‹ Les paysans drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 7 sur 95 · CHAMP · texte numérisé non relu

CHAMP

Ob '. c'est moins que rien, monsieur Yaudoyer, et tout gros millionnaire que vous Otes... ça ne vous coûtera pas un liard.

VAUDOYBn, souriant.

Millionnaire, moi!... Allons donc!

CHAMPUIS.

Mais, d-> me !... puisqu'on dilqu' vous ajrez plut de quatre cent mille francs...

BOUDARD

C'est juste, alors...

VADDOYBA.

Enfin, parle...

CHAMPUIS.

Pour lors, monsieur Yaudoyer, c'est par rapport à une difficulté qui s’a enlevée entre Martin et moi.

MARTIN

Si bien que j* tenons vous prier d' nous sarvir d’arbitres...

VAU DOVER Ct BOUDARD.

Noos!...

CHAMPUIS.

Quoi que vous dites d’ ça, m’sieur Yaudoyer?

vaudover.

le dis que vous avez tort tous les deux.

MARTIN et CHAMPUIS.

Tous les deux?

vaudover.

Oui, tort de passer vol’ temps en querelles, en contestations... Est-ce qu'an lieu d’vous faire la guerre les uns aux autres, vous ne devriez pas plutôt vous rapprocher... vous entendre... vous uuir contre les riches?... C'cslcu a’unissout qu’on

devient fort.., eVsi en faisant cause commune que i les paysans deviennent les maîtres d’un pays!

CHAMPUIS.

C’est possible, m 'sieur Yaudoyer ; nvi» les trois ] sillons T...

MARTIN

Voyous, vous, m’sieur lloudard. qn etes uu si honnête homme, quoi que vous en pensez?

HOUDAHD.

Eh beu ! mes entons, y aurait peut-être un moyen... qui concilierait tout...

MARTIN et CHAMPUIS.

Lequel ? lequel ?

HOU DA RD

Ce serait... ce serait de vous reculer un brin, chacun de son côté...

CHAMPUIS.

Heinl... d’un demi-sillon?

flou DARD.

Plus que ça...

CHAMPMS, étonné.

D’un sillon tout entier ?

Plus que ça encore...

CHAMPUIS, ébahi.

Ah bah !... ct d’ comben donc?

BOUDARD

Mais, dame!... h peu près chacuu d'undmiiarpeut...

CHAMPUIS.

Vous voulus plaisanter!...

MARTIN

D’un demi-arpcnl !...

BOUDARD

Oui... carcnGn, si j'ai bonne mémoire, autrefois vos champs n’étaicnl pas mitoyens... Il y avait entre eux deux... un terrain...

CHAMPUIS.

Un bout de terrain, vous croyez ?...

MARTIN

Quèque petit morceau d'Iarre...

HOUDARD

Non, non, mieux que ça... un bel et bon arpe nt de terre, appartenant au château de Luxcuil,

CHAMPUIS.

Au château... Connais pas.

Un arpent aux Luxeuil!... J’ai jamais vu ça .. Où diable qu'y peut être allé, c’tarpcnt-là ?... HOUDARD.

Eh ben!... si je n’eraiguais pas d* vous fâcher... j’ vous le dirais... J' vous rappellerais que clia- ' que fois qu'y labourait son champ, Cliampuis, par mégarde sans doute, poussait un peu sa char- | rue sur la droite... tandis que Martin qu’était situé de l’autre côté, par mégarde aussi ben certainement... poussait un peu la sienne sur la gauche.. Un sillon d'un côté, un sillon de l'autre...

à la Un de la journée, ça faisait deux sillons de moins dans le champ de lu comtesse...

CIIAMI'UI».

14, quand je le «lisais que je lu mordais, Martin.

MARTIN

Quand je le disais que tu mangeais, Champuis!

«OU DARD

Plus tard, nouveau labourage... nouvelles distractions de Champuis et de Martin... en sorte qu’au bout de quelque temps Martin et Champui.*, eu travaillant le malin, pouvaient déjà se donner une poignée de main par dessus l'arpent de M œe la comtesse, cl sans sortir de chez eux...

BRIOOT.

Excusez ! y z’avaient le bras long.

TOUS

Ali! oui... ah! oui...

BOUDARD

Plus lard encore, on a marché de nouveau... si bien que de distraction cii distraction et de sillon en sillon, un beau jour, en labourant, vos deux charrues îC tout liaient, et le champ de la comtesse 11 'exhlait plus.

TOUS

Cest vrai 1 c'est vrai î

BOUDARD

Voilà d’où rient votre différend... C’est votre voisinage qui cause votre querelle... Eh bien! mes enfans, que chacun rende à la comtesse ce qu’il lui a pris... et la paix sera rétablie entre vous... Voilà le moyen que je vous propose !...

{(.es paysans sc mettent à rire.)

MARTIN

Aljrci !... eh ben ! il est gentil le moyen !...

CHAMPUIS.

Lemire quèqu' chose... plus souvent 1...

BOUDARD

Mais pourtant, si c’est un bien dont vous avez fait tort à la comtesse.

VAU DOTER

Bah ! c’est à elle à garder ses propriétés... Voyez si on me pille, moi... si quelqu'un s'avise «le couper mon bois, ou d'envoyer ses bestiaux brouter l'herbe de. ines prés... Mais c’est qu'aussi je veille au grain, comme ou dit... Que les gens du château fassent comme moi...

nOUDARD.

Eli! que voulez-vous que fassent des femmes dmil l’une est affaiblie par le chagrin... dont l'autre est trop jeune pour diriger une propriété ?

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