‹ Les paysans drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 39 sur 95 · ACTE II, IIP TABLEAU, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, IIP TABLEAU, SCÈNE VII

CftIRIOULO.

Ne (e presse pas... Nous étions donc amis,tn< i qui ne valais pas grand’chose, et toi... qui ne valais rie» du tout...

TAüDOTEn.

Ah 1 c’est pour me dire ça i...

CHAR MOU LO

Laisse donc, ça fait toujours plaisir de se rappeler ses jeunes années... Un jour donc... lu viens me trouver & la brune: ■ Charmoulu, que lu me dis, il y a un bon coup h faire , en estu? ■ Je voyais bien dans tes yeux quelque chose qui me faisait peur; mais, ce jour-là. « j’avais soif.

VAUDOYER

Tu as accepté... et depuis...

Pas si vite... J'ai accepté, et le soir même, à onze heures, nous escaladions ensemble le mur du parc des Luxeuil ; tu me conduisis par un escalier dérobé... et un quart d’heure après...

VAU DOVER

Tais-toi.

CHARMOULU.

Un quart d’beure après, y avait un homme de moins et an assas>in de plu*...

VAUDOYBR.

Notre crime fut égal...

CHARMOULU.

Pas du tout... Moi J’étais venu pour prendre... et uoti pas pour tuerl... D’ailleurs, lu sais bien que c'est loi, toi seul qui l^t* frappé , toi qui as emporté la cassette... une cassette qui renfermait quatre cent mille francs...

VAUDOYED, redescendant.

Tu mens...

CHARMOULU.

Qu’ t'es bêle, va... Pour qui que tu cries ça , pisque nous n' sommes que nous deux? Je disais donc quatre ce ut mille francs que je t'ai laissés sans dire un mot, sans rien réclamer, cl sur lesquels tu m’as donné de temps en temps une méchante petite pistole; et l’as cru que je m'en contenterais toujours?... Oh i que ncuni, mon homme, oh ! que nenni.

VAUDOYER

El pourquoi avoir attendu jusqu’à préseut?

Je vas le le dire : le comte mort... j’ai eu

peur...

VAUDOYER

Peur!...

CHARMOULU.

J’ai en peur... et j'ai fait ce petit calcul... Si ' j'ai de l'argent... une grosse somme... je suis si maladioit... je me connais ; avec ma soif perpétuelle, je me trahirai, elma fortune me perdra... Viudoyer, au contraire, est un fînot. lui ; v trou- 1

vera le moyen de mettre tout ce bien là an grand jour, sans qu’on se demande ni ce que c’est, ni d’où que ça vient... Et je ne m’étais pas trompé, val... T’as d'abord acheté quèqqe pauv’ têtes de bestiaux, que l’as vendues an marché , puis un peu plus, un peu plus, et tonjours cnmmp ça en augmentant ; si bien qu'à force de racheter et de revendre, à force de spéculer dans le pay * et à la ville, y s’csl trouvé qu’un jour on disait que Vaudoyer devait avoir pour le moius cent mille livres à lui...

VAUDOYER

Cent mille francs?... Tu es fou!..

CHARMOULU.

Alors t’as agi largement, t’as acheté de grandes terres et des grands troupeaux, et aujourd’hui t’a» quatre cent mille francs à toi 1...

VAUDOYER

Quatre cent mille francs !... C’est faux!...

Quatre cent mille francs ben avérés, ben connus de tout le monde ; et tu peux me dire, à moi qui vais m’arranger pour l’avoir sauvé la vie: « Charmoulu . v’ià la moi lé de ce que je possède. » Je refuserai... d’abord; mais j’accepterai ensuite, et je recueillerai eufin tout I’ fruit de ma patience et de mon attente, et je me trouverai à mon tour gros richard comme toi, sans inquiétude, sans peine et sans danger... V’Ià mon calcul, mon homme, et je ne le crois pas mauvais.

VAUDOYER

Mais si je refuse...

CHARMOULU.

D’ partager?,.. Je t’y forcerai... j* suis en mesure...

VAUDOYER

Tu me menaces... moi-.. Tu me connais pourtant bien... tu sais que je serais capable...

CHARMOULU.

De me tuer?... Mais tu me tuerai*, mon pauv’ ami, quej’ serais encore en mesurel...

VAUDOYER

En mesure I

CHARMOULU.

J’ai amassé cent écus... C* n’est guère; mais c’est assez pour deux choses... la première, faire un testament...

Un testament...

CHARMOULU.

Que j’ai placé avec mes cent écus chez le notaire de l’endroit, à seule fin que si je me périssais d’ mort subite, on ouvrirait ce testament, où je raconte...

VAUDOYU.

Quoi?...

CHARMOULU.

La mort do do Luxeuil

St

TAODOTU.

Tu as écrit cela, malheureux !...

CHAR MOULU

Tout au long. Tu vois que, si tu me tuais... ça ne le mènerait à rien de ben bon; car il te faudrait encore occire M. le notaire ., et un homme de loi, ça a la vie dure.

VAUDOYER

Mais si je refuse simplement de partager, tu n'oseras pas te dénoncer pour me perdre...

CBARMOULU.

Non; mais je filerais à l’étranger, et une fois là, je nous dénoncerais b«*l et bien tous les deux, •t Je donnerai la preuve de luu crime.

La preuve 1 il n’y en a pas !

CBARMOULU.

Y en o, mon pauv’ Vaudoyer, y en a une surtout, pus terrible que toutes les dénonciations, pus accablante... qu’un aTeu que tu ferais toimême...

VAUDOYER

C' n’est pat vrai... Tu me l'aurais dite î

CBARMOULU.

Pour que tu me la détruises?... Allons donc, bêta!... Je te l’ai cachée pour l'avoir à mon service... le jour du grand partage, et ce jour-là est venu. Tiens, v'Ià du inonde qu’arrive, je vas te fournir une occasion pour être grand et généreux.

VAUDOYER

Prends garde I Charraoulu , prends garde 1 Je ne te dis qu’ ça !...

CBARMOULU.

Allons, v'Ià quelqu’un, sois gentil.

0vo««QooooooooooeooooMed<»aM>do aooomoooooeaooodO

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