER, à Rosier.
Mais, j'y pense : est-ce que vous venez avec nous, au manoir d'Ango?
ROSIER
Moi?
PROSPER
Je vous prends dans le phaéton.
ROSIER, a part.
Il est bien question d'Ango!...
PROSPER
Monfort, dis-lui donc de venir!... vous respirerez un air pur, qui vaudra bien, pour vos poumons, l'odeur de vos vieux chiffons... et de votre encre d'imprimerie!
ROSIER
Impossible!
PROSPE R.
Voyons ! oubliez un instant le libraire, et songez à l'homme!
ROSIER, avec dédain.
Oh! l'homme!...
PROSPER
Vous vous laisserez traîner, pendant quelques heures, sur un tapis de verdure, en compagnie de notre cher Monfort, avec un beau ciel à l'horizon, et la mer à vos pieds!... Que diable! vous imprimez assez de poésies... faites-en un peu pour votre compte! celle-ci est si bonne!
ROSIER
Trop aimable ! mais je pars à trois heures.