SOUS
ASDRÉ. Antoinette est sortie depuis ce matin, je : attends d'un moment à l’autre, Quant à Arthur, il a failli se faire tuer, le pauvre enfant, Heureusement pour lui, il s'est trouvé sur le lieu de l'accident un homme courageux, qui lui a sauvé la vie en exposant la sienne, Le pauvre petit nousa été apporté avee une jambe démise et force contusions,
QUEF&UIL, Ce n’est pas tout-à-fait aussi mal qu'on me l'avait dit - heureusement pour lui et pour Vous autres aussi … Maintenant revenons à mon million en Perspective, mais tout dabord, laisses moi te faire un aveu, Lorsque je te rencontrai, l’autre jour, sur a rue, tu me fis l'effei d'un homme quime cachait quelque chose, Je jugeai que ce devait être la gêne, et pour m'en assurer, je m'invitai, sans façon, à déjeuner chez toi, afin de te remonter le courage, en te laissant voir que je n’étais pas moi-même, précisément doré sur tranche, Brer, je te quittai, avec la conviction d'avoir deviné juste, e’est-h-dire que nous étions, tous deux, dans la gêne, peut-être quelque chose de plus. J'avais un nom sans tache pour héritage mais pas le sou, ce qui n'était pas de nature à me mettre en gaiété folle, A peine t'avais-je quitté, je rencontrai un ancien ami de ma famille qui, avec quelques débris d’une ancienne fortune, se Jetta dans l’industrie et il est en train de devenir puissaimment riche. Je tombai juste à point .ntre ses mains — il cherchait un jeune homme intelligent, actif,
; et instruit, À ses yeux, it parait que je réunis toutes ces q'alités. Après q ‘elqu'échange de politesse; il m'offri à dé- Jeuner, j'accepta!, nous entrâmes au restatiant, Pendant que je savourais mes côtelettes, il me fit mille et une questions sur mes projets d'avenir, mes aptitudes, mes gouts ete. De mes réponses, il conclut que je ne nageais pas précisément dans le pactole. Bref, il me Communiqua un excellent projet d'entreprise qu'il avait en vu - nous le discutâmes et
ANDRÉ
RoqQUuErFEUIL.
ANDRÉ
RoOQUErFEUIL.
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de la discusion, il s’encra dans l'idée, que j'étais l'homme qu'il lui fallait, 11 m'offrit de me mettre à la tête de l’entreprise, sans mise de fonds de ma part, ce qui m'allait comme un gant, avec trois mille francs d’émolument plus une part de dix pour cent dans les profits, pour la première année, Tu peux penser mon cher André, si j'acceptai de suite, J’entre en f. \etion, la semaine prochaine, Ce matin même, j'ai touché quelqu'argent et je viens te demander une faveur, que tu ne me refuserag pas — que tu ne peux pas me refuser — celle de me traite en frère, comme autrefois au collège,
(Lui tendant la main) Mon cher Roquefeuil, de tout mon cœur, je partage ta joie — personne plus que toi, ne méritait un tel bonheur.
Lui tenant toujours la main) André...ce que tu fais là, n’est .
pas bien. Tu fais semblant de ne ine pas comprendre, mais ne crois pas que je me tienne pour éconduit Je te demande de partage: mon bonheur, tu acceptes, c'est bien, mais ce n'est pas tout, j'ai dit: comme autrefoisau collège, Kh! bien au collège, notre bourse était commune, surtout dans les mo. ments difficiles. Eh! bien, André, je l'exige, an rom de notre amitié, je l'exige au noi de ta mère, où plutôt, denotre mère, Bon et noble Roquefeuil .... tu ne peux ‘’imag ner combien, dans ce moment tu innondes mon cœur de joie, Oui,
je puis te l'avouer à toi, mon meilleur ami — la misère m’é-
treint, le malheur me poursuit avec un acharnement qui me décourage. Ami, je t'en conjure, laisses moi encore quelques heures avant d'accepter ce que tu m'offres avec tant de délicatesse, tant de générosit”, J'attends ma sœur et André, pourqoi me blesser inutilement en repoussant ma demande. Ce n’est pas un service que je viens t'offrir, c’est plus que celà, André, c’est mon droit à la reconnaissance que je
A\nn
\0QUEFEL
ANDR
N Commis ANDRÉ, Commis:
ANDRÉ
Commis
reclame et tu ne peux me le refuser à aucun titre. Autrefois,
quand j'étais petit, ta bonne et sainte mère, à légal de toi |
me prodiguait sa tendresse et ses bontés Dans son € eur, nous |
comptions comme deux frères, Aujourd'hui, parceque tu es
Malheureux, vas tu me reluser ce doux titre? Vi UX tU me forcer "à perdre le souvenir du passé!"
ANDRÉ, Tu l'emportes frère: pardonnes moi, si Je t'ai blessé, mon
Ceur n'y était pour rien .…, Lis Moi, peux tu disposer de quelques instants — il me faut absolument sortir et voici Pourquoi; mon propriétaire sort d'ici et venait me rec amer une assez forte some pour mOi, qu'il me faut payer demain au plus tard, sans quoi, il me menace de la prison,
OQUEFEUIL, (7 ant sa bourse) Ah! oui-dà, mais il Comptait sans KRoque-
feuil, et son future million.
