‹ Les pauvres de Paris [microforme]Chapitre 8 sur 28 · IT ACTE · texte numérisé non relu

IT ACTE

Piace Publique.

VE MAISON FAISANT ENCOIGNURE, AVEC UNE POR- ®Œ El AUDESSUS DE CELLE-CI, UNE ENSEIGNE POR- MNT LE NOM DE CHAUVIN.

SCINX I.

FRANÇOIS, BIGOT, PLANTEROSE.

François. (Entrant en scène avee Riqut, qui porte un pot à peinture, «vec pincetuæ et une courte échelle.) Ah!ça Bigot, tu vas ne réparer cette enseigne du Père Chauvin, il faut que ça soit crânemeni fait, tu comprends ?

31GOT. J'eomprendx patron, faut qu'en puisse dire: ça, c'est l'ouvrage du Père François, ça se voit tout de suite; c’est ficellé

î de main de maitre, quoi!

© FRanÇois. Cest celà mon garçon; seulement, il est dommage que ta

main ne soit pas aussi déliée que ta langue.

BIGOT. Patron, vous n'êtes pas juste, je ..... « FraxÇois. ( L'interrompant ) Bon, bon, je sais ce que je dis, prends

ton échelle et à l'ouvrage bavard et ne lambine passuivant 1 coutume, Je repasserai bientôt (/1 fuit un mouvement pour sortir. )

Bicor. (Tirant un brule-queute di sa poche.) Fatron, avec vos compliments, passez moi donc (lui montrant sa pipe vue) un bout de Caporal.

FRaNÇois. (Lui donnant un peu de tabac) Ah! ça, galopin, chaque fois que je te mets à l'ouvrage, il faut que Je te fournisse le tabac, tu vas me perdre cette mauvaise habitude, si non, je te retiens ça sur tes gages,

Biaor, ( Prenant le tabae et chargeant sa pipe.) Merci Patron, tout de même il est fameux votre tabac, puis, vous le fowrnissez avec tant de grâce, Tenez, pour vous récompenser, J'vas vous'astisquer c't'enseigne là, de façon à vous faire une réputation grosse comme .…….. la colonne vendôme que si jamais, le. petit Caporal y revient de l’autre monde

+ Y sera jaloux de vaus ...... dites donc Pa'ron,une allumette sil vous plait.

FRanÇois. (Tout en travaillant la peinture qui est à terre) Je n’en ai pas Pour l'amour de Dieu, dis moi done, quand finiras-tu de mendier?

Pico. ( Tout en préparant son échelle.) Aussitôt que j'aurai dix mille francs de rente, patron. Ah! ça ne me prendra pas grand temps, j'ai déjà dix francs de capital.

FRanÇois. Oui, dix francs en main et vin gt francs de dettes sans doute. Allons, à l'ouvrage méchant garzement, je repasserai tantôt, (T7 va pour sortir et rencontre Planterose )

Bicor. { l'arrétant de la voir, }Sans vous Cammander, patron, mes compliments à ma blonde, si :ous la rencontrez.

PLANTERO!E, ( Présentant son chapeau à François qui sort | La charité s’il vous plait?

François Travaille paresseux.

PLaNrurose, Butor.

ÉPMAE) |, Apr

SCENS II.

IGOT, PLANTEROSE, ANDRÉ, ROQUEFEUIL.

Bicor. (À part.) Voilà.un paticulier qui va mettre du temps à se faire millionnaire, s’il n’a que le patron pour lui fournir le capital. (à Planterose ) Eh! là, l'ami, avez-vous, comme qui dirait une allumette de trop dans vos poches!

DANTEROSE. | Ton brusque ) Je n’en ai pas.

cor. | Fouillunt ses poshes et montant dans son échelle. ) Merci,

aussi bien, sans celle-ci (Tirant une allumette de sa: poche ) j'allais m’établir près de vous et vous faire concurence, heureusement pour vous, j'en ai z'une. {Il allisme sa pipe et se met en train de travaillér ) Dites donc, est-ce que ça paie gros dans votre état?

D anrenose. ( À part | Le gueux veut se moquer de moi.

J Picor. Eh! l'ami, êtes vous sourd?

2, inrerose. Que voulez-vous!

% Bicor. Je vous demande, si on fait promptement des rentes dans

1 votre état?

>LANTEROSE. Descends, je vais te dire la chose à l'oreille. “ Bicor. Merci, je suis pressé.

