ACTE TROISIÈME
MADAME DELAURE.
Tu te rappelles le projet dont cet éditeur est venu, ce matin, entretenir ton mari?...
HO RT EN SE
Oui...
MAD A ME DELAURE.
Un incident, que je t'expliquerais mal, semble exiger qu'Albert se livre à un travail urgent. Il ne saurait le poursuivre ici, oii trop de distractions viendraient, dit-il, détourner sa pensée; et juge indispensable d'aller se renfermer, pendant au moins huit jours, à Paris, pour terminer son œuvre: il a rendez-vous au théâtre... demain!...
HORTEXSE, vhement.
Demain ?... le jour de ma fête!
MADAME DELAURE l'obserrant.
Hortense!...
HORTENSE, avec uue tristesse résignée. '
Demain!... J'aurai tous les miens, à mes côtés... excepté lui !... C'est lui qui fait cela... Albert! Et, pendant que son ami allumera, le soir, ses bougies pour me fêter... Lui... sera à soixante lieues de moi, absorbé dans son œuvre? — C'est magnifique!
MADAME DELAURE.
Sois calme...
HORTENSE
Calme! Est-ce que je ne le suis pas? Cela m'étonnerait ; je me sens presque glacée !
MADAME DELAURE.
Hortense !...
HORTENSE , avec fermeté.
Ah! ma mère!... je ne sais pas mentir. — Si Albert me quittait, demain, pour quelque cause urgente et grave... qui fit briller à mes yeux la grandeur de son âme, et non de son orgueil... vous me verriez forte et fière; et la fleur, remise, le malin, en
parlant, resterait sur mon cœur, qu'elle réjouirait jusqu'au retour. Par malheur, j'y vois trop clair, hélas ! pour en juger ainsi, etn'ètre pas blessée!... Que la galerie l'approuve; peu m'importe! C'est justice, en effet, qu'elle l'acquilte de ce qu'il lui immole!... mais, moi, je suis l'épouse, qui attendais de lui la poésie et non la fièvre, et dont le douloureux mécompte...
MADAME DELAUKE, l'arrêtant.
Prends garde! ...