ACTE DEUXIEME
PROSPER
Très-bien! — Monfort, tu entends? (a François.) Ah! ditesmoi!... (il parle bas à Frangois, qui sort ensuite par la gauche.)
MONFORT, à Rosier, lui donnant une lettre.
Tenez !
ROSIER
Merci! A demain, là-bas... convoi de huit heures!
HENRIETTE, vivement.
Comment! à demain... convoi de...
MONFORT, vivement.
Rien... il s'agit de... (a part.) Maladroit!
ROSIER, de même.
... D'un petit secret, mademoiselle... d'une surprise...
HENRIETTE
Pour la fête d'Hortense?
ROSIER
Précisément.
HENRIETTE, en confldence.
Oh! bien! bien! — on en prépare ici de magnifiques : un concert, des couronnes, des guirlandes ! — (a Monfort). Vous avez fait des vers, je gage?
MONFORT
Moi, du tout!
ROSIER, bas à Henriette,
Si ! (A Monfort) faitcs en quelques-uns; ça adoucira le choc de votre fugue, demain!
MONFORT, sévfTement.
Rosier !
HENRIETTE, joyeuse.
Des vers!... Ah! que c'est gentil!... Hortense sera-t-elle heureuse !... Des vers pour la fête de sa femme!
PROSPER, qui a quitté le domestique, redescendant.
Tu as fait des vers?
MON FORT
Mais, noni
HENRIETTE
Mais, si!
PROSPER
Bravo!
ROSIER, bas à Monfort.
C'est une idée! Rimez-en une douzaine... ça fera bien !
MONFORT, bas.
Taisez-vous !
HENRIETTE, à Prosper.
Et vous, monsieur?
PROSPER
Moi, mademoiselle? un notaire... oh!
HENRIETTE
Oh! si vous vouliez... il paraît... je sais que vous en avez imprimé de charmants !
PROSPER
Moi...
H ENRIETTE.
Il faut en faire.
PROSPER
Eh bien! oui, mademoiselle, j'en ferai.
HENRIETTE
Un acrostiche... c'est joli.
PROSPER
Un acrostiche, soit! (a pan.) Je suis capable de tout!
FRANÇOIS, rentrant de In gaiiclie.
On attend ces messieurs.
PROSPER
Oh! partons vite, alors! ( n remonte.)
Oui, oui.