Praxrenose. ( À André qui entre.) La charité s’il vous plait? ANDRÉ, ( Lui donnant un sou. | Tenez mon ami et priez pour moi. BLaxrerose. Merci Monsieur, merci. (À lui-même) mauvaises prières que : les miennes. | Z/ svrt.) ê ANDRÉ, ( Appercevant Bigot.) Tiens, mais qu'est-ce que je vois 1 donc la-haut … perché.

Braor. C’est moi, M'sieu André, c’est moi; j'me livre aux beaux arts quoi! j'fais d'la grande peinture .….. de marchand de chandelles. Ah! dame .. M’sieu André, si j'avais été au collé-

cé ns ASE ES PES © =

ANDRÉ, Biaor,

ANDRE

Bicor.

Praor.

Braor.

ANCRÉ

Bicor.

ge … où seulement à l’université,

Serais-tu plus heureux, si tu avais été au collège?

d'n’dis pas ça, mais Claudette, vous savez Claudette, ma future, elle prétend que si j'avais eu un tantinet de collège, avec les talents qui m'distinguent, que notre mariage serait déjà bâclé, Ça la vexe pas mal de m'voir pour toute fortune que mon pot à peiuture et mon pinceau. Quand à moi, M'sieu Ardré, Oh! j'suis content de mou état, pourtant, si J'avais pu être Clerc huissier, y m’semble que j'aurais fait du bruit dans l'monde, Lien plus que dans la peinture. Allons, mon bon Bigot, toujours le caractère gai et le mot pour rire, tu es bien heureux, va.

Oh! j'dis pas l’eontraire, M'sieu André, j'dis pas le contraire, mais tout d'même, si j'étais un pen baron ….. ou marquis ...... où seulement fabriquant de boutons à quatre trous, ( Apy ercerant Roqueteuil qui entre! j'vaudrais bien ce miope là par exempl, avec sa vitie à l'oeil { scccuant son pinceau ) ah! nom d'un petit bonhomme.

GSOEMNE ITI.

BIGOT, ROQUEFEUIL, ANDRÉ.

Roquereutt. Bien ......... de la peinture sur mon habit ….. que le dia-

Le CRAETE .. Vous ne pouviez done pas crier: güre. J'ai le rhume de cerveau.

RoquerEutL. | Appertevant André. André! ...... André Bernier. ANDRÉ.

Roquereuir, Depuis vir gt quatre heures

Roquefeuil! ….... toi à Paris ( Z{s se pressent la main. |

(Descendant de son échelle et à part | c'est un ami à Mr. André .….... tant pis, il est à l’huile Ce cher Fabien.

Les arts, ça n'échauffent pas — j'vas aller prendre une bou-

A NDRÉ, Roquereuir.

ANDRÉ

RoquEerEuIr, ANDRÉ,.

ReQUEFEUIL,

ANDRE

ROQUEFEUIL,

ANDRÉ

RoQUErFEUIL.

ANDRÉ

chée et un verre de queuque chose, (il sort.)

SOENE IT.

ANDRÉ, ROQUEFEUIL.

Est-ce que , tu venais à la maison?

Pas en droite ligne quelques petites affaires À regler

dans ce quartier .........

L’embarras des richesses ........, ce que c’est que d’hériter.

Eh!mon D'eu, ce n’est Pas souvent... ..,, ce que l’on croit. h! voici la phrase de tous les héritiers ....... le bouclier

contre l'emprunt ........, la sauvegarde du trésor, Je ne dis

pas celà pour toi. Mais pourtant, je te trouv: déjà un petit

air ......... protecteur,

Je suis toujours le même ......…. et pour te le prouver...

je m'invite sans façon ........, comme par le passé ........, à

diner aujourd’hui chez toi,

Ma foi, tu tombes mal, mon pauvre Fabien ...... Chez nous

la marmite est sans dessus dessus.

Ah!

J° suis sujourd'hui d’un grand déj Jeuner dinatoire, mon

chef de bureau vient d’être décoré et il nous fait arroser

son ruban rouge,

Eh toi... es-tu monté en grade?

Toujours le même... surnuméraire heureusement

que je n’attends pas après... du reste maintenant je suis

le plus ancien, Mais j'y pense .….. demain je suis libre …,

on déménage notre division ...... .. veuxtu venir déjeuner avec 1 ous?

Roquereuiz. Eh! ce n’est pas de refns.

AXNDRÉ.

RoQUErEUI I.

Ma soeur sera enchantée de te revoir ..……. toi, mon plus ancien camarade de collège, À Henri IV. Quand je passe devant ses murs, celà me fait

ANDRÉ

l'effet d’un vieux livre qu'on r'ouvre.