ANDRÉ. Patience frère, remets l'épée au fourrearr et Jaisses Moi
truire, Mon frère a été amené
t'insici, par son sauveur, un pauvre diable, à qui j'ai quelques fois fait l'aumône. Le portrait de mon père est tombé sous sa vue, Ce qui lui à causé une
trés vive émotion, Après m'avoir posé quelques questions et avoir appris que mon Pauvre pére vivait encore, il a in-
sisté pour le voir, mais seul. L’entrevue à eu lieu, puis il
m'a prié, supplié de lui accorder Ma Confiance dont il a be-
soin dit-il, et surtout, de m. conformer À des instructions, qu'il doit me faire tenir; j'attends ces in ment à l’autre,
N Commission vaine. (Une lettre à lu man), Mr,
| ANDRÉ. C'est moi.
| " ComMissrONN Are, Une lettre pour vous,
istructions d'un mo-
André Bernier?
ANDRÉ. Donnez mon ami, (Z/ veut donner uit pourboir
| quiest refuse.) N CoMMissionNaiRE, Merci Mons'eur,
Je suis payé, J'ai ordre d’atten-
dre votre réponse,
ANDRÉ
RoOQUEFEUIL.
ANDRÉ
RoQUEFEUIL.
DO te
FORNE Z.
ANDRE, ROQUEFEUIL, BIGOT, Dr. DUPRÉ. JOSELH, BERNIER, PERE.
iTenant la lettre à La maïn) Tu ne saurais croire, mon cher Roquefeuil, combien je redoute de connaître le centenu de cette lettre — 11 me semble, qu'il y a là, pour moi, un secret terrible à apprandre.
WTendant la main) Laisses à l'amitié, le soin de prendre, le premier, connaissance de ce papier.
(Lui donnant la litre) Soit — lis.
(Ouvre et parcours la lettre à la hâte — André s'est ussie
et parait très ému | Ecoute frère, nous +ommes sur la piste
qui doit nous conduire à la cause de tous vos malheurs.
Voici ce qu'on t'éerit: -— Monsieur Bernier,
Votre père fut autrefois volé d’une
forte «somme d'argent et faillit mourrir entre mes bras, frap- Le)
pé d’un coup de sang. Quand il reprit ses sens, sa raison n'y était plus. Témoin du crime, le voleur acheta mon silence; voilà ma faute. de suis maintenant en train de la acheter. Suivez, avec confiance et sans retard, le commisgionnaire, qui vous remettra ces lignes, il vous couduira
vers moi, Faites vous accompagner d’un ami.
Bien à vous.
MICHEL PLANTEROSE.
Bic
Dr. Du
Br Di, Dit
ANDRÉ
ROQUEFE\IL,
ANDRÉ
Prcor.
ANDRÉ
Biaor.
(Se levunti Pauvre père, voila donc la cause de ton mal- )
‘ heur, oh! je te vengerni. Ami. fais moi le plaisir de veiller L 0 oO
sur mon pére et mon frère, jusqu'à mon retour. Bigot va m'accompasner,
Appelle quelqu'un por v-iller sur eux, c'est moi, qui t'accompagrie,
(Lui tendant ia main) Oh! Fabien, tu es bien mon frère, merci. :Gypelunt\ Bigot ..… Bigot.
Qu’y a-t-111
Je vais sortir un instant avec Monsieur, je me rends chez Mr. Planterose. Je te confie mon père et mon frère, Jusqu'à mon retour. Si Antoinette arrivait pendant mon absence, dis lui que... je suis sorti avec Mr. de Roquefeuil, qu’elle ne s inquiète pas si mon retour se faisait attendre... (l'endant qu'il parle ainsi à Bigot, il prend son chapeau, sa canne— et pendant ce temps Roquejeuil parle au commissionnaire, puis ils sortent.)
(Les reconduisant\ Soyez sans inquiètude Mr. André, Fe n'démords pas de la maison avant votre retour. (Revenant en Scène) Diable... ÿk san vont chez ie et moi! Je devais, pourtant être de la partie aussi .…. allons faut croire qu'il a changé d'idée, Au fait, J'Vois pas à quoi j'aurais pu lui être bon, moi …. d'autant plus que Mr. Roquefeuil l'acu :pagne (arranseunt tes chaises) Mais tout de même, j'aurais eu du plaisir À voir le coquin de près. Allons, faut plus y penser.
Dr. Durré. (Entrant vivement.) Monsieur Bernier fils, est parti n'est-ce
Bicor.
Dr. Durré,
pas?
Il vient de sortir à l'instant.
Monsieur Bigot, le temps de montrer que vous êtes homme de parole est arrivé; vous avez promis à Mr. Planterose de l'aider dans son entreprise de démasquer un coquin, il a
Picor.
Dr. Durré.