‹ Les paysans drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 52 sur 95 · ACTE III, IV* TABLEAU, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, IV* TABLEAU, SCÈNE IV

VALENTtXE.

Écoutez- moi, monsieur Lucien !... Un homme Je cp pay* tirât dans sa main la ruine ou le salut de uotre Limille. la vie ou la mort de ma mère!... LUCIEN.

Grand Dieu !

VALENTINS.

Je suis allée le trouver... je lui ai dit le désespoir de la pauvre veuve si elle se voyait chassée Je sa demeure... de cet asile où elle est née, où elle espérait finir ses jours...

LUCIEN

Eh bien?...

va le N Tl \B, avec désespoir.

Eh bien I.., taudis que je lui peignais la douleur de ma mère... lui, il mu trouvait belle... tandis qae je lui montrais les larmes, le désespoir de looie une fbmiilc... il me trouvait belle !... Et crtte grâce que je venais implorer, il offre de nous la vrndre I... La vie de ma mère, enfin... il me la vend, entendez-vous?... il me la venden échoit* te de ma vie h moi I II veut que je sois sa femme ! LUCIEN.

Sa femme!... vous!... Et cet homme ! quel est cet homme?...

VALENTIXE.

Qu'importe son nom ! vous savei bien que je ne l'aine pas.

LUCIEN

Et... sans doute, M«® | a comtesse... vous or* donne.,.

VALENTINS.

Ma mère n’ordonne rien .. elle n'implore même pas... elle attend, elle veut que je «iécidc de son inrt !... Si je ne lui ai pas dit : a Pour loi, manière, j’épouserai cet homme sans plainte et sans repets, • c'est que... j’ai désiré vous voir, mon- «fur Lucien, parce qu'il me semblait que c^tte tie que vous m'avez conservée ne m’appartenait plus tout entière... parce que j’ai voulu que »ous me disiez : « Sauvez votre mère, Valeniine, tauvez-la, dût il vous en coûter bien des larmes; «avez-la, dussiez-vous renoncer à tout espoir d'a- »eair et de bonheur!... »

LUCIEN

Moi! que je vous tienne un semblable langage! VALENTINS.

Obi il faut me dire cela, monsieur Lucien, il le but, pour que voire voix me donne du couragecl de k force— pour qu’à l'heure de ce cruel sacrifice, je Mue me répéter, tout bas ; lui aussi l’a voulu, c«l lui qui me l’a ordonné, lui qui souffre autant loe moi, mais qui, du moins, ne songe pas à me ®audire !...

LUCIEN

Vous maudire !... Oh ! c’est mon destin, c’est (ooi-œéiuc que je dois maudire ! moi qui ne puis nen pour vous sauver; moi qui ne suis rien, et quitte possède rien... pas ntéme un espoir pour

l’avenir!... pas même un nom, car ma naissanc est une honte !

VALENTINS.

Qu’eutends-je!... Marguerite Benoit?...

Oui. Marguerite Benoît!... voilà tout ce que je connais de ma famille... ma mère, qui m'a juré bien souvent que mon père était plein d'honneur, digne tous les respects... El cependant il l’a abandonnée, et ce n’est pas son nom que je porte!... Je ne suis que le fils d’une humble paysanne... le fils de Marguerite Benoit !

Là COMTESSE, qui vient d’enirer.

Que vols-je?...

Valentins, apercevant la comtesse.

Ciel! ma mère!...

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