SCÈNE IL
RAOUL, PUOEBUS.
RAOUL
F.b bien ! mon cher Phœbus, vous devox être satisfait... vous voilà en plein Bourbonnais, loin du bruit et des intrigues de Paris.
F80EBUB.
Dieu merci I... je me sens renaître!... Je vais doue respirer à mon aise ! me dilater, m’épauouir aux douces émanations de la naturel».. Enfin, je suis aux champs ! aux champs, où l'on ne rencontre que le bon, l'honnête paysan... l'homme primitif... la vertu en sabots et en bonnet de coton !
RAOUL, riant.
Oh ! oh! la vertu!... Prenez garde, mon cher 1
PUOEBUS.
Comment?
RAOUL
Certes, il y a d'honnétes geus partout. Mais Je crois que vous avez étudié le paysan dans Théocrile ou Virgile ; vous rêvez les bergers d'Arcadie, les pasteurs de l'àge d’or... Peut-être changerezvous uii peu d'opinion quand vous aurez ici des biens à faire valoir, quand vous serez devenu partie intéressée dans la guerre éternelle du monsieur et du paysan.
PHOEBUS
Allons donc, mon bon, allonsdonc! Préjugés, paradoxes que tout ça ! Je vous attends à ma ferme modèle !
RAOUL
Votre ferme modèle !
pnoEius.
Oui, c’est un petit plan humanitaire... uu jeune projet phalanstérien qui m'est éclos en lisant les
ouvres d’un grand romancier socialiste... (Serrant un papier de sa poche.) J'ai rédigé déjà un petit réglement à l'usage de mes bons laboureurs. (Lisant.) « Article l*r. Le travail doit être réparti suivant les capacités et les intelligences. Art. 2. Nul n'a droit au superflu, a RAOUL.
Ainsi, décidément, c’est un parti pris... et vous allez, vous, Phœbus Bourdicbon !...
PUOEBUS.
De Prévalé, s’il vous plaît, de Prévalé RAOUL.
Oui, de Prévalé, grâce à un coin de terre acheté je ne sais où... Mais, avec vos idées de uoblesse, il me semblait que vous teniez surtout à vivre en dandy, en lion, et non en agriculteur.
PHOEBUS
: Pourquoi donc? Nous avons déjà le soldat laboureur... nous aurons le lion laboureur. (Avec force.) Oui, c'est décidé! je romps avec la capitale... je jette le twen aux orties; j 'abandonne le steack, le groom et le brougham!... j'endossé'la blouse du paysan , je Veux vivre au milieu des bœufs, des moutons, des oies et des canards ; je ferai paître mes oies et je tondrai mes canards... non, je tondrai mes canards et je... Enfin, je veux manier la houlette cl la charrue; je veux avoir les mains calleuses et manger de la soupe aux choux quatre fois par jour... Et le premier citadin qui s’avise de me railler, jarnicolon ! je lui passe ma fourche au travers du corps.
RAOUL
A merveille! mais parlons sérieusement; revenons à vos idées de mariage.
PHOEBUS
Soit! le pastoral n'est point ennemi du matrimonial!... Nous disons donc que vous êtes leplus noble de nous deux, mais que je suis, et de beaucoup, le plus riche, moi qui n'ai pas fait, comme vous, de monstrueuses folies à Paris.
RAOUL
C’est que, sur votre roule, vous n'avez pu rencontré, comme moi, ces jeunes et gracieuses bouris, ces charmantes amphitryons femelles d’aujourd hui, un peu bohémiennes, prétendues actrices, dounanl à dîner, à jouer... elle reste. Vous n’avez pas vécu avec les partners habituelsde ces dames, ces jeunes et illustres gentilshommes d’a présent; moitié Français et moitié Grecs... demi-filous et demi- grands-seigneurs... qui vivent de ce que les autres ont, qui dépensent tout ce qu'ils n'ont pas, et dont les comptes se règlent en police correctionnelle.
pbcebus.
AU ! mon gaillard, vous en êtes-vous donné pendant mou voyage en Provence... Ou parle surtout d’une certaine Fleur de Lys... que vous courtisiez sous le joli nom de guerre de Gustave.