C'est là, que nous nous sommes connus, c’est là, que nous nous sommes aimés, Monde en petit, où le plus fort op. prime déjà le faible où le riche égoiste insulte au pauvre … qu’il dévine … c’est comme dans la vie, il faut jouer du poing.

RoqurreuiL. Età nous deux ......... nous allions bien, ça me fait toujours

ANDRÉ,

plaisir de regarder la porte.

Parceque nous ne la franchirons plus.

RoquEerEuiL. C’est bien possible! ........, il me semble que je vois encore que]

ANDRÉ

là, ta bonne mère qui nous reconduisait le ‘manche soir; avec Antoinette ..... .. pardon ...... je dis Antoinette tout court, moi... mais, Nous nous sommes Vus si jeunes ...... jadis, chaque dimanche sans parents à Paris ...... qui m'e:levait des murs de Henri IV .........et me remplaçait la fa. mille absente? Ta mère, mon cher, ta bonne et sainte mère qui devenait la mienne ...... ta soeur qui m'appellait son frère ..….. temps j'assé …... temps heureux.

Allons, allons, ne te laisses pas trop aller aux souvenirs du passé, cela altère ta gaité. Te voilà maintenant à la tête de la fortune que ton père t'a laissée, tu es à présent Monsieur le comte Fabien de Rocuefeuil, que diable, avec de la fortune et un nom pareil, tu dois toujours nager dans un océan de gaité.

RoouEereuir. Sans doute ......sans doute ..…...(grattant son habit avec

ANDRÉ

son drigt et presqu'à-luiméme | c'est, que ‘c’est de la peinture à l'huile ......…..

Où as-tu donc attrapé ça!

Roquereuir. Eh! là ...…... en passant ...... un anunal qui secouait ...….

ANDRÉ

c’est fait pour moi ça.

Tu n'avais donc pas de paletôt ........,

RoquerEuiL. Je n'aime pas les paletôts, c'est gênant .…... ça entrave les

ANDRÉ

mouvements .…...... et puis, il ne fait pas froid. Je ne suis pas complêtement de ton avis. :

UEFEI

ND: É ULFEL

NDiÉ, UEFEUIL

ANDuÉ.

MOQUEFEUIL

UEFEUT ,

Vous autres Parisiens, vous tes toujours gelés ....., lo maudit barbouilleur, Allons un peu d'indulgence, pour les pauvres gens. Los pauvres gens …....qu'appelles-tu pauvres gens! ...…,, et sais-tu seulement où ils se trouvent? ........ dans toute grande ville ct à Paris surtout, où ils sont plus rarement sous la guenille que sous l'habit noir. Les pauvres gens, c’est le petit employé, chargé de famille qui arrache à l'appétit de ses enfants de quoi acheter un paletôt de hasard ou de quoi donner des étrennes à son concierge, C’est le juintre, dans son grenier qui den ande au Mont-de-piété, ses couleurs et ses pinceaux! Le poüte, qui prétend revenir d'Italie et qui soit de l'hopital! Le gentilhomme, dont le blason date des croisadeset qui sa boutonne pour cacher son linge! L'avocat sans cau-e, le Médecin sans malades, l’Acteur sans engagement, lè Journaliste sans journaux. 11 faut que tous ces gens là, s’habillent, se logent, se nourissent s'ils le peuvent: aient l'air d’être quelque chose et de ne pas courir après la fortune pour qu’elle vienne à eux, Misères ignoiées, douleurs inconnues qu’on frôle, qu'on coudoie sans s’en douter! .…......,et souvent, quand il passe du monde et que médecin, avocat, employé, poëte tous, vêtus à la surface, sont au grand soleil de la rue, ils arrachent ..... comme prospectus …...: une dernière pièce de cuivre de leur gousset vide .… et la jette nonchalamment dans la sébille de quelque mendiant dont la paillasse est souvent garnie d’or! cachant leur misère avec une aumône! fumant un cigare pour tromper leur appétit; riant tout haut, grinçant des dents tout bas; voilà les pauvres en habit noir, voilà les vrais pauvres.

Comme tu prends feu ..….. on jurerait à t'entendre que tu es passé par là.

. Moi, par exemple .... je avis un peu observateur, voilà tout,

Ds

ANDRÉ, Vraiment, je suis désolé que ma soeur n'ait pas entendu ta fulminante tirade … celà l'aurait divertie ..... mais à propos, n'oublies pas le déjeuner avec nous, demain, nous causerons du temps passé, Au revoir, (2 lui presse la main et sort.)

Roquereuiz, Sois sans inquiètude, j’e serai ponctuel, (Presqu'à lui-mérie ) Je suis sûr, qu’il y a du vitrioh, là dedans .… çn mange le drap:

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