‹ Les PaysBas au 16. siecle Le comte d'Egmont et le comte de Hornes 15221568Chapitre 10 sur 180 · CHAPITRE I. — 1518-1555. Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — 1518-1555. Î

des présents de grande valeur et il n’avait eu aussi qu’à se louer, pendant cette seconde mission , de l’accueil qui lui avait été fait par la noblesse et le peuple d’Angleterre. On allait jusqu'à dire qu'il descendait du sang des anciens rois (1).

Le comte d’Egmont était également chargé par l’empereur de porter en Espagne les pouvoirs qui conféraient la régence de ce pays à la princesse dona Juana, pendant l’absence de Philippe, son frère. Le comte arriva à Valladolid vers le 10 mai et fit au prince la relation de ses fiançailles avec la reine d’Angleterre (2). Le 28 mai, Philippe prit congé de la régente, sa sœur, et, toujours accompagné du comte d’Egmont, se dirigea de Salamanque vers un château qui appartenait au duc d’Albe (3).

Le 12 juillet, il s’embarqua à La Corogne avec le duc d’Albe, le prince d’Eboli et d’autres grands d’Espagne ; avec eux se trouvaient le comte d’Egmont , ambassadeur de l’empereur, et le comte de Homes, capitaine des archers de la garde. Le 19, les vaisseaux espagnols, auxquels s’étaient joints les navires anglais et flamands qui croisaient dans la Manche, jetèrent l’ancre dans le port de Southampton. Philippe s’empressa d’envoyer le comte d’Egmont vers la reine, alors à Winchester, pour l’informer de son arrivée (4).

L’Angleterre était alors entièrement pacifiée : des exécutions sanglantes avaient terrifié les adversaires de Marie Tudor. Le duc de Suffolk, Jeanne Grey, Guilford Dudley, son époux, Thomas Wyatt, sans parler des autres, avaient successivement porté leurs têtes sur l’échafaud. Les conseils et les exhortations pressantes de Simon Renard, l’ambassadeur ordinaire de Charles-

Tytler, vol. II, p. 315 et suiv.; elle était datée de Londres 8 mars et portait les signatures de Lamoral d’Egmont et de Simon Renard.-

(1) Chronique des seigneurs et comtes d'Egmont.

(S) Sandoval, Historia del Emperador Carlos V, t. II, p. 561.

(3) Bedford et Fitzwatcrs au conseil, de San-Iago, 3 juin 1554 (Tytler, vol. H, p. 408).

(4) «... H envoya le S’ conte d’Aigmont à la dicte dame pour l’informer de son passaige et voaige , pour la visiter, luy faire part de sa disposition et confirmer son affection... » DépScbc des ambassadeurs d'Angleterre à l'empereur, dans les Papiers d'État du cardinal de Granville, l. IV, p. Î77.

Quint, contribuèrent certainement à cette répression impitoyable (1). Marie Tudor avait donc pu se rendre sans crainte à Winchester où son mariage devait être célébré. Le 23, le prince d’Espagne arriva presque triomphalement dans la même ville, et son premier soin fut de se rendre à la cathédrale où un Te Deum fut chanté. Vers neuf heures du soir, le comte d’Arundel ainsi que le grand chambellan lui rendirent visite et, après un entretien assez court, ayant été joints par le comte d'Egmont, ils conduisirent secrètement le prince vers la reine. C’était la première fois qu’ils se voyaient. Le mariage fut célébré le surlendemain (2).

Le comte de Hornes revint dans les Pays-Bas peu après le mariage pour communiquer à Charles-Quint les détails que ce monarque attendait avec impatience. Il devait retourner en Angleterre; mais il préféra se joindre à l’armée que l’empereur voulut commander en personne pour sauver le château de Renty assiégé par Henri II et le connétable de Montmorency (3). Quant au comte d’Egmont, il se trouva également près de l’empereur vers cette époque (4).

L’un et l’autre, le comte de Hornes aussi bien que le comte d’Egmont, mirent au service de Charles-Quint, jusqu’à la der-

(1) Il écrivait à l'empereur le 44 mars 1551 : « ... J'ai continuellement admonesté ladite dame (Marie Tudor) pour le prompt etiatoy des prisonniers et donné Thucydide translaté en français pour voir le conseil qu’il donne et punition que l'on doit faire des rebelles... > Tyller, t. Il, p. 346.

(4) Tytlcr, ouvrage cité, vol. Il, p. 430 et suiv.

(3) Granvclle, évCque d’Arras, écrivait à l’ambassadeur Renard, du camp près Bouchain, 4 août 1554 : « ... M. de Uornes sc trouva hier présent au conseil de guerre, où l'on le fit entretenir exprès, afin qu’il peut faire audit S - Boy (le prince Philippe) meilleur rapport de ce que passe ; vous l'entendra* de luy et de son frère ( l&S' de Hubermont ) la charge qu’ils ont, tant quant & la visitation du roy et de la royne, que pour faire demeurer ledit S' Roy par de là pour maintenant... » Le seigneur de Hubermont partit seul. ( Papiers d'Ëtal du cardinal de Granvclle, l. IV, p. 485 et 48S.)

(4) C’est ce qui résulte d’une lettre adressée de Béthune, le 1" septembre 1554, par Charles-Quint à Simon Renard et où il s’exprimait en ces termes : « ... Nous avons reçu par les S" d'Egmont, d'Hubermont et de la Chaulx les lettres que la royne (Marie Tudor) nous a escriptes de sa main, etc... » Ibid., t. IV, p. 497.)